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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 08:27

Au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit-Saint, Dieu unique.

Avec le secours et l'assistance du Dieu tout-puissant, nous commençons à écrire le livre des miracles de notre Sauveur, maître et Seigneur Jésus-Christ, lequel s'appelle l'Évangile de l'enfance, dans la paix du Sauveur. Ainsi soit-il.

CHAPITRE Ier.

Nous trouvons dans le livre du grand-prêtre Joseph qui vécut du temps de Jésus-Christ (et quelques-uns disent que son nom était Caïphe) que Jésus parla lorsqu'il était au berceau et qu'il dit à sa mère Marie : moi que tu as enfanté, je suis Jésus, le fils de Dieu, le Verbe, ainsi que te l'a annoncé l'ange Gabriel et mon père m'a envoyé pour le salut du monde.

CHAPITRE II.

L'an trois cent soixante-neuf de l'ère d'Alexandre, Auguste ordonna que chacun se fit enregistrer dans sa ville natale. Joseph se leva donc et conduisant Marie son épouse, il vint à Jérusalem, et il se rendit à Bethléem pour se faire inscrire avec sa famille dans l'endroit où il était né; lorsqu'ils furent arrivés tout proche d'une caverne, Marie dit à Joseph que le moment de sa délivrance était venu et qu'elle ne pouvait aller jusqu'à la ville, « mais, » dit-elle,« entrons dans cette caverne. » Le soleil était au moment de se coucher. Joseph se hâta d'aller chercher une femme qui assistât Marie dans l'enfantement, et il rencontra une vieille Israélite qui venait de Jérusalem et la saluant, il lui dit : « entre dans cette caverne où tu trouveras une femme au moment d'accoucher. »

CHAPITRE III.

Et après le coucher du soleil, Joseph arriva avec la vieille devant la caverne et ils entrèrent. Et voici que la caverne était toute resplendissante d'une clarté qui surpassait celle d'une infinité de flambeaux et qui brillait plus que le soleil à midi. L’enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, tétait le sein de sa mère Marie. Tous deux restèrent frappés de surprise à l'aspect de cette clarté, et la vieille demanda à Marie : « Est-ce que tu es la mère de cet enfant? » Et Marie ayant répondu affirmativement, la vieille lui dit : « Tu n'es pas semblable aux filles d'Eve, » et Marie repartit : « De même qu'il n'y a parmi les enfants aucun qui soit semblable à mon fils, de même sa mère est sans pareille parmi toutes les femmes. La vieille dit alors : « Madame et maîtresse, je suis venue pour acquérir une récompense qui dure à jamais, et Marie lui répondit : « Pose tes mains sur l'enfant. » Lorsque la vieille l'eut fait, elle fut purifiée, et quand elle fut sortie, elle disait : « Dès ce moment, je serai la servante de cet enfant, et je serai vouée à son service durant tous les jours de ma vie. »

CHAPITRE IV.

Ensuite, lorsque les bergers furent arrivés, et qu'ayant allumé le feu, ils se livraient à la joie, les armées célestes leur apparurent, louant et célébrant le Seigneur, la caverne eut toute ressemblance à un temple auguste, où des rois célestes et terrestres célébraient la gloire et les louanges de Dieu à cause de la nativité du Seigneur-Jésus-Christ. El cette vieille Israélite voyant ces miracles éclatants, rendait grâces à Dieu, disant : « Je vous rends grâce, ô Dieu, Dieu d'Israël, parce que mes yeux ont vu la nativité du Sauveur du monde».

CHAPITRE V.

