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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:46

Que faisons-nous dans nos loges ?

« La voie que l’on peut dire n’est pas l’éternelle voie » ainsi commence le

Tao te King, le livre de la voie du milieu. Cet adage s’applique aussi à la francmaçonnerie.

Le chemin que l’on commence quand on devient franc-maçon n’est

pas facile à décrire tant il est personnel et propre à chacun. En quelque sorte « La

maçonnerie cela ne se raconte pas, cela se vit.» Alors tout ce que je peux faire ici,

c’est seulement tenter de vous dire comment je vois, et comment je vis, ce

chemin. Je vous parlerai donc de la franc-maçonnerie écossaise, celle que je vis.

Je crois cependant que certains éléments essentiels sont communs à tous les

courants de la franc-maçonnerie, et vécus par tous les franc-maçons et toutes les

franc-maçonnes.


Le premier de tous est l’héritage du siècle des Lumières, l’apprentissage de

la liberté de pensée. Un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie écossaise,

Trois coups distincts, un texte irlandais qui date de 1760 décrit la réception de

l’apprenti qui rentre en franc-maçonnerie : après avoir prêté son serment sur la

Bible il prononce cette phrase en latin « Funde merum genio » que l’on peut

traduire ainsi « Fonde le vrai par toi-même.» C’est très exactement

l’enseignement du siècle des Lumières. Emmanuel Kant écrivait en 1784, à

l’apogée de sa pensée, à la demande du Berlinische Monatsschrift : « Qu’est-ce que

les lumières : Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle

dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de

son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet

état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement

mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la

conduite d’un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre

entendement ! Voilà la devise des Lumières. »


Ce que nous vivons en franc-maçonnerie, c’est la liberté d’une pensée qui se

construit et se confronte avec celle des autres, dans le respect et l’écoute, mais

sans abdiquer de sa propre logique. Une pensée qui n’hésite pas, pour y réfléchir

sans provocation mais avec rigueur, à remettre à plat tous les dogmes, que ce

soient ceux des religions ou ceux de la pensée unique, ceux des médias ou ceux de

l’opinion publique. Remise à plat qui n’a pas pour but d’arriver à une opinion

commune, à une pensée maçonnique, mais qui a pour but de permettre à chaque

frère d’asseoir plus profondément sa pensée personnelle. Car il n’y a pas de pensée

maçonnique, pas de dogme maçonnique, chacun est libre de construire, ou de

reconstruire, avec l’aide de ses frères, sa propre pensée dans un cheminement qui

sera de toute façon un chemin intérieur et personnel.

On rencontre ici un autre aspect du secret maçonnique, car il est bien clair

qu’apprendre à penser par soi-même, remettre à plat les dogmes, en particulier les

dogmes idéologiques, c’est quelque chose qui n’est pas, mais pas du tout apprécié

par les pouvoirs totalitaires. Tous les pouvoirs totalitaires, partout dans le monde,

ont pourchassé la franc-maçonnerie et les franc-maçons. Nous portons en nous la

mémoire de nos frères qui ont souffert, qui ont été exécutés ou qui ont donné

librement leur vie comme Pierre Brossolette pendant l’occupation nazie. Et le

serment de secret que nous prêtons n’est pas celui de notre propre appartenance.

Après tout je suis là devant vous et je me déclare franc-maçon sans aucun

problème. J’espère seulement que je serai un bon exemple et que je ne vous

dégouterai pas de la franc-maçonnerie. Le secret auquel nous nous engageons par

serment est celui de l’appartenance des autres, souvenir ou prémonition de

périodes où livrer le nom d’un frère signifiait, ou signifiera, mettre sa vie en

danger.


Cette construction d’une pensée libre se fait en franc-maçonnerie par

l’échange et le dialogue. On ne pense pas dans son coin, on confronte librement et

fraternellement ses opinions. Et cela passe naturellement par un apprentissage de

la parole. En effet, à notre époque où, dans la civilisation occidentale à tout le

moins, le pouvoir n’est plus au bout du fusil, selon l’expression du grand timonier,

mais dans le poids des mots et le choc des photos, pour reprendre le slogan d’un de

nos magazines grand public, à une époque où le faiseur de mots, qu’il soit artiste,

journaliste, publiciste ou politique, a souvent plus de pouvoir et gagne plus

d’argent que le producteur de nourriture ou le fabricant de machines, il me semble

que paradoxalement chacun est de plus en plus isolé, que l’échange véritable par

une vraie parole est de plus en plus rare, qu’en quelque sorte cette parole est

perdue, mais que la Franc-maçonnerie en est un des dépositaires.

