Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 08:29

CHAPITRE XXVII.

Lorsqu'ils arrivèrent à Bethléem, il s'y était déclaré des maladies graves et difficiles & guérir qui attaquaient les yeux des enfants et beaucoup périssaient. Et une femme qui avait un fils près de mourir, le mena à Marie et la trouva qui baignait le Seigneur Jésus. Et cette femme dit : « O Marie, vois mon fils qui souffre cruellement. » Marie l'entendant lui dit : « Prends un peu de cette eau avec laquelle j'ai lavé mon fils et répands-la sur le tien. » La femme fit comme le lui recommandait Marie, et son fils, après avoir été fort agité, s'était endormi, et lorsqu'il se réveilla, il se trouva complètement guéri. La femme pleine de joie, revint trouver Marie qui lui-dit : « Rends grâce à Dieu, de ce qu'il a guéri ton fils. »

CHAPITRE XXVIII.

Cette femme avait une voisine dont l'enfant était atteint de la même maladie et ses yeux étaient presque fermés et il criait piteusement nuit et jour. Et celle dont le fils avait été guéri lui dit : « Pourquoi ne portes-tu pas ton fils à Marie comme je lui ai porté le mien lorsqu'il était au moment de la mort et qu'il a été guéri par cette eau dans laquelle Jésus s'était baigné? » Et cette seconde femme alla aussi prendre de cette eau et aussitôt qu'elle en eut répandu sur son fils, son mal cessa. Et elle apporta son fils parfaitement guéri à Marie, qui lui recommanda de rendre grâce à Dieu et de ne raconter à personne ce qui lui était arrivé.

CHAPITRE XXIX.

Il y avait dans la même ville deux femmes mariées au même homme et chacune avait un fils qui était malade. L'une se nommait Marie et son fils avait nom Kaljufe. Cette femme se leva et elle porta son enfant à Marie, la mère de Jésus, et elle lui offrit une très belle nappe, et elle lui dit : « O Marie, reçois de moi cette nappe et, en échange, donne-moi un de tes langes. » Marie y consentit et la mère de Kaljufe fit avec ce lange une tunique dont elle revêtit son fils. Et il se trouva guéri et l'enfant de sa rivale mourut le même jour. Il en résulta de grands dissentiments entre ces deux femmes; elles s'acquittaient, chacune à son tour, une semaine durant, des travaux du ménage et une fois que le tour de Marie, la mère de Kaljufe, était venu, elle s'occupait de faire chauffer le four pour cuire le pain et, allant chercher la farine, elle sortit laissant son enfant près du four. Sa rivale voyant que l'enfant était resté seul, le prit et le jeta dans le four tout embrasé et elle s'enfuit Marie revint et elle vit son enfant qui était au milieu du four où il riait, car le four s'était soudainement refroidi, comme si jamais il n'y avait été allumé de feu, et elle se douta que sa rivale l'avait jeté là. Elle l'en retira donc et le porta à la vierge Marie et lui raconta ce qui s'était passé. Et Marie lui dit : « Tais-toi, car je crains pour toi si tu divulgues ces choses. » Ensuite la rivale alla au puits puiser de l'eau et voyant Kaljufe qui jouait auprès et qu'il n'y avait à l'entour nulle créature humaine, elle prit l'enfant et le jeta dans le puits. Des hommes étant venus pour se procurer de l'eau virent l'enfant qui était assis sans aucun mal, sur la surface de l'eau, et ayant descendu des cordes, ils le retirèrent Et ils furent remplis d'une telle admiration pour cet enfant, qu'ils lui rendirent les honneurs comme à un dieu. Et sa mère le porta en pleurant à Marie et lui dit : « O ma maîtresse, vois ce que ma rivale a fait à mon fils et comme elle l'a fait tomber dans le puits et il n'y a pas de doute pour moi qu'elle ne cause un jour sa mort » Marie lui répondit : « Dieu punira le mal qui t'a été fait » Peu de joute après, la rivale alla puiser de l'eau et ses pieds s'embarrassèrent dans la corde de sorte qu'elle tomba dans le puits et lorsque l'on accourut pour lui porter secours, on trouva qu'elle s'était fracassé la tête. Elle mourut donc d'une manière funeste et la parole du sage s'accomplit en elle : « Ils ont creusé un puits et ils ont jeté la terre en haut, mais ils sont tombés dans la fosse qu'ils avaient préparée. »

CHAPITRE XXX.