Lorsque le temps de la circoncision fut arrivé, c'est-à-dire, le huitième jour, époque à laquelle la loi prescrit que le nouveau-né doit être circoncis., ils le circoncirent dans la caverne, et la vieille Israélite recueillit le prépuce (d'autres disent que ce fut le cordon ombilical qu'elle recueillit) et le mit dans un vase d'albâtre rempli d'huile de vieux nard. Et elle avait un fils qui faisait commerce de parfums, et elle lui donna ce vase, en disant : « Garde-toi de vendre ce vase rempli de parfum de nard, lors même qu'on t'en offrirait trois cents deniers. » C'est ce vase que Marie la pécheresse acheta et qu'elle répandit sur la tête et sur les pieds de Notre Seigneur Jésus-Christ, en les essuyant de ses cheveux. Quand dix jours se furent écoulés, ils portèrent l'enfant à Jérusalem, et à l'expiration de la quarantaine, ils le présenteront dans le temple au Seigneur, en donnant pour lui les offrandes que prescrit la loi de Moïse où il est dit : « Tout enfant mâle qui sortira du ventre de sa mère sera appelé le saint de Dieu. »

CHAPITRE VI.

Le vieillard Siméon vit l'enfant Jésus brillant de clarté comme une colonne de lumière, tandis que la Vierge Marie, sa mère, le portait dans ses bras et qu'elle ressentait une extrême joie et une foule d'anges formaient comme un cercle autour de lui, célébrant ses louanges et l'accompagnant, ainsi que les satellites d'un roi vont à sa suite. Siméon s'approchant donc avec empressement de Marie et étendant ses mains vers elle, disait au Seigneur Jésus : « Maintenant, Seigneur, votre serviteur peut se retirer en paix suivant votre parole, car mes yeux ont vu votre miséricorde et ce que vous avez préparé pour le salut de toutes les nations, pour la lumière de tous les peuples et la gloire de votre peuple d'Israël. » La prophétesse Anne était aussi présente, et elle rendait grâces à Dieu, et elle vantait le bonheur de Marie.

CHAPITRE VII.

Et voici ce qu'il arriva, tandis que le Seigneur Jésus était né à Bethléem, ville de Judée, au temps du roi Hérode, des mages vinrent des pays de l'Orient, à Jérusalem, ainsi que l'avait prédit Zoradascht et ils apportaient avec eux des présents, de l'or, de l'encens et de la myrrhe, et ils adorèrent l'enfant, et ils lui firent hommage de leurs présents. Alors Marie prit un des linges dans lesquels l'enfant était enveloppé et le donna aux mages qui le reçurent comme un don d'une inestimable valeur. Et à cette même heure, il leur apparut un ange sous la forme d'une étoile qui leur avait déjà servi de guide, et ils s'en allèrent en suivant sa clarté jusqu'à ce qu'ils fussent de retour dans leur patrie.

CHAPITRE VIII.

Les rois et les princes s'empressèrent de se réunir autour des mages, leur demandant ce qu'ils avaient vu et ce qu'ils avaient fait, comment ils étaient allés et comment ils étaient revenus et quels compagnons de route ils avaient eus ? Les mages leur montrèrent le linge que Marie leur avait donné ; c'est pourquoi ils célébrèrent une fête, ils allumèrent du feu suivant leur usage, et ils l'adorèrent, et ils jetèrent ce linge dans les flammes, et les flammes l'enveloppèrent. Le feu étant éteint, ils en retirèrent le linge tout entier et les flammes n'avaient laissé sur lui aucune trace. Ils se mirent alors à le baiser et à le poser sur leurs têtes et sur leurs yeux, disant : « Voici sûrement la vérité ! quel est donc le prix de cet objet que le feu n'a pu ni consumer, ni endommager? » Et le prenant, ils le déposèrent avec grande vénération dans leurs trésors.

CHAPITRE IX.

Hérode voyant que les mages ne retournaient pas vers lui, réunit les prêtres et les docteurs, et il leur dit : « Enseignez-moi où doit naître le Christ ». Et lorsqu'ils lui eurent répondu que c'était à Bethléem, ville de Judée, Hérode commença à méditer en son esprit le meurtre du Seigneur Jésus. Alors un ange apparut à Joseph dans son sommeil, et il lui dit : « Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et réfugie-toi en Egypte. » Et au chant du coq, Joseph se leva et il partit.

chapitre X.