La parole, le mot, sont devenus un outil de séduction de la rumeur qui

monte de notre civilisation moderne, mot choisi pour perdre la foule dans ses fauxsens

ou doubles sens, répété à l’envie par les média, puis par la foule elle même

qui ne se rend pas compte que le mot ne décrit pas la réalité, mais au mieux le

caricature, et au pire la travestit : Rigueur, Mondialisation, France d’en bas, blingbling,

et, plus récemment, récession. Pour nous acheminer vers cette vraie parole,

quoi de plus efficace, de plus évident, que de commencer par éradiquer le bruit,

l’échange imparfait de la parole médiatique ? Comme on taille une vigne ou un

arbre fruitier, la Franc-maçonnerie commence donc par ôter la parole à l’apprenti

qu’elle initie. Jusqu’à son élévation au degré de compagnon il ne prendra pas la

parole en loge. C’est en fait un apprentissage de l’écoute qui est essentiel pour la

parole. Si une parole vraie doit être issue du plus profond de soi, elle doit aussi

s’adresser là où l’autre peut l’entendre, et pour cela quelles qualités d’écoute, de

perception et de tolérance ne faut-il pas développer ! Cet apprentissage de

l’écoute se révèle être un vrai apprentissage de soi-même, et un apprentissage de

l’autre.

Mais créer un lien de tout soi-même vers la profondeur de l’autre, on sent

bien que le mot seul, et l’expression cartésienne, n’y suffiront pas. La

communication serait trop sèche, pas assez profonde, comme la note émise sur une

seule fréquence sera plate et vide sans la richesse infinie des harmoniques qui

apportent la profondeur, la complexité, la vie et la beauté. Là encore la Franc-

Maçonnerie propose à ceux qu’elle initie un mode d’expression chargé

d’harmoniques, qui permet à la parole de porter des significations riches et

profondes : le Symbole.


Le symbole c’était en Grèce 􀁖􀁘􀁐􀁅􀁒􀁏􀁒􀁑, le moyen de reconnaissance,

primitivement un objet cassé en deux pour sceller un accord, ce qui permettait aux

envoyés de chaque partie, messagers, domestiques, ou enfants, de se faire

reconnaître de l’autre partie en reconstituant l’objet initial. On peut percevoir

dans cette reconstitution de l’objet 􀁖􀁘􀁐􀁅􀁒􀁏􀁒􀁑, dont les deux parties se recollent

d’un coup, totalement, quelle que soit la complexité de la ligne de déchirure, sans

avoir besoin de coutures, de coups de lime ou de points de colle, le contact total

qui s’établit entre deux êtres qui communiquent non pas par les concepts et les

raisonnements intellectuels, mais à travers les symboles, et qui donc mettent en

relation d’un coup la totalité d’eux-mêmes, du conscient et de l’inconscient, du

plus profond au plus élevé : le courant passe d’un coup, sur la totalité de la gamme

des harmoniques. Le langage des symboles est ainsi un outil très puissant pour

permettre au franc-maçon de s’acheminer vers une vraie parole.

Cet échange en loge, quand les coeurs se mettent à découvert, quand le

langage symbolique permet à l’inconscient même de s’ouvrir, quand la parole porte

profondément, c’est bien ce qui crée le lien qui nous unit, cette fraternité qui nous

rassemble et nous rendra attentif au moindre besoin de l’autre, cette fraternité

qu’on nous reprochera peut-être quand on la prendra pour de la connivence. Mais

cette fraternité ne se fera jamais au détriment des autres. Parce que ce n’est pas

une fraternité qui nait d’une complicité pour conquérir le monde, c’est une

fraternité qui nait du travail en commun pour s’ouvrir au monde, pour comprendre

le monde et les autres.