Une autre femme de la même ville avait deux enfants, malades tous deux; l'un mourut et l'autre était près de trépasser; sa mère le prit dans ses bras et le porta à Marie en versant un torrent de larmes et elle lui dit : « O ma maîtresse, viens à mon secours et assiste-moi ; j'avais deux fils et je viens d'en perdre un et je vois l'autre au moment de périr. Vois comment j'implore la miséricorde du Seigneur. » Et elle se mit à dire : « Seigneur, vous êtes plein de clémence et de compassion ; vous m'aviez donné deux fils, vous avez rappelé l'un d'eux à vous, du moins laissez-moi l'autre. » Marie témoin de son excessive douleur, eut pitié d'elle et Lui dit : « Place ton enfant dans le lit de mon fils et couvre-le de ses vêtements. » Et quand l'enfant eut été placé dans le lit à côté de Jésus « ses yeux appesantis par la mort se rouvrirent et appelant sa mère à voix haute, il demanda du pain et quand on lui en eut donné, il le mangea. Alors sa mère dit : « O Marie, je connais que la vertu de Dieu habite en toi, au point que ton fils guérit les enfants aussitôt qu'ils l'ont' touché. » Et l'enfant qui fut ainsi guéri est ce même Barthélémy dont il est parlé dans l'Évangile.

chapitre XXXI.

11 y avait au même endroit une femme lépreuse qui alla trouver Marie mère de Jésus et qui lui dit : « O ma maîtresse, assiste-moi. » Et Marie lui répondit : « Quel secours demandes-tu? est-ce de l’or ou de l'argent, ou veux-tu être guérie de ta lèpre ? » Cette femme repartit : « Qu'est-ce que tu peux faire pour moi ? » Et Marie lui dit : « Attends un peu jusqu'à ce que j'aie lavé mon enfant et que je l'aie mis dans son lit. » La femme attendit et Marie, après l'avoir couché, tendit à la femme un vase plein de l'eau avec laquelle elle avait lavé son enfant et lui dit : « Prends un peu de cette eau et répands-la sur ton corps. » Et aussitôt que la malade l'eut fait, elle se trouva guérie, et elle rendit grâce à Dieu.

chapitre XXXII.

Elle s'en alla ensuite, après être restée trois jours auprès de Marie et elle vint dans une ville où rendait un prince qui avait épousé la fille d'un autre prince, mais lorsqu'il vit sa femme, il aperçut entre ses yeux les marques de la lèpre, ayant la forme d'une étoile et leur mariage avait été déclaré nul et non valide. Et cette femme voyant la princesse qui se livrait au désespoir, lui demanda la cause de ses larmes, et la princesse lui répondit : « Ne t'informe pas de ma situation ; mon malheur est tel que je ne puis le révéler à personne. » La femme insistait pouf le savoir, disant qu'elle connaîtrait peut-être quelque remède à y apporter. Elle vit alors les traces de la lèpre qui paraissaient entre les yeux de la princesse. « Moi aussi, » dit-elle, « j'ai été atteinte de cette même maladie et je m'étais rendue pour affaires à Bethléem. Là, j'entrai dans une caverne où je vis une femme nommée Marie et elle avait un enfant qui s'appelait Jésus. Me voyant atteinte de la lèpre, elle eut pitié de moi, et die me donna l'eau dans laquelle elle avait lavé le corps de son fils. Je versai cette eau sur mon corps et je fus aussitôt guérie. La princesse lui dit alors : « Lève-toi et viens avec moi et fais-moi voir Marie. » Et elle s'y rendit apportant de riches présents. Et quand Marie la vit, elle dit : « Que la miséricorde du Seigneur Jésus soit sur toi. » Et elle lui donna un peu de cette eau dans laquelle elle avait lavé son enfant. Aussitôt que la princesse en eut répandu sur elle, elle se trouva guérie et elle rendit grâces au Seigneur, ainsi que tous les assistants. Le prince apprenant que sa femme avait été guérie, la reçut chez lui et célébrant de secondes noces, il rendit grâces à Dieu.