Et tandis qu'il songeait quel chemin il devait suivre, le jour survint et la fatigue du voyage avait brisé la courroie de la selle. Il approchait d'une grande ville où il y avait une idole à laquelle les autres idoles et déités de l'Egypte offraient des hommages et des présents, et il y avait un prêtre attaché au service de cette idole, et toutes les fois que Satan parlait par la bouche de l'idole, le prêtre rapportait ce qu'il disait; aux habitants de l'Egypte et de ses rivages. Ce prêtre avait un enfant de trois ans qui était possédé d'une grande multitude de démons ; il prophétisait et annonçait beaucoup de choses, et lorsque les démons s'emparaient de lui, il déchirait ses vêtements, et il courait nu dans la ville, jetant des pierres aux hommes. L'hôtellerie de cette ville était dans le voisinage de cette idole ; lorsque Joseph et Marie furent arrivés et qu'ils furent descendus à celte hôtellerie, les habitants furent saisis de consternation, et tous les princes et les prêtres des idoles se réunirent autour de cette idole lui demandant : « D'où vient cette consternation et quelle est la cause de cette terreur qui a envahi notre pays ? » Et l'idole répondit : Cette épouvante a été apportée par un Dieu ignoré qui est le Dieu véritable, et nul autre que lui n'est digne des honneurs divins, car il est véritablement le Fils de Dieu. A sa venue, cette contrée a tremblé; elle s'est émue et épouvantée, et nous éprouvons une grande crainte à cause de sa puissance. » Et en ce moment cette idole tomba et se brisa ainsi que les autres idoles qui étaient dans le pays et leur chute fit accourir tous les habitants de l'Egypte .

CHAPITRE XI.

Mais le fils du prêtre, lorsqu'il fut attaqué du mal auquel il était sujet, entra dans l'hôtellerie et il insultait Joseph et Marie, et tous les autres s'étaient enfuis, et comme Marie lavait les linges du Seigneur-Jésus, et qu'elle les suspendait sur une latte, ce jeune possédé prit un de ces linges et le posa sur sa tête, et aussitôt les démons prirent la fuite, en sortant par sa bouche, et on vit s'éloigner des figures de corbeaux et de serpents. L'enfant fut immédiatement guéri par le pouvoir de Jésus-Christ, et il se mit à chanter les louanges du Seigneur qui l'avait délivré et à lui rendre grâces. Et quand son père vit qu'il avait recouvré la santé, il s'étonna et il dit : « Mon fils, que t'est-il donc arrivé, et comment as-tu été guéri? » Et le fils répondit : « Lorsque les démons me tourmentaient, je suis entré dans l'hôtellerie, et j'y ai trouvé une femme d'une grande beauté qui était avec un enfant et elle suspendait sur une latte des linges qu'elle venait de laver; j'en pris un et je le posai sur ma tête et les démons s'enfuirent aussitôt et m'abandonnèrent. » Le père fut remplie de joie et s'écria : « Mon fils, il se peut que cet enfant soit le fils du Dieu vivant qui a créé les cieux et la terre, et aussitôt qu'il a passé près de nous, l'idole s'est brisée, et les simulacres de tous nos dieux sont tombés, et une force supérieure à la leur les a détruits. »

CHAPITRE XII.

Ainsi s'accomplit la prophétie qui dit : « J'ai appelé mon fils de l'Egypte. » Lorsque Joseph et Marie apprirent que cette idole s'était renversée et qu'elle avait péri, ils furent saisis de crainte et de tremblement, et ils se disaient : « Lorsque nous étions dans la terre d'Israël, Hérode voulut faire périr Jésus, et, dans ce but, il ordonna le massacre de tous les enfants de Bethléem et des environs, et il n'y a pas de doute que les Égyptiens ne nous brûlent tout vifs, s'ils apprennent que cette idole est tombée. »

CHAPITRE XIII.

