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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 11:06

Issue de l’hébreu «qabbala » qui signifie « réception », la Kabbale peut être assimilée à un cheminement d’élévation spirituelle, réunissant : philosophie théorique et pratique méditative.

Cette Tradition s’est initialement transmise par voie orale depuis Adam jusqu’à Moïse avant d’être secondairement transcrite, codée et commentée dans la Bible, comme dans le Livre des Prophètes, par exemple.

La Kabbale se présente donc d’abord sous la forme d’un enseignement allant permettre de déchiffrer les mystères du texte biblique. Cette première approche est dite :herméneutique.

Elle se présente aussi sous une deuxième approche mystique en se confondant à l’art d’écouter la symphonie des sphères célestes comme celle de notre musique intérieure. Dès lors, elle rejoint son origine étymologique en exprimant par l’usage de prières, rites, méditations, chants et danses, le fait de recevoir comme d’atteindre la Lumière de l’Infini.

Plus qu’une doctrine, la Kabbale est pour l’initié, une Force, un Souffle qui rappelle sans cesse à l’homme que sa perfection réside dans sa perfectabilité.

Ainsi, elle deviendra rapidement une philosophie de vie ainsi qu’une recherche d’Harmonie et de mieux-être pour soi comme pour la communauté des hommes.

En poursuivant avec sincérité ce cheminement, le kabbaliste ne pourra qu’approfondir l’étude des 10 « sefirot ».

Ces 10 « sefirot » expriment, en fait, les 10 modalités fondamentales de l’être humain par lesquelles, tout cherchant peut atteindre son équilibre et sa perfection et redevenir « l’Adam Primordial ».

Plus qu’une science, la Kabbale est donc un art, l’Art du cœur et de savoir aimer et  « … le kabbaliste …un homme que l’on connaît mal, mais qui essaie, lui, de se connaître mieux… ».

 

Schématiquement, on distingue 8 périodes-clés de l’Histoire de la Kabbale, en gardant à l’esprit que les différentes époques, en question, ne sont que des moments privilégiés de l’enseignement d’un point particulier d’une connaissance qui ne s’est révélée que de manière progressive.

 

-La première période : s’échelonne du deuxième siècle avant J-C jusqu’au douzième siècle après J-C. Elle fait référence à l’interprétation mystique de deux des plus importants chapitres de la Bible :le premier chapitre de la Genèse qui développe l’histoire du monde et le premier chapitre d’Ezéchiel qui décrit la vision du Char dans lequel Dieu est installé.

L’œuvre du Commencement ou « maassé beréchit » peut être approchée comme une exploration de la structure des mondes d’en haut et du divin.

 L’œuvre du Char ou « maasé merkava » peut être comprise comme une exploration du divin par des expériences multiples d’extase.

En bref, on peut dire que l’œuvre du Commencement décrit la manière dont la Lumière de l’Infini est apparue et descendue vers notre monde et vers tous les autres mondes de la Création.

L’œuvre du Char, quant à elle, exprime les possibilités offertes à l’initié d’atteindre un état d’extase et d’accéder ainsi aux mondes supérieurs au travers de la méditation et de pratiques transcendantes. On pourrait l’assimiler à une attitude de profond oubli de soi-même qui semblerait provoquer une auto-suggestion pré-hypnotique.

Le texte apparaissant d’ailleurs sous l’aspect d’un ensemble d’images que l’on peut retrouver dans d’autres descriptions de visions mystiques.

 

-La seconde période ne couvre qu’un siècle(1200-1300) et se caractérise par l’apparition d’ouvrages prestigieux comme le « Livre des Hommes pieux »(le Sefer Hassidim) et de grands maîtres tels :Isaac l’aveugle.

 

-La troisième période se constitue en Espagne autour de la rédaction d’un livre fondamental de la Kabbale qui est :le Zohar ou « Livre de la Splendeur ».

Le Zohar fut publié par Moïse de Léon qui vécut au deuxième siècle, peu de temps après la destruction du second temple de Jérusalem. Ecrit en araméen sous la forme d’un roman mystique, il contient un mélange fascinant de métaphysique, de cosmogonie mythique et de psychologie ésotérique, ce qui fait dire que cette période reste celle de l’éclosion de la Kabbale extatique.

 

-La quatrième période s’étale sur plus de deux siècles et reste liée à l’une des tragédies du peuple juif, celle de son expulsion d’Espagne en 1492.

De nombreux maîtres prennent alors la décision de s’installer en Galilée à Safed et fondent une école de Kabbale dont l’enseignement est axé sur un commentaire du « Livre des Splendeurs »(le Zohar) avec une insistance sur le sens des « sefirot » et de la « Chekhina »ou présence Divine.

C’est au cours de cette période, par exemple, qu’est rédigé le « Livre de l’Arbre de Vie ».

 

-La cinquième période voit, sous l’influence du mystique Shabbataï Tsvi(1625-1676), la Kabbale adopter un sens messianique. Plus exactement, on perçoit la reprise de l’idée d’un Messie juif  qui se convertit et qui serait donc selon les commentaires des écrits :juif à l’intérieur et non-juif à l’extérieur.