CHAPITRE XXXIII.

Il y avait au même endroit une jeune fille que Satan tourmentait ; l'esprit maudit lui apparaissait sous la forme d'un grand dragon qui voulait la dévorer et il avait sucé tout son sang de sorte qu'elle ressemblait & un cadavre. Et toutes les fois qu'il se jetait sur elle, elle criait, en joignant les mains au-dessus de sa tête et elle disait : « Malheur, malheur à moi, car il n'y a personne qui puisse me délivrer de cet affreux dragon. » Son père et sa mère et tous ceux qui l'entouraient et.qui la voyaient, se livraient à l'affliction et répandaient des larmes, surtout lorsqu'elle pleurait et disait : « O mes frères et mes amis, n'y a-t-il donc personne qui me délivre de ce meurtrier? » La fille du prince qui avait été guérie de la lèpre, entendant la voix de cette malheureuse, monta sur le toit de son château et elle la vit, les mains jointes au-dessus de la tête, versant des larmes abondantes et tous ceux qui l'entouraient pleuraient aussi. Et elle demanda si la mère de cette possédée vivait encore. Et quand on lui eut répondu que son père et sa mère étaient tous deux en vie, elle dit : « Faites venir sa mère auprès de moi. » Et quand elle fut venue, elle lui demanda : « Est-ce ta fille qui est ainsi possédée? » Et la mère ayant répondu que oui, en versant des larmes, la fille du prince dit : « Ne révèle pas ce que je vais te confier ; j'ai été lépreuse, mais Marie, la mère de Jésus-Christ m'a guérie. Si tu veux que ta fille obtienne sa délivrance, conduis-la à Bethléem et implore avec foi l'assistance de Marie et je crois que tu reviendras pleine de joie ramenant ta fille guérie. » Aussitôt la mère se leva et elle partit et elle alla trouver Marie, et elle lui exposa l'état dans lequel était sa fille. Marie l'ayant écoutée lui donna un peu de l'eau dans laquelle elle avait lavé son fils Jésus et lui dit de la répandre sur le corps de la possédée. Elle lui donna ensuite un morceau des langes de l'enfant Jésus et elle lui dit : « Prends ceci et montre-le à ton ennemi, toutes les fois que tu le verras, » et elle la renvoya ensuite en paix.

CHAPITRE XXXIV.

Lorsqu'après avoir quitté Marie, elles furent revenues dans leur ville et lorsque vint le temps où Satan avait coutume de la tourmenter, il lui apparut sous la forme d'un grand dragon et, à son aspect, la jeune fille fut saisie d'effroi. Et sa mère lui dit : « Ne crains rien, ma fille, laisse-le s'approcher davantage de toi et montre-lui ce linge que nous a donné Marie et nous verrons ce qu'il pourra faire. » Et quand le malin esprit qui avait revêtu la forme de ce dragon fut tout proche, la malade, toute tremblante de frayeur, mit sur sa tête et déploya le linge et il en sortit des flammes qui s'élançaient vers la tête et vers les yeux du dragon, et on entendit crier à haute voix : « Qu'y a t-il entre toi et moi, ô Jésus, fils de Marie ? où trouverai-je un asile contre toi ? » Et Satan prit la fuite avec épouvante, abandonnant cette jeune fille, et depuis il ne lui apparut jamais. Et elle se trouva ainsi délivrée, et elle rendit dans sa reconnaissance des actions de grâce à Dieu, ainsi que tous ceux qui avaient été présents à ce miracle.

CHAPITRE XXXV.