Ils partirent donc, et ils arrivèrent près de la cachette de voleurs qui dépouillaient de leurs vêtements et de leurs effets les voyageurs qui passaient près d'eux et qui les amenaient garrottés. Ces voleurs entendirent un grand bruit pareil à celui du cortège d'un roi qui sort de sa capitale au son des instruments de musique, escorté d'une grande armée et d'une nombreuse cavalerie, ils laissèrent tout leur butin et s'empressèrent de fuir. Les captifs se levant alors, brisèrent les liens l'un de l'autre, et ayant repris leurs effets, ils se retiraient lorsque voyant Joseph et Marie qui s'approchaient, ils leur demandèrent : « Où est ce roi dont le cortège a, par son bruit, épouvanté les voleurs au point qu’ils se sont enfuis et que nous avons été délivrés? » Et Joseph répondit : « Il vient après nous. »

CHAPITRE XIV.

Ils vinrent ensuite à une autre ville où il y avait une femme démoniaque, et tandis qu'elle était allée une fois puiser de l'eau durant la nuit, l'esprit rebelle et impur s'emparait d'elle. Elle ne pouvait ni supporter aucun vêtement, ni habiter une maison, et toutes les fois qu'on l'attachait avec des liens ou avec des chaînes, elle les brisait et s'enfuyait nue dans les lieux déserts, elle se tenait sur les roules et près des sépultures, et elle poursuivait à coups de pierre ceux qu'elle trouvait, de sorte qu'elle était pour ses parents un grand sujet de deuil. Marie l'ayant vue, fut touchée de compassion, et aussitôt Satan abandonna cette femme, et il s'enfuit sous la forme d'un jeune homme, en disant : « Malheur à moi, à cause de toi, Marie, et à cause de ton fils ! » Lorsque cette femme fut délivrée de ce qui causait ses tourments, elle regarda autour d'elle, et, rougissant de sa nudité, elle alla vers ses proches, fuyant l'aspect des hommes, et s'étant revêtue de ses habits, elle exposa à son père et à ses parents ce qui lui était arrivé, et ils étaient du nombre des habitants les plus distingués de la ville, et ils hébergèrent chez eux Joseph et Marie, leur témoignant un grand respect.

CHAPITRE XV.

Le lendemain, Joseph et Marie se mirent en route, et le soir ils arrivèrent à une autre ville où se célébrait une noce, mais, par suite des embûches de l'esprit malin et des enchantements de quelques magiciens, l'épouse avait perdu l'usage de la parole, de sorte qu'elle ne pouvait plus ouvrir lg bouche. Lorsque Marie entra dans la ville portant dans ses bras son fils, le Seigneur Jésus, la muette l'aperçut et aussitôt elle étendit ses mains vers Jésus, elle le prit dans ses bras et le serra contre son sein en lui donnant beaucoup de baisers. Aussitôt le lien qui retenait sa langue se brisa et ses oreilles s'ouvrirent et elle commença à glorifier et à remercier Dieu qui l'avait guérie. Et il y eut cette nuit une grande joie parmi les habitants de cette ville, car ils pensaient que Dieu et ses anges étaient descendus parmi eux.

CHAPITRE XVI.

Joseph et Marie passèrent trois jours en cet endroit où ils furent tenus en grande vénération et traités avec splendeur. Étant munis de provisions pour leur voyage, ils partirent ensuite et ils vinrent dans une autre ville, et comme elle était florissante et ses habitants en grande célébrité, ils désiraient y passer la nuit. Il y avait dans cette ville une femme noble et comme elle était descendue au fleuve pour s'y laver, voici que l'esprit maudit sous la forme d'un serpent, s'était jeté sur elle et il s'était enlacé autour de son ventre, et chaque nuit, il s'étendait sur elle. Lorsque cette femme eut vu Marie et le Seigneur Jésus qu'elle portait contre son sein, elle pria Marie de lui permettre de porter et d'embrasser cet enfant. Marie y consentit, et aussitôt que cette femme eut touché l'enfant, Satan l'abandonna et s'enfuit, et depuis cette femme ne le revit plus. Tous les voisins louèrent le Seigneur et cette femme les récompensa avec une grande générosité.

CHAPITRE XVII.