Spécificité Écossaise


Tout ceci, je le pense, est commun à l’ensemble de la franc-maçonnerie

Française. Venons-en maintenant à ce qui me semble propre au courant écossais de

cette franc-maçonnerie. Continuons à lire cette proclamation de 1875 de la francmaçonnerie

écossaise que j’ai commencé à citer tout à l’heure : « C’est une école

mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre

selon l’honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche

au bonheur de l’humanité et poursuivre son émancipation progressive et

pacifique… Soyez protestants, juifs, mahométans, continue dans un autre discours

le Grand Maître d’alors, Adolphe Crémieux, la maçonnerie ne vous le demande pas.

Elle admet tout ce qui est honnête, probe, tout ce qui a un coeur généreux. La

maçonnerie d’aujourd’hui vit surtout par l’esprit, par l’intelligence, et quand elle

dit « à la gloire du grand architecte de l’Univers » c’est qu’elle reconnait une

source à cette intelligence qui dirige le monde au sein duquel nous vivons. Le

spiritualisme est donc le fond réel de la maçonnerie. »

Nous avons parlé de l’apprentissage de l’écoute par le silence, indispensable

à l’ouverture aux autres. Cette école mutuelle comporte un autre apprentissage

essentiel, celui du regard, la conversion du regard, disait un de nos passés Grands

Maîtres, qui éveille notre conscience à ce qui nous dépasse, au-delà du monde

matériel sur lequel s’arrête trop facilement notre regard. Pour décrire cette

conversion du regard, il y a un symbole qui me plait beaucoup, c’est celui du soleil

et des étoiles, et du bandeau.

Je vais vous révéler un secret, que vous pouvez trouver dans n’importe quel

livre sur la franc-maçonnerie : si vous voulez entrer en franc-maçonnerie, la

première fois que vous serez reçu en loge vous porterez un bandeau sur les yeux.

Les enfants mettent du temps à comprendre que les étoiles ne sont pas allumées le

soir par l’allumeur de réverbère du Petit Prince, et qu’elles brillent aussi le jour

mais qu’on ne les voit pas parce que la lumière du soleil les cache. Ainsi le

bandeau sur les yeux est le symbole de cette nécessité de masquer le soleil pour

voir ces milliers d’étoiles qui nous envoient une lumière qui vient de très loin dans

le passé. Il s’agit bien du premier acte d’éveil à ce que l’on ne voyait pas, à ce qui

était caché par le soleil aveuglant, et quelquefois trompeur, de notre éducation et

de notre civilisation. Ma vision personnelle de l’initiation est celle d’une porte

ouverte sur les étoiles, d’un éveil de la conscience sur ce qui est caché en arrière

plan du monde dans lequel nous vivons.

Cet éveil de la conscience à ce qu’il y a dans le monde au-delà du fric et de

la frime, cet éveil de la conscience à cet univers dans lequel nous vivrons et nous

mourrons, à ces hommes et ces femmes que nous côtoyons et qui ne sont plus des

concurrents ou des gêneurs mais d’autres nous-mêmes, dignes de respect et

d’amour, cet éveil de la conscience à ce qui peut nous transcender et donner un

sens à notre vie, c’est ce que nous appelons en franc-maçonnerie l’initiation.

Initiation car cet éveil nous place au début d’un chemin de recherche et de

travail dont nous avons le sentiment qu’il ne s’arrêtera jamais, si ce n’est le jour

de notre mort, un chemin initiatique, une voie initiatique comme d’ailleurs il y en

a d’autre de par le monde. Nous ne sommes qu’une des nombreuses voies

initiatiques que le monde a connu. En quoi notre chemin est-il initiatique, quelle

est notre spécificité, et d’abord que veut dire initiatique ? Comme nous l’indique le

Tao, on ne peut pas définir cette notion, mais on peut au moins dire ce qu’elle

n’est pas.

Notre chemin initiatique n’est pas un cursus d’enseignement. Il ne s’agit pas

d’acquérir une succession de savoirs, ou de réponses toutes faites. Tout au plus

nous apporte-t-il quelques mots clés ou phrases ésotériques n’auraient aucun sens

s’ils étaient destinés à être appris par coeur pour pouvoir répondre à l’interrogation

écrite de passage au degré suivant. Ils servent en fait à nous mettre sur la voie

d’une étape de travail personnel, d’un objectif de transformation intérieur, et à

nous permettre de découvrir les moyens et les outils qui nous permettront de

tenter d’y accéder.