Il y avait dans cette même ville une autre femme dont le fils était tourmenté par Satin, il se nommait Judas, et toutes les fois que le malin esprit s'emparait de lui, il cherchait à mordre ceux qui étaient près de lui, et, s'il était seul, il mordait ses propres mains et ses membres. La mère de ce malheureux entendant parler de Marie et de son fils Jésus, se leva r et tenant son fils dans ses bras, elle le porta à Marie. Sur ces entrefaites, Jacques et Joseph avaient conduit dehors l'enfant Jésus pour qu'il jouât avec les autres enfants, et ils s'étaient assis hors de la maison et Jésus avec eux. Judas s'approcha et s'assit à la droite de Jésus, et quand Satan commença à l'agiter comme d'ordinaire, il cherchait à mordre Jésus, et comme il ne pouvait l'atteindre, il lui donnait des coups dans le côté droit, de sorte que Jésus se mit à pleurer. Et, en ce moment, Satan sortit de cet enfant, sous la forme d'un chien enragé. Et cet enfant fut Judas Iscariote, qui trahit Jésus et le côté qu'il avait frappé fut celui que les Juifs percèrent d'un coup de lance.

CHAPITRE XXXVI.

Lorsque le Seigneur Jésus eut accomplit sa septième année, il jouait un jour avec d'autres enfants de son âge et, en s'amusant, ils faisaient avec de la terre détrempée diverses images d'animaux, de loups, d'ânes, d'oiseaux, et chacun vantant son ouvrage, s'efforçait de l'élever au-dessus de celui de ses camarades. Alors le Seigneur Jésus dit aux enfants: « J'ordonnerai aux figures que j'ai faites de se mettre à marcher. » Et les enfants lui demandant s'il était le fils du Créateur, le Seigneur Jésus ordonnait aux images de marcher et elles avançaient aussitôt. Quand il leur commandait de revenir, elles revenaient. Il avait fait des images d'oiseaux et de passereaux qui volaient lorsqu'il leur enjoignait de voler et qui s'arrêtaient quand il leur disait de s'arrêter, et quand il leur présentait de la boisson et de la nourriture, elles mangeaient et buvaient. Quand les enfants se furent retirés et qu'ils eurent raconté à leurs parents ce qu'ils avaient vu, ceux-ci leur dirent; « Evitez à l'avenir d'être avec lui, car c'est un enchanteur ; fuyez-le donc dorénavant, et ne jouez plus avec lui.»

CHAPITRE XXXVII.

Un certain jour le Seigneur Jésus jouant et courant avec les autres enfants passa devant la boutique d'un teinturier qui se nommait Salem ; il y avait dans cette boutique des étoffes appartenant à grand nombre d'habitants de la ville et que Salem se préparait à teindre de diverses couleurs; Jésus étant entré dans cette boutique prit toutes ces étoffes et les jeta dans la chaudière. Salem se retournant et voyant les étoffes perdues, se mit à pousser de grands cris et à réprimander Jésus, disant : « Qu'as-tu fait, ô fils de Marie? tu as fait tort à moi et à mes concitoyens; chacun demandait la couleur qui lui convenait, et toi tu es survenu, et tu as tout perdu. » Le Seigneur Jésus répondit : « De quelque pièce d'étoffe que tu veuilles changer la couleur, je la changerai. » Et aussitôt il se mit à retirer les étoffes de la chaudière et chacune était teinte de la couleur que désirait le teinturier . Et les Juifs témoins de ce miracle, célébrèrent la puissance de Dieu.

CHAPITRE XXXVIII.

Joseph parcourait toute la ville, menant avec lui le Seigneur Jésus et on l'appelait pour confectionner des portes ou des cribles, ou des coffres, et le Seigneur Jésus était avec lui partout où il allait. Et tontes les fois que l'ouvrage que faisait Joseph devait être plus long bu plus court, plus large ou plus étroit, le Seigneur Jésus étendait la main, et la chose se trouvait aussitôt telle que l'avait désiré Joseph, de sorte qu'il n'avait point besoin de rien achever de sa propre main, car il n'était pas fort habile dans ce métier de menuisier.

chapitre XXXIX.