Le lendemain, cette même femme prit une eau parfumée pour laver l'enfant Jésus, et, quand elle l'eut lavé, elle garda cette eau. Et il y avait là une jeune fille dont le corps était couvert d'une lèpre blanche et elle se lava de cette eau, elle fut immédiatement guérie. Le peuple disait donc ; « Il n'y a pas de doute que Joseph et Marie et cet enfant ne soient des dieux » et ils ne paraissent pas de simples mortels. » Lorsqu'ils se préparèrent à partir, cette fille qui avait été guérie de la lèpre s'approcha d'eux et les pria de lui permettre de les accompagner.

CHAPITRE XVIII.

Ils y consentirent et elle alla avec eux et ils arrivèrent à une ville où il y avait le château d'un prince puissant, et ce palais était proche de l'hôtellerie. Ils s'y rendirent, et la jeune fille s'étant ensuite approchée de l'épouse du prince, la trouva triste et versant des larmes et elle lui demanda la cause de sa douleur. Et celle-ci lui répondit : « Ne t'étonne pas de me voir livrée à l'affliction ; je suis en proie à une grande calamité que je n'ose raconter à aucun homme. » La jeune fille lui repartit : « Si tu me dis quel est ton mal, tu en trouveras peut-être le remède auprès de moi. » La femme du prince lui dit : « Tu ne révéleras ce secret à personne. J'ai épousé un prince dont la domination, pareille à celle d'un roi, s'étend sur de vastes états, et, après avoir longtemps vécu avec lui, il n'a eu de moi nulle postérité. Enfin j’ai conçu, mais j'ai mis au inonde un enfant lépreux ; l'ayant vu, il ne l’a pas reconnu comme étant à lui, et il m'a dit : « Fais mourir cet enfant ou donne-le à une nourrice qui l'élève dans un endroit si éloigné que jamais l'on n'en entende parler. Et, reprends ce qui est à toi, car je ne te reverrai jamais. » C'est pourquoi je me livre à la douleur en déplorant la calamité qui m'a frappée et je pleure sur mon mari et sur mon enfant. » La jeune fille lui répondit : « Ne t'ai-je pas dit que j'ai trouvé pour toi un remède que je te promets? Moi aussi j'ai été atteinte de la lèpre, mais j'ai été guérie par une faveur de Dieu, qui est Jésus le fils de Marie. » La femme lui demandant alors où était ce Dieu dont elle parlait, la jeune fille répondit; « Il est dans cette même maison où nous sommes? » — « Et comment cela peut-il se faire, où est-il ? » repartit la princesse. — La jeune fille répliqua : « Voici Joseph et Marie, l'enfant qui est avec eux est Jésus, et c'est lui qui m'a guérie de mes souffrances. » — « Et comment » dit la femme, « est-ce qu'il t'a guérie ? Est-ce que tu ne me le diras pas ? » — La jeune fille répondit : « J'ai reçu de sa mère de l'eau dans laquelle il avait été lavé, et je l'ai versée sur mon corps et ma lèpre a disparu. » La femme du prince se leva alors et elle reçut chez die Joseph et Marie, et elle prépara à Joseph un festin splendide dans une grande réunion. Le lendemain, elle prit de l'eau parfumée afin de laver le Seigneur Jésus, et elle lava avec cette même eau son fils qu'elle avait apporté avec elle, et aussitôt son fils fut guéri de sa lèpre. Et elle chantait les louanges de Dieu, en lui rendant grâces et en disant : « Heureuse la mère qui t'a engendré, ô Jésus! L'eau dont ton corps a été arrosé guérit les hommes qui ont part à la même nature que toi. » Elle offrit de riches présents à Marie et elle la renvoya en la traitant avec grand honneur.

chapitre XIX.

Ils vinrent ensuite à une autre ville où ils voulaient passer la nuit. Ils allèrent chez un homme qui était marié depuis peu, mais qui, atteint d'un maléfice, ne pouvait jouir de sa femme (8), et quand ils eurent passé la nuit près de lui, son empêchement fut rompu. Lorsque le jour se leva, ils se ceignaient pour se remettre en route, mais l'époux les en empêcha et leur prépara un grand banquet.

chapitre XX.