Ce n’est pas vraiment non plus un apprentissage. L’apprenti regarde son

maître d’apprentissage et apprend les tours de mains, les manières de faire, et

aussi bien sûr les valeurs, qu’il s’entraine à recopier le plus parfaitement possible.

Certes il y a un peu de cela dans notre apprentissage, on observe nos frères et ils

nous apportent quelque chose. Mais ce n’est pas un tour de main que l’on peut

recopier à l’identique. Il nous faut comprendre intérieurement et profondément de

quoi il s’agit car sur notre chemin initiatique il n’y a aucune solution générale,

aucun tour de main universel, il n’y a que des accomplissements personnels et

intimes.


D’autres l’appellent une méthode, la méthode maçonnique. Ce n’est pas

faux, mais personnellement je n’aime pas tellement ce mot avec ce qu’il connote

de strict et d’intellectuel. La franc-maçonnerie écossaise n’a rien de strict, et

surtout elle n’a rien d’intellectuel, ou tout au moins de rationnel au sens cartésien

du terme. Le chemin initiatique fait appel beaucoup plus aux qualités du coeur, à

l’intuition, à la perception symbolique. C’est en fait une succession de prises de

conscience, un élargissement progressif du champ de conscience, à l’image du

chemin de randonnée qui à chaque col nous fait découvrir le paysage nouveau qui

se cachait derrière la ligne de crête.

Mais où nous conduit donc ce chemin, cet élargissement progressif de notre

champ de conscience ? Eh bien je crois qu’il nous conduit à construire petit à petit

notre propre éthique personnelle. Car la conscience conduit à la conscience… Je

n’ai pas pu résister à cette formule facile qui joue sur les deux sens du mot

conscience : la conscience de l’homme qui, contrairement à l’animal a conscience

d’exister, et la conscience morale, celle qui nous dit le bien et le mal, qui nous

donne bonne ou mauvaise conscience. Approfondir notre conscience de nousmêmes,

des autres et du monde va nous permettre de transformer notre

conscience morale, de la libérer de son asservissement à des présupposés inculqués

par la société ou la religion, ce que j’appelle une morale, pour lui donner un vrai

fondement personnel, ce que j’appelle une éthique, issue d’une compréhension de

plus en plus profonde de nous-mêmes et de ce qui nous entoure. Ce sera de cette

manière que chaque franc-maçon écossais deviendra de plus en plus capable de

« continuer au dehors l’oeuvre commencée dans le Temple »

Mais pour en arriver là, il reste une étape essentielle pour la francmaçonnerie

écossaise, celle de la construction de sa propre spiritualité, de sa

propre vision spirituelle du monde qui en quelque sorte mettra de l’ordre dans tout

ce que perçoit cette conscience de plus en plus aiguisée, et structurera

l’enchevêtrement du bien et du mal dans cette éthique que chacun de nous se

construit. Car à quoi servirait de mieux percevoir l’univers, si ce n’est pour trouver

un sens à sa vie ? A quoi servirait d’être de plus en plus à l’écoute des autres si

c’est pour continuer à les asservir et à les manipuler ? Il s’agit bien d’une

spiritualité car la voie initiatique ouvre l’esprit sur ce qu’il y a au-delà de la simple

matérialité, mais ce n’est pas une religion car elle n’apporte pas de révélations

toutes faites. Elle n’apporte pas de réponses, mais aide à se poser des questions.

Elle n’impose pas de dogmes, mais aide à réfléchir. Elle ne propose pas de gourous,

mais l’aide des frères de la Loge. Elle ne conduit pas à une croyance, mais permet

de reconstruire sa propre cohérence intérieure. C’est en avançant sur cette voie

spirituelle que nous construirons progressivement notre étique personnelle, notre

propre conception du devoir, du bien et du mal. « Funde merum genio », fonde le

vrai par toi-même.