Un jour, le roi de Jérusalem le fit appeler et lui dit : « Je veux, Joseph, que tu me fasses un trône d'après la dimension de l'endroit où j'ai coutume de m'asseoir. » Joseph obéit, et aussitôt mettant la main à l'œuvre, il passa deux ans clans le palais jusqu'à ce qu'il eût achevé de fabriquer ce trône. Et lorsqu'il fut placé à l'endroit où il devait être, l'on vit que de chaque côté il manquait deux spithames à la mesure fixée .Alors le roi se mit en colère contre Joseph, et Joseph, redoutant le courroux du monarque, ne put manger et se coucha à jeun. Alors le Seigneur Jésus lui demandant quel était le motif de sa crainte, il répondit : « C'est que l'ouvrage auquel j'ai travaillé deux ans entiers est gâté. » Et le Seigneur Jésus lui répondit : « Reviens de ta frayeur et ne perds pas courage; prends ce côté du trône et moi l'autre, pour que nous l'amenions à une mesure exacte. » Et Joseph ayant fait ce que prescrivait le Seigneur Jésus et chacun tirant fortement de son côté, le trône obéit et eut exactement la dimension que l’on désirait. Les assistants, voyant ce miracle, furent frappés de stupeur et bénirent Dieu. Ce trône était fabriqué avec un bois qui existait dès le temps de Salomon, fils de David, et qui était remarquable par ses diverses formes et figures.

CHAPITRE XL.

Un autre jour, le Seigneur Jésus alla sur la place et voyant les enfants qui s'étaient réunis pour jouer, il se mêla à eux ; l'ayant aperçu, ils se cachèrent et le Seigneur Jésus alla à la porte d'une maison et demanda à des femmes qui se tenaient debout à l'entrée où ces enfants avaient été. Et comme elles répondirent qu'il n'y en avait aucun dans la maison, le Seigneur Jésus dit : « Qu'est-ce que vous voyez sous cette voûte ? » Elles répondirent que c'étaient des béliers âgés de trois ans et le Seigneur Jésus s'écria : « Sortez, béliers, et venez vers votre pasteur. » Et aussitôt les enfants sortirent, ayant forme de béliers, et ils sautaient autour de lui, et ces femmes ayant vu cela, furent saisies d'effroi Et elles adoraient le Seigneur Jésus, disant : « O Jésus! fils de Marie, notre Seigneur, tu es vraiment le bon Pasteur d'Israël, aie pitié de tes servantes qui sont en ta présence et qui ne doutent pas, Seigneur, que tu ne sois venu pour guérir et non pour perdre. » Ensuite, le Seigneur Jésus ayant répondu que les enfants d'Israël étaient parmi les peuples comme des Éthiopiens, les femmes dirent : « Seigneur, tu connais toutes choses et rien ne t'est caché ; nous te demandons et nous espérons de ta miséricorde que tu voudras bien rendre à ces enfants leur ancienne forme. » Et le Seigneur Jésus dit alors : « Venez, enfants, afin que nous allions jouer. » Et aussitôt, en présence de ces femmes, ces béliers reprirent la figure d'enfants.

chapitre XLI.

Au mois d'Adar Jésus rassembla les enfants et les fit ranger comme étant leur roi ; ils avaient étendu leurs vêtements par terre pour qu'il s'agît dessus, et ils avaient posé sur sa tête une couronne de fleurs, et comme des satellites qui accompagnent un roi, ils s'étaient rangés à sa droite et à sa gauche. Si quelqu'un passait parla, les enfants l'arrêtaient de force et lui disaient : « Viens et adore le roi, afin que tu obtiennes un heureux voyage. »

CHAPITRE XLII.