Le lendemain, ils partirent et comme ils approchaient d'une autre ville, ils virent trois femmes qui quittaient un tombeau en versant beaucoup de pleurs. Marie les ayant aperçues dit a la jeune fille qui les accompagnait : « Demande-leur qui elles sont et quel est le malheur qui leur est arrivé. » Elles ne firent point de réponse à la question que la jeune fille leur fit, mais elles se mirent à l'interroger de leur côté, disant : « Qui êtes-vous, et où allez-vous? car déjà le jour est tombé et la nuit s'avance. » La jeune fille répondit : « Nous sommes des voyageurs et nous cherchons une hôtellerie afin d'y passer la nuit. » Elles repartirent : « Accompagnez-nous et passez la nuit chez nous. » Ils suivirent donc ces femmes, et ils furent introduits dans nue maison nouvelle, ornée et garnie de différents meubles» Or, c'était dans la saison de l’hiver, et la jeune fille étant entrée dans la chambre de ces femmes, les trouva encore qui pleuraient et qui se lamentaient A côté d'elles était un mulet, couvert d'une housse de soie, devant lequel était placé du fourrage, et elles lui donnaient à manger et elles l'embrassaient La jeune fille dit alors: « O ma maîtresse, que ce mulet est beau, » et elles répondirent en pleurant : « Ce mulet que tu vois est notre frère, il est né de la même mère que nous. Notre père nous laissa à sa mort de grandes richesses et nous n'avions que ce seul frère et nous cherchions à lui procurer un mariage convenable. Mais des femmes enflammées de l'esprit de la jalousie ont jeté sur lui, à notre insu, des enchantements, et une certaine nuit, un peu avant le point du jour, les portes de notre maison étant fermées, nous avons vu que notre frère avait été changé en mulet et qu'il était tel que tu le vois à présent. Nous nous sommes livrées à la tristesse, car nous n'avions plus notre père qui pût nous consoler ; nous n'avons oublié aucun sage au monde, aucun magicien, ou enchanteur, nous avons eu recours à tous, mais nous n'en avons retiré nul profit. C'est pourquoi, toutes les fois que nos cœurs sont gonflés de tristesse, nous nous levons et nous allons avec notre mère que voici, au tombeau de notre père, et, après y avoir pleuré, nous revenons. »

CHAPITRE XXI.

Lorsque la jeune fille eut entendu ces choses elle dit : « Prenez courage et cessez de pleurer, car le remède de vos maux est proche, il est même avec vous et au milieu de votre demeure ; j'ai été lépreuse, mais après que j'eus vu cette femme et ce petit enfant qui est avec elle et qui se nomme Jésus, et après avoir versé sur mon corps l'eau avec lequel sa mère l'avait lavé, j'ai été purifiée. Je sais aussi qu'il peut mettre un terme à votre malheur; levez-vous, approchez-vous de Marie, et après l'avoir conduite chez vous, révélez-lui le secret dont vous m'avez fait part, en la suppliant d'avoir compassion de vous. » Lorsque ces femmes eurent entendu ces paroles de la jeune fille, elles s'empressèrent d'aller auprès de Marie et elles l'emmenèrent chez elles et elles lui dirent en pleurant : « O Marie, notre maîtresse, prends pitié de tes servantes, car notre famille est dépourvue de son chef et nous n'avons pas un père ou un frère qui entre ou qui sorte devant nous. Ce mulet que tu vois est notre frère, et des femmes l'ont par leurs sortilèges, réduit à cet état Nous te prions donc d'avoir pitié de nous. » Alors Marie, touchée de compassion, souleva l'enfant Jésus et le plaça sur le dos du mulet et elle pleurait, ainsi que les femmes, et elle dit : « Hélas ! mon fils, guéris ce mulet par un effet de ta grande puissance et fais que cet homme recouvre la raison dont il a été privé. » A peine ces mots étaient-ils sortis de la bouche de Marie que le mulet reprit aussitôt la forme humaine et se montra sous les traits d'un beau jeune homme et il ne lui restait nulle difformité. Et lui, et sa mère et ses sœurs adorèrent Marie et, élevant l'enfant au-dessus de leurs têtes, ils l'embrassaient en disant : « Heureuse ta mère, ô Jésus, Sauveur du monde ! Heureux les yeux qui jouissent de la félicité de ton aspect. »

CHAPITRE XXII.

