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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 07:10

J’aimerais ce soir vous parler d’alchimie, non pas pour convaincre les plus cartésiens d’entre nous, qu’il est possible de transformer le plomb en or, mais pour vous faire comprendre que lorsqu’un alchimiste réussit à faire de l’or…..il n’en a plus besoin.

Pour ce faire, je vais tout d’abord rapidement vous parler de la naissance de l’alchimie et son évolution au fil des siècles, puis aborderai ce qui lie l’alchimie et la maçonnerie : la quête du réalignement.

Selon certains historiens, les premières traces de l’alchimie remontent à l’origine de l’écriture, peut-être avant, mais puisqu’il semble ne pas y avoir de trace, je préfère être prudent.

Le mot alchimie a vraisemblablement une étymologie égyptienne venant de « Khem » qui veut dire « terre noire » ou le substantif arabe « khimiya » qui veut dire « chimie », lui-même dérivé probablement du terme égyptien. Le « al » voulant dire « esprit », voilà que se dessine déjà la philosophie même de l’alchimie : l’esprit dans ou avec la matière.

Les égyptiens sont à la base de l’alchimie, et ce n’est peut-être pas un hasard, si toutes les pyramides étaient surmontées d’un pyramidion en or ou que les masques mortuaires étaient recouverts de ce même or ; l’or étant un métal précieux (entendez près des cieux), il avait probablement une véritable fonction.

Avec la création de la ville d’Alexandrie, il se créa en Egypte un foyer culturel important réunissant bons nombres d’alchimistes originaires des contours méditerranéens, grecs, juifs, et arabes.

C’est à l’époque que l’un des textes fondateurs de l’alchimie est écrit par un personnage qui se fera nommer : Hermès trismégiste : « La table d’émeraude ».

Platon entre autre, parlera dans ses écrits d’une théorie de matière formée de 4 éléments, l’eau, la terre, l’air et le feu.
Après des traces d’alchimie égyptienne, gréco-égyptienne et chinoise, l’alchimie «devient » Arabe. On peut situer cette évolution après la prise par le prince Omar de la ville d’Alexandrie. Grâce aux connaissances en astrologie des savants arabes, l’alchimie trouva un nouveau souffle.
Et c’est d’Egypte que les alchimistes arabes propageront leur science philosophale jusqu’en Espagne, notament Cordoue, Grenade et Séville, qui seront le point de départ de l’alchimie européenne au début du 12 ème siècle.

Puis les disciples de Geber (Djabir), propagèrent la pensée alchimique jusqu’en France à Montpellier plus précisément. Les premiers alchimistes étaient ecclésiastiques, car seule l’entrée en religion, à l’époque, permettait de faire des études suivies dans les matières que l’alchimie intéresse.

Tout allait bien entre les hommes d’église et l’alchimie jusqu’au moment où l’église déclara que si Dieu avait caché des choses dans la matière ce n’était pas à l’homme d’aller y voir.
A partir de ce moment-là, les alchimistes durent se cacher pour oeuvrer.

On peut citer comme alchimistes célèbres :

Au 13 ème siècle : Roger Bacon qui qualifiait l’art royal dans son livre « Miroir de l’Alchimie » ainsi :
« L’alchimie est la science qui enseigne à préparer une certaine médecine ou élixir, lequel, étant projeté sur les métaux imparfaits leur communique la perfection dans le moment même de l’obtention ». Propos qui ne plurent d’ailleurs pas au pouvoir religieux, et qui lui valurent d’être incarcéré par plusieurs papes pendant une durée totale de 14 ans.

On peut aussi citer Arnaud de Villeneuve, à qui on brûla ses livres.

Aux 14 et 15 èmes siècles : Nicolas Flamel qui représente l’alchimie opérative par excellence.
Basil Valentin à qui l’on attribue la création de la célèbre phrase que vous connaissez tous : « Visita Interrioram Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem », « visite l’intérieur de la terre (de toi) et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée » donc le célèbre V.I.T.R.I.O.L .

A la renaissance on peut citer aussi Paracelse, qui étudia la pharmacopée, et inventa notamment l’éther. On peut considérer que ses recherches sont à la base de l’homéopathie moderne car il estimait que « le vrai but de l’alchimie était de préparer des remèdes ».

Puis vient Fulcanelli qui représente le dernier alchimiste connu, avec ses ouvrages de référence qui sont « Le mystère des cathédrales » et « Les demeures philosophales ».

Rabelais, qui avec ses ouvrages a caché de nombreuses clés dans ses écrits.
Nous connaissons bien en tant que maçons la symbolique de la lettre « G », « G » comme Gargamel, Gargantua, Grandgousier…..est-ce un hasard, laissez moi en douter !

Newton qui se spécialise à 24 ans dans trois domaines : la théologie, la physique et l’alchimie. Je ne rentrerai pas dans les détails par manque de temps, mais je vous livre l’une de ses phrases : « Il existe d’autres Grand Mystères que la transmutation des métaux si les grands maîtres ne se vantent point. Eux seuls connaissent ces secrets ».

Je vais arrêter là le côté historique, même s’il y a encore beaucoup de chose à dire, et d’alchimistes à dévoiler, pour vous parler le la philosophie alchimique.

Et pour tout vous avouer chers frères et sœurs, même si je vais essayer d’être le plus bref possible, juste pour vous permettre de mieux comprendre ce qui se cache derrière le terme « alchimie », je pourrai être beaucoup plus court, et me contenter de vous dire une phrase. Dans l’idéal, un cherchant qui comprend celle-ci n’a besoin de rien de plus pour réaliser l’œuvre :

« L’alchimie se résume à une chose : faire pénétrer la lumière dans la matière, ou si vous préférez, transformer la matière en lumière ». Voilà vous savez tout !