Sur ces entrefaites arrivèrent des hommes qui portaient un enfant sur une litière. Cet enfant avait été sur la montagne avec ses camarades pour chercher du bois, et, ayant trouvé un nid de perdrix, il y mit la main pour en retirer les œufs, et un serpent caché au milieu du nid le mordit, et il appela ses compagnons à son secours. Quand ils arrivèrent, ils le trouvèrent étendu sur la terre et comme mort, et des gens de sa famille vinrent et ils l’emportaient à la ville et quand ils furent arrivés à l'endroit où le Seigneur Jésus trônait comme un roi, les autres enfants l'entouraient comme étant de sa cour, et ces enfants allèrent au-devant de ceux qui portaient le moribond et leur dirent: « Venet et saluez le roi. » Comme ils ne voulaient point approcher à cause du chagrin qu'ils éprouvaient, les enfants les amenaient de force. Et quand ils furent devant le Seigneur Jésus, il leur demanda pourquoi ils portaient cet enfant ; ils répondirent qu'un serpent l'avait mordu, et le Seigneur Jésus dit aux enfants : « Allons ensemble et tuons ce serpent. » Les parents de l'enfant qui était au moment de trépasser priant les autres enfants de les laisser aller, ceux-ci répondirent ; « N'avez-vous pas entendu ce que le roi a dit : Allons et tuons le serpent, et ne devez-vous pas vous conformer à ses ordres? » Et, malgré leur opposition, ils faisaient rebrousser chemin à la litière. Lorsqu'ils furent arrivés auprès du nid, le Seigneur Jésus dit aux enfants : « N'est-ce pas là que se cache le serpent ?» Et eux ayant répondu oui, le serpent appelé par le Seigneur Jésus, sortit aussitôt et se soumit à lui. Et le Seigneur lui dit : « Va et suce tout le poison que tu as répandu dans les veines de cet enfant. » Le serpent, rampant, reprit alors tout le poison qu'il avait répandu, et le Seigneur l'ayant maudit, il creva aussitôt après et il mourut Et le Seigneur Jésus toucha l'enfant de sa main, et il fut guéri. Et comme il se mettait à pleurer, le Seigneur Jésus lui dit ; « Cesse tes pleurs, tu seras mon disciple. » Et cet enfant fut Simon le Cananéen dont il est fait mention dans l'Évangile.

chapitre XLIII.

Un autre jour Joseph avait envoyé son fils Jacques pour ramasser du bois, et le Seigneur Jésus s'était joint à lui comme son compagnon, et quand ils furent arrivés à l'endroit où était le bois et lorsque Jacques se fut mis à en ramasser, voici qu'une vipère le mordit, et il commença à crier et à pleurer. Le Seigneur Jésus le voyant dans cet état, s'approcha de lui et il souffla sur l'endroit où il avait été mordu, et Jacques fut guéri sur-le-champ .

CHAPITRE XLIV.

Un jour, le Seigneur Jésus était avec des enfants qui jouaient sur un toit, et l'un de ces enfants vint à se laisser tomber et il expira sur le coup. Les autres enfants s'enfuirent et le Seigneur Jésus demeura seul sur le toit, et les parents du mort étant arrivés, ils dirent au Seigneur Jésus : « C'est toi qui as précipité notre fils du haut du toit. » Et comme il le niait, ils répétèrent encore plus fort : « Notre fils est mort et voici celui qui l'a tué. » Et le Seigneur Jésus répondit : « Ne m'accusez pas d'un crime dont vous ne pouvez apporter aucune preuve; mais demandons à cet enfant lui-même qu'il mette la vérité au grand jour. » Et le Seigneur Jésus descendit et se plaça près de la tête du mort et dit à haute voix : « Zeinon, Zeinon, qui est-ce qui t'a précipité du haut du toit? » Et le mort répondit : « Seigneur, ce n'est pas toi qui as été la cause de ma chute, mais c'est quelqu'un qui m'a fait tomber. » Et le Seigneur ayant recommandé aux assistants de faire attention à ces paroles, tous ceux qui étaient présents louèrent Dieu de ce miracle .

chapitre XLV.

Marie avait un jour commandé au Seigneur Jésus d'aller lui chercher de l'eau à un puits. Et lorsqu'il se fut acquitté de cette tâche, la cruche déjà pleine qu'il élevait se brisa. Et le Seigneur Jésus ayant étendu son manteau, porta à sa mère l'eau qu'il y avait recueillie, et elle fut frappée d'admiration, et elle conservait dans son cœur tout ce qu'elle voyait

CHAPITRE XLVI.