Les deux sœurs dirent à leur mère : « Notre frère a repris sa première forme, grâce à l'intervention du Seigneur Jésus et aux bons avis de cette jeune fille qui nous a conseillé de recourir à Marie et à son fils. Et maintenant, puisque notre frère n'est pas marié, nous pensons qu'il est convenable qu'il épouse cette jeune fille. » Lorsqu'elles eurent fait cette demande à Marie et qu'elle y eut consenti, elles firent pour cette noce des préparatifs splendides et la douleur fut changée en joie et les pleurs firent place aux rires, et elles ne firent que se réjouir et chanter dans l'excès de leur contentement, ornées de vêtements magnifiques et de joyaux. En même temps elles célébraient les louanges de Dieu, disant : » O Jésus, fils de Dieu qui a changé notre affliction en allégresse et nos lamentations en cris de joie ! » Joseph et Marie demeurèrent dix jours en cet endroit ; ensuite ils partirent comblés des témoignages de vénération de toute cette famille, qui, après leur avoir dit adieu, s'en retourna en pleurant, et la jeune fille surtout répandit des larmes.

CHAPITRE XXIII.

Ils arrivèrent ensuite près d'un désert et comme ils apprirent qu'il était infesté de voleurs, ils se préparaient à le traverser pendant la nuit Et voici que tout d'un coup, ils aperçurent deux voleurs qui étaient endormis et près d'eux ils virent une foule d'autres voleurs qui étaient les camarades de ces gens et qui étaient aussi plongés dans le sommeil. Ces deux voleurs se nommaient Titus et Dumachus et le premier dit à l'autre : « Je te prie de laisser ces voyageurs aller en paix, de peur que nos compagnons ne les aperçoivent » Dumachus s'y refusant, Titus lui dit : « Reçois de moi quarante drachmes et prends ma ceinture pour gage. » Et il la lui présentait en même temps, le priant de ne pas appeler et de ne pas donner l'alarme. Marie voyant ce voleur si bien disposé à leur rendre service lui dit : « Que Dieu te soutienne de sa main droite et qu'il t'accorde la rémission de tes péchés. » Et le Seigneur Jésus dit à Marie : « Dans trente ans, ô ma mère, les Juifs me crucifieront à Jérusalem, et ces deux voleurs seront mis en croix à mes côtés, Titus à ma droite et Dumachus à ma gauche et, ce jour-là, Titus me précédera dans le Paradis. » Et lorsqu'il eut ainsi parlé, sa mère lui répondit : « Que Dieu détourne de toi semblables choses, ô mon fils, » et ils allèrent ensuite vers une ville des idoles, et, comme ils en approchaient, elle fut changée en un tas de sable.

chapitre XXIV.

Ils vinrent ensuite à un sycomore que l’on appelle aujourd'hui Matarea et le Seigneur Jésus fit paraître à cet endroit une fontaine où Marie lava sa tunique. Et le baume que produit ce pays vient de la sueur qui coula des membres de Jésus .

CHAPITRE XXV.

Ils se rendirent alors à Memphis et ayant vu Pharaon, ils demeurèrent trois ans en Egypte, et le Seigneur Jésus y lit beaucoup de miracles qui ne sont consignés ni dans l'Évangile de l'Enfance, ni dans l'Évangile complet .

CHAPITRE XXVI.

Au bout de trois ans ils quittèrent l’Egypte et ils retournèrent en Judée, et lorsqu'ils en furent proches, Joseph redouta d'y entrer, car il apprit qu'Hérode était mort et que son fils Archélaüs lui avait succédé, mais l'ange de Dieu lui apparut et lui dit : « O Joseph, va dans la ville de Nazareth et fixes-y ta demeure. »

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