Et maintenant avec cela, comme on peut le lire dans une des planches de l’un des livres les plus importants en alchimie « le Motus Liber » : « Prie, lis, relis, travaille et trouve »

Je l’ai déjà dit, la différence entre la Chimie et l’al - Chimie, c’est le « al », qui veux dire « esprit » en arabe. La principale différence est donc qu’en alchimie l’expérimentateur a une place dans l’expérience, ce qui n’est pas le cas en chimie. Je m’explique : les scientifiques pensent que si vous donnez une expérience de chimie à faire à plusieurs personnes, si celles-ci suivent à la lettre les indications, elles arriveront toutes au même résultat, tandis que les alchimistes pensent que le résultat dépendra de la personne qui va faire l’expérience, et il y aura autant de résultats qu’il y aura d’expérimentateurs, à moins que dans le groupe certaines personnes soient au même degré de compréhension. D’ailleurs actuellement, certains scientifiques commencent à reconnaître cette inter-connexion, car effectivement, la matière réagit différemment selon celui qui la manipule. Mais mon but ici n’est pas de vous convaincre, juste de vous permettre de comprendre un peu mieux ce qui se cache derrière le mot « alchimie ».

L’alchimiste travaille dans un laboratoire, entendez labo / oratoire. Un labo pour faire de l’alchimie opérative donc travailler la matière, et un oratoire pour faire des recherches spéculatives donc un travail sur soi-même.

L’alchimiste sait que le travail sur la matière est en même temps un travail sur lui. Il y a bien sûr eut dans l’histoire des personnages qui se disaient alchimistes (je pense entre autre au tristement célèbre Gille de Raie), mais qui n’étaient que des « souffleurs », terme donné à ceux qui ne s’intéressaient à l’alchimie que pour faire de l’or et devenir riche, autant dire qu’aucun d’eux n’a jamais réussi.

Un alchimiste ne crée rien, il ne fait que modifier la matière première, réaligner celle-ci, et en ce sens rejoint la célèbre phrase de Lavoisier qui dit que « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

J’appuierai mes propos en vous posant une simple question : « quelle est la différence entre un morceau de charbon, du graphite et un diamant ? » L’alignement de leurs cristaux. Dans l’un les cristaux sont désordonnés et dans l’autre les cristaux sont alignés. Résultat, si l’un et l’autre ne sont composés que de Carbone, l’un laisse passer la lumière l’autre pas.

Dans un laboratoire, un alchimiste pourra travailler de deux façons, par la voix dite sèche (le travail des métaux) ou la voix humide (le travail sur les plantes) et pourra (ou pas) réaliser ce que l’on nomme « la pierre philosophale », après être passé par les trois grandes étapes de l’œuvre :

L’œuvre au noir, l’œuvre au blanc et enfin l’œuvre au rouge, représentés symboliquement par le corbeau, la licorne et le phénix.(n’oublions pas que de tous temps les alchimistes ont caché beaucoup de leurs secrets grâce à des symboles gavés dans la pierre, souvent sur des bâtiments sacrés).

Il me faudrait des jours voire des années pour expliquer ces trois étapes, et de plus n’étant moi-même qu’un simple cherchant, je n’aurai pas la prétention de m’y aventurer à l’heure actuelle. Mais laissez-moi simplement vous dire que dans la première partie du travail, on décompose la matière pour la débarrasser de ses parties impures, dans la deuxième partie, on réunit les parties « purifiées », et en troisième, on fait descendre l’esprit (ou la lumière) dans la matière ainsi recomposée.

Notre frère Roger lors de sa dernière planche, nous a brillamment parlé d’alchimie et souligné à juste titre que la frontière « chimique » entre l’or et le plomb est très mince, la différence est d’un atome, alors, que se passerait-il si on réussissait à alléger notre plomb en le séparant de cet atome, le plomb deviendrait de l’or, et vous auriez réussi ce que l’on nomme une « transmutation ». Mais comme je le disais, cette expérience serait si complexe et si onéreuse qu’elle n’en vaut pas le coup, sauf si vous faites cette expérience non dans un but pécuniaire, mais sans rien en attendre ; juste, parce que vous savez qu’en purifiant la matière, vous vous purifiez vous-même. Cela devient donc un acte gratuit, les portes de l’esprit s’ouvriront, et si un jour vous arrivez à transformez la matière, et par exemple le plomb en or, vous êtes si aligné que tout vient naturellement à vous, vous ne faites obstacle à rien, donc à quoi vous servirait de l’or, puisque vous avez tout !

Vous comprenez maintenant ma phrase : « quand un alchimiste sait faire de l’or il n’en a plus besoin ».

Tout comme la maçonnerie, l’alchimie est le travail d’une vie. Jour après jour, on se rectifie tout en rectifiant la matière. La symbolique maçonnique est d’ailleurs très proche de la symbolique alchimique. Nous avons déjà parlé du V.I.T.R.I.O.L, mais nous pourrions aussi parler du symbole du coq, qui en alchimie représente le Mercure alchimique, le passage de la pierre brute (matière première) à la pierre taillée (pierre philosophale) sans oublier le passage que le profane, comme la matière première, doit effectuer en traversant les même épreuves, celles des quatre éléments : la terre, l’eau l’air et le feu Je terminerai ce travail en soumettant à votre sagacité un des secrets des alchimistes que l’on peut comprendre grâce à l’utilisation de la langue des oiseaux. Quand un alchimiste vous parle de l’or, vous pouvez aussi entendre :
« eau » et « air », donc peut-être que l’eau qui est dans l’air au petit matin est aussi une des clés des opérations alchimiques ?

« Prie, lis, relis, travaille et trouve »

J’ai dit vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

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