Un autre jour, le Seigneur Jésus jouait sur le bord de l'eau avec d'autres enfants, et ils avaient creusé des rigoles pour faire couler l'eau, formant ainsi des petits bassins, et le Seigneur Jésus avait fait avec de la terre douze petits oiseaux et les avait placés autour de son bassin, trois de chaque côté. C'était un jour de sabbat, et le fils d'Hanon, le juif, survenant et les voyant ainsi occupés, leur dit : « Comment pouvez-vous un jour de sabbat, faire des figures avec de la boue ? » Et il se mit à détruire leurs bassins. Et le Seigneur Jésus ayant étendu les mains sur les oiseaux qu'il avait faits, ils s'envolèrent en gazouillant Ensuite lorsque le fils d'Hanon, le juif, s'approcha du bassin qu'avait creusé Jésus, afin de le détruire, l'eau disparut et le Seigneur Jésus lui dit : « Tu vois comme cette eau est séchée; il en sera de même de ta vie. » Et aussitôt l'enfant se dessécha.

chapitre XLVII.

Un autre jour, comme le Seigneur Jésus rentrait le soir au bois avec Joseph, un enfant courant au devant de lui, le choqua avec violence, et le Seigneur Jésus fut presque renversé, et il dit à cet enfant : « Ainsi que tu m'as poussé, tombe et ne te relève pas. » Et à l'instant, l'enfant chut par terre et il expira.

CHAPITRE XLVIII.

Il y avait à Jérusalem un homme, nommé Zachée, qui instruisait la jeunesse. Et il disait à Joseph : « Pourquoi, Joseph, ne m'envoies-tu pas Jésus afin qu'il apprenne les lettres ? » Joseph voulait se conformer à cet avis, et il en convint avec Marie. Ils menèrent donc l'enfant vers le maître, et, aussitôt que celui-ci l'eut vu, il écrivit un alphabet et lui dit de prononcer Aleph. Et quand il l'eut fait, il lui demanda de dire Beth. Le Seigneur Jésus lui dit : « Dis-moi d'abord quelle est la signification de la lettre Aleph, et alors je prononcerai Beth. » Et le maître se disposait à le frapper, mais le Seigneur Jésus se mit à lui expliquer la signification des lettres Aleph et Beth, quelles sont les lettres dont la forme est droite, celles dont elle est oblique, quelles sont celles qui sont doubles, celles qui sont accompagnées de points et celles qui en manquent, et pourquoi telle lettre en précède une autre et il dit beaucoup de choses que le maître n'avait jamais entendues et qu'il n'avait lues en aucun livre. Et le Seigneur Jésus dit au maître : « Fais attention à ce que je vais te dire. » Et il se mit à réciter clairement et distinctement Aleph, Beth, Gimel, Daleth, jusqu'à la fin de l'alphabet. Le maître en fut dans l'admiration, et il dit : « Je crois que cet enfant est né avant Noé ; » et, se tournant vers Joseph, il ajouta : « Tu m'as conduit, pour que je l'instruise, un enfant qui en sait plus que tous les docteurs. » Et il dit à Marie : « Ton fils n'a nul besoin de notre enseignement. »

chapitre XLIX.

Ils le conduisirent ensuite à un maître plus savant, et aussitôt qu'il l'eut aperçu : « Dis Aleph », lui demanda-t-il. Et lorsqu'il eut dit Aleph, le maître lui prescrivit de prononcer Beth. Et le Seigneur Jésus lui répondit : « Dis-moi la signification de la lettre Aleph, et alors je prononcerai Beth. » Le maître irrité leva la main pour le frapper, et aussitôt sa main se dessécha et il mourut Alors Joseph dit à Marie : « Dorénavant il ne faudra plus laisser l'enfant sortir de la maison, car quiconque s'oppose à lui, est frappé de mort »

chapitre L.