Ce schéma est intéressant dans la mesure où ici apparaît une dualité entre 2 mondes, l’un visible et l’autre invisible, ouvrant dès lors à la dimension du secret.

 

-La sixième période est appelée « hassidisme ». Elle demeure le résultat d’une école de pensée fondée par Rabbi Israël Ben Eliezer plus connu dans la tradition juive sous le nom de Baal Chem Tov ou « Maître du Bon Nom ». Cette période se caractérise par la traduction des grands thèmes de la Kabbale au niveau existentiel et par leurs applications dans le quotidien de la vie. En un mot, il y a une recherche de la Lumière de l’Infini pour découvrir un chemin de vie dans la joie avec autrui.

Le Baal Chem Tov prêcha que la mission de chacun était de libérer les étincelles divines déchues que nous sommes perdues dans le monde matériel. Chaque acte, s’il est effectué avec l’intention juste, aide à la Rédemption du Cosmos hors de la confusion et de l’obscurité.

Le hassidisme, c’est aussi la démocratisation des concepts de la Kabbale grâce au vécu de ces idées autour d’un maître dénommé « rabbi » qui devient le pilier du groupe apportant réconfort, conseil et guérison aux adeptes.

Le hassidisme devint rapidement un mode de vie unique de tout un peuple qui découvre les merveilles et la profondeur des secrets d’une Tradition cachée, ce fut une véritable révolution sociologico-religieuse.

 

-La septième période est celle de la kabbale dite lituanienne. Débutant à la même époque que le « hassidisme », ce courant s’en détache rapidement et poursuit le travail de recherche de l’école de Safed avec comme particularité, d’axer celui-ci sur l’étude et l’application des «mitsvot » ou rites hébraïques comme sources des énergies cosmiques et de la rédemption du monde.

 

-La huitième période est celle contemporaine. Elle a hérité de l’ensemble des précédents courants et voit, outre une interdisciplinarité, la volonté manifeste de contact avec d’autres groupes mystiques, notamment ceux du Bouddhisme.

 

Qu’en est-il maintenant de la Kabbale en milieu chrétien ? On évitera ,en effet, le terme inapproprié de Kabbale Chrétienne, vu que la Kabbale est la tradition secrète d’Israël.

En fait, il faut savoir qu’au moment de la Renaissance, les cercles d’humanistes et d’érudits réunis par les nobles et les riches prélats d’Italie et d’Allemagne, comprenaient de nombreux Rabbis.

Grâce à l’intérêt porté à la Kabbale par les humanistes, la littérature et la pensée juives furent reçues dans les milieux chrétiens comme une discipline, au même titre que leurs homologues grecques. Les humanistes s’intéressèrent à l’hébreu et à l’araméen avec une fascination toute particulière pour l’étude du Zohar, le Livre des Splendeurs. En parallèle, l’étude talmudique s’imprégna de l’esprit humaniste mais en 1553, tout fut remis en question par la Contre-Réforme. Le Talmud fut brûlé publiquement à Rome et le peuple juif : enfermé dans les ghettos des villes !

En dressant la liste de ces auteurs chrétiens sur lesquels la Kabbale a indiscutablement laissé son empreinte, on est frappé par le sort tragique qu’une telle étude engendra au niveau de leur existence. Pic de la Mirandole, qui étudia l’alchimie et la magie à côté de la Kabbale, n’échappa aux persécutions de l’Eglise que grâce à la protection de la Maison de Savoie dont il était le médecin en titre. Paracelse, médecin lui aussi, alchimiste et astrologue connut une fin tragique en disparaissant dans le dénuement le plus total, rejeté tant par ses malades que par ses disciples ! Robert Fludd, médecin et alchimiste, défenseur des Rose-Croix fut violemment combattu par les autorités pseudo-scientifiques de son époque.

Ces tragiques destins nous démontrent à nouveau que la recherche d’une Vérité au-delà du rationnel n’est pas sans danger. Elle expose parfois le cherchant à la condamnation d’hérésie. Par ce constat savamment entretenu, l’opinion publique fut enfermée, des siècles durant, dans la conclusion que la Kabbale n’était rien d’autre qu’une doctrine hérétique associée à des pratiques mi-alchimiques mi-magiques. Son attrait demeura longtemps celui du fruit défendu, même si l’œuvre de Jakob Boehme(1575-1624) autorisa son entrée discrète dans le patrimoine spirituel et culturel de l’Occident. C’est ainsi qu’une certaine influence kabbalistique sous le biais de métaphores fut présente chez des auteurs aussi variés que : Hugo, Baudelaire, Goethe, Nietzsche et même Wagner !

Quoi qu’il en soit, la pensée de la Kabbale a ,de tous temps, influencé et dynamisé la recherche philosophique, scientifique et métaphysique pour une raison fort simple :

pour le kabbaliste, l’Evolution ne s’arrête pas avec le genre humain mais se poursuit grâce à lui vers des étapes toujours plus élevées.

Tout un processus de perfectionnement l’autorise à tendre vers la liberté absolue. L’homme pourra alors atteindre des forces créatrices dont il n’a pas idée et dépasser sa nature humaine pour s’élever au-dessus des limites du créé…

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Published by OG - dans Kabbale
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