Mais élargir son champ de conscience, construire sa propre vision du principe

de la Grande Architecture de l’Univers, élaborer librement sa propre notion du bien

et du mal, on conçoit bien que tout ceci est un travail intérieur qui n’aura jamais

de fin, car cette Vérité en quelque sorte infinie est inaccessible à l’Homme et se

reculera sans cesse, comme l’horizon se refusera toujours au voyageur. La

première sentence du Tao, voie initiatique chinoise dont nous ne nous sentons pas

si éloignés, l’exprime ainsi :

Le Tao qui peut être dit n’est pas l’éternel Tao

Le Nom qui peut être dit n’est pas l’éternel Nom

Ce qui n’a pas de nom est le début du ciel et de la terre

Comment mieux expliquer ce qui fonde vraiment le secret maçonnique, audelà

des secrets professionnels et de la protection des autres frères : « l’éternel

nom ne peut être dit », il s’agit d’une expérience personnelle incommunicable à

tous ceux qui ne se sont pas engagés sur le même chemin.

Conclusion


Ce que je voudrais vous dire, pour conclure, c’est que le message spirituel

de la franc-maçonnerie écossaise me paraît d’une actualité brûlante. Triste, en

effet, est l’héritage légué à la civilisation occidentale par le millénaire qui vient de

s’achever, tout au moins en termes de valeurs et de sens : enlisement des religions

du Livre, les unes dans l’indifférence croissante qui déserte les églises, les autres

dans le déferlement d’un fanatisme attisé à des fins politiques, effondrement des

idéologies fondées sur le matérialisme athée, laissant derrière elles le malheur et

la ruine, échec de la société de consommation, qui apporte autant d’insatisfactions

que de progrès matériels dans les foyers. Le vingt-et-unième siècle s’ouvre sur des

attentes fortes. La très grande majorité de nos contemporains aspire à la paix. Les

courants les plus nouveaux de la philosophie contemporaine tournent autour de la

question du sens de la vie et révèlent un besoin croissant de cohérence intérieure

face au tourbillon des sollicitations modernes. Par de multiples aspects notre

civilisation occidentale postmoderne exprime sa nostalgie et son espérance d’une

harmonie retrouvée.

Or la confrontation au cours du XIXème et du XXème siècle, au sein de la

pensée maçonnique écossaise, d’une tradition qui rêve de permettre à l’Homme de

trouver un sens à sa vie non par des dogmes mais par une perception intime et

cohérente de l’univers, avec la liberté de pensée, le respect de la raison et de la

science, nés du siècle des Lumières, a fait éclore une spiritualité nouvelle. C’est

ainsi qu’au seuil du XXIème siècle le franc-maçon écossais a la chance de se voir

proposer un chemin, une voie spirituelle, qui lui permet de se construire une

spiritualité qui donne un sens à son existence, sans abdiquer de la logique de sa vie

et de sa propre cohérence intérieure.


La Grande Loge de France, la franc-maçonnerie écossaise, portent ainsi la

grande responsabilité d’être dépositaires d’un message à partager avec tous ceux

qui ont faim de nourriture spirituelle et soif de la Connaissance : une spiritualité,

certes aux racines millénaires, mais qui semble bien répondre aux attentes de sens,

de cohérence et d’harmonie de nos contemporains, et pourrait bien être ainsi une

des Lumières du XXIème siècle.

Un niveau intellectuel, une culture philosophique et métaphysique sont-ils

nécessaire pour en partager les fruits ? Rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’être

un Luc Ferry pour profiter pleinement de l’enseignement de la franc-maçonnerie

écossaise, quoique que plusieurs de ses livres m’aient considérablement aidé. Nos

Loges sont illuminées par des frères de toute culture et de toute formation

intellectuelle. C’est là une grande force et un grand bonheur de la francmaçonnerie

que son enseignement et sa fraternité, à tous les degrés, ne soient pas

réservés à une élite intellectuelle. Le poème de Kipling, Ma Loge Mère est toujours

d’actualité « Dehors : “Sergent !, Monsieur !, Salut !, Salam !” Dedans : “Frère !”

et ça ne fait pas de mal… » Car en fait, comme l’écrivait Khalil Gibran : « Aucun

homme ne peut rien vous révéler, sinon ce qui repose déjà endormi dans l’aube de

votre connaissance… Le maître qui marche à l’ombre du Temple, parmi ses

disciples, ne donne pas de sa sagesse mais plutôt de sa foi et de son amour. S’il est

vraiment sage, il ne vous invite pas à entrer dans la maison de sa sagesse, mais

vous conduit plutôt au seuil de votre propre esprit. »

Louis Trébuchet

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commentaires

Jean-Jean 01/07/2010 21:08


HONTE SUR VOUS !!!

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