Lorsqu'il eut atteint l'âge de douze ans, ils le conduisent à Jérusalem à l'époque de la fête, et la fête étant finie, ils s'en retournèrent, mais le Seigneur Jésus resta dans le temple, parmi les docteurs et les vieillards et les savants des fils d'Israël, qu'il interrogeait sur différents points de la science, et, à son tour, il leur répondait, et il leur demanda : « De qui le Messie est-il fils? » Et ils répondirent : « Il est le fils de David. » Jésus répondit : « Pourquoi donc David, mu par l'Esprit-Saint, l’appelle-t-il son Seigneur, lorsqu'il dit : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : « Assied-toi à ma droite pour que je mette tes ennemis sous tes pieds. » Alors un des chefs des docteurs l'interrogea, disant : « As-tu lu les livres Saints? » Le Seigneur Jésus répondit : « J'ai lu les livres et ce qu'ils contiennent, » et il leur expliquait l'écriture, la loi, les préceptes, les statuts, les mystères qui sont contenus dans les livres des prophéties, chose que l'intelligence de nulle créature ne peut comprendre. Et ce chef des docteurs dit : « Je n'ai jamais vu ni entendu une pareille instruction ; qui pensez-vous que cet enfant puisse être? »

chapitre LI.

Il se trouva là un philosophe savant dans l'astronomie, et il demanda au Seigneur Jésus, s'il avait étudié la science des astres. Et Jésus lui répondant exposait le nombre des sphères et des corps célestes, leur nature et leurs oppositions, leur aspect trine, quadrat et sextile, leur progression et leur mouvement rétrograde, le comput et la prognostication et autres choses que la raison d'aucun homme n'a scrutées.

chapitre LII.

Il y avait aussi parmi eux un philosophe très savant en médecine et dans les sciences naturelles, et lorsqu'il demanda au Seigneur Jésus s'il avait étudié la médecine, celui-ci lui exposa la physique, la métaphysique, l'hyperphysique et l'hypophysique, les vertus du corps et les humeurs et leurs effets, le nombre des membres et des os, des urines, des artères et des nerfs, les divers tempéraments, chaud et sec, froid et humide, et quels sont leurs résultats; quelles sont les opérations de l'âme dans le corps, ses sensations et ses vertus, les facultés de la parole, de la colère, du désir, la congrégation et la dispersion et d'autres choses que l'intelligence d'aucune créature n'a pu saisir. Alors ce philosophe se leva et il adora le Seigneur Jésus en disant : « Seigneur, désormais je serai ton disciple et ton serviteur. »

chapitre LIII.

Et tandis qu'ils parlaient ainsi, Marie survint avec Joseph, et depuis trois jours elle cherchait Jésus; le voyant assis parmi lés docteurs, les interrogeant et leur répondant alternativement, elle lui dit : « Mon fils, pourquoi en as-tu ainsi agi à notre égard ? ton père et moi nous t'avons cherché, nous donnant beaucoup de peine. » Il répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il convenait que je demeurasse dans la maison de mon père ? » Mais ils ne comprenaient pas les paroles qu'il leur adressait. Alors les docteurs demandèrent à Marie s'il était son fils, et, elle ayant répondu que oui, ils s'écrièrent : « O heureuse Marie, qui as enfanté un tel enfant » Il revint avec eux à Nazareth, et il leur était soumis en toutes choses. Et sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur. Et le Seigneur Jésus profitait en taille, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Chapitre LIV.

Il commença dès ce jour à cacher ses miracles, ses secrets et ses mystères, jusqu'à ce qu'il eut accompli sa trentième année, lorsque son père révéla publiquement sa mission aux bords du Jourdain, une voix venue du ciel ayant fait entendre ces mots : « C'est mon fils bien-aimé dans lequel j'ai mis toute ma complaisance, » et le Saint-Esprit ayant apparu sous la forme d'une colombe blanche,

CHAPITRE LV.

C'est lui que nous adorons humblement, car il nous a donné l'existence et la vie, et il nous a fait sortir des entrailles de nos mères ; il a pris pour nous le corps de l'homme, et il nous a rachetés, nous couvrant de sa miséricorde éternelle, et nous accordant sa grâce par son amour pour nous et par sa bonté. A lui la gloire, puissance, louange et domination dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.

Fin de l'Évangile de l'Enfance tout entier, avec l'assistance du Dieu suprême, suivant ce que nous trouvons.

Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/enfance.htm

Partager cet article

Repost 0
Published by X - dans Gnose
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Contact

Blason de la RL Laurence Dermott

Loge-Dermott.gif

        729 ARTICLES

                    603    ABONNES 

Recherche

St Patrick blessing

God save the Ireland

           

Michaël Collins