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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 05:29

Vivre sur une planète animée d’un mouvement de toupie, et en bascule permanente sur son axe, imprime à la vie des hommes, depuis l’origine de la vie sur terre, un certain nombre de cycles qui se superposent, et qui conduisent l’homme à la réflexion. Le premier cycle connu est celui du jour et de la nuit, créé par la rotation du globe terrestre sur lui même en 24 heures. Le jour naît, atteint son apogée au méridien, décline et se couche. La vie de l’homme est aussi faite ainsi. Le second cycle est celui des saisons, provoqué par l’inclinaison de la terre sur le plan de l’écliptique, variable de 23 4 en plus ou en moins par rapport à l’équateur (c’est ce que l’on appelle l’obliquité sur l’écliptique). Quand l’angle d’inclinaison est nul, nous sommes aux deux solstices ; quand il est maximum vers le nord, nous sommes au solstice d’été, le 21 Juin, quand il est maximum vers le Sud, nous sommes le 21 Décembre, pour le solstice d’hiver. L’année commence au solstice d’hiver, dans la nuit, va vers la lumière du solstice d’été, décroît en passant par l’équinoxe d’automne et se termine au solstice d’hiver, « au cul de l’an » comme disent les paysans, c’est à dire à la Saint Jean d’Hiver. Le troisième cycle est beaucoup plus long, c’est celui de la grande année, l’année sidérale, qui s’explique par le lent mouvement de toupie de la terre, que l’on appelle la précession des équinoxes. Le point vernal, c’est-à-dire l’endroit où le soleil traverse l’équateur céleste à l’équinoxe de printemps, le 21 mars, recule dans le temps d’un degré tous les 71.6 ans, soit d’un tour entier en près de 26000 ans. Le soleil, à cet équinoxe, est donc successivement visible dans les 12 constellations du zodiaque en un cycle, la grande année de 26000 ans, ce que connaissaient parfaitement les…Égyptiens ! ! ! Là encore, les ères se succèdent, comme devant apporter les caractéristiques de l’emblème zodiacal à une ère de 2148 ans : après l’ère du Taureau, celles des Poissons se terminent actuellement, et nous entrerons bientôt dans l’ère du Verseau. Là encore, un cycle s’ouvre et se referme, par croissance et décroissance, le tout lié à la géographie particulière de notre planète, petit corps tournoyant régulièrement autour de son étoile moyenne.

L’homme de l’antiquité, comme celui du moyen âge, a toujours calqué les espérances de sa vie sur l’observation de ces cycles, et lié ces évènements cosmiques à l’action d’un dieu géomètre, mesurant et imprimant sa marque à la terre et à ses orbes. Le cycle diurne est le plus immédiat, celui qui permet de se déplacer à la surface de la terre, par exemple, vers l’ouest le couchant ou vers l’est, le levant. C’est vrai en règle générale, car le soleil ne se lève et ne se couche au plein est ou au plein ouest qu’à deux dates dans l’année : ce sont celles des deux équinoxes, lorsque la durée du jour et de la nuit s’équilibrent parfaitement. Le marin qui navigue sans repères terrestre a besoin, pour connaître sa position, de faire un point lorsqu’il est midi vrai, c’est à dire, lorsque le soleil est à son plus haut, c’est la méridienne. Il peut donc en déduire sa hauteur par rapport à l’équateur terrestre par différence d’angle : il connaît donc sa latitude. Sa longitude sera connue par différence avec un top horaire radio lui donnant midi à Greenwich, lorsque lui même sait quand il est midi local, par la hauteur du soleil sur l’horizon. La terre est ronde, et parcourt 360 en 24 heures : après c’est un jeu d’enfant ! On peut connaître le temps et l’heure avec un simple bâton planté verticalement en terre : à midi, l’ombre est la plus courte, mais ce plus court n’est le plus court que le 21 Juin, et le plus long le 21 Décembre. A l’équinoxe de printemps, l’ombre du bâton au lever du soleil est dans le prolongement de l’ombre de ce bâton le soir, à son couchant, quand les levers et couchers sont exactement symétriques par rapport au lieu. Bien entendu, nos ancêtres savaient tout cela, et les plus récents, les Celtes, l’utilisaient couramment. Ceux-ci y ont introduit une notion conduisant à décaler leurs grandes fêtes religieuses au milieu des grandes périodes, par leur observation de la marée, qu’ils connaissaient bien, et également de la marée de lumière, c’est-à-dire l’allongement de la durée du jour, par rapport à l’avancement dans la saison, du solstice d’hiver au solstice d’été. Tout mouvement circulaire engendre une sinusoïde de croissance et de décroissance, qui fait que l’amplitude maximum d’un mouvement se situe au milieu de la période. Ainsi, la puissance maximum du courant de marée montante se situe à la troisième et quatrième heure de montée, pour diminuer, selon le rythme : 123 321. Les celtes n’ont donc pas placé leurs fêtes aux solstices et aux équinoxes, mais au milieu des périodes allant des uns aux autres. Les Maçons fêtent la Saint Jean d’Hiver, et la Saint Jean d’Été, la première étant, compte tenu des cinq jours épagomènes, le début de l’année nouvelle. Les celtes commencent leur cycle annuel à la fête de SAMAIN, le 1er Novembre, soit 40 jours après l’équinoxe d’automne du 21 Septembre, et fêtent le début de l’été le 1er Mai julien, soit à la fête de BELTAIN. De fait, le 1er Mai, c’est le milieu de la période conduisant de l’équinoxe de printemps, le 21 Mars, au solstice d’Été, et c’est le moment où les jours rallongent le plus vite. De même et symétriquement, au premier novembre, les jours raccourcissent à la même vitesse. Les Celtes célèbrent donc des flux, et non des positions astronomiques. C’est la raison pour laquelle ils vouaient un culte aux arbres et aux forêts, qui montraient clairement l’existence de ces rythmes par la montée de la sève liée à l’accroissement de la lumière solaire. L’observation de ces divers rythmes a conduit ces civilisations à les extrapoler pour les appliquer à la vie de l’homme, sa vie sur terre, mais également à sa vie dans l’au-delà : puisque la vie de l’univers est composée de rythmes circulaires, allant de croissance à décroissance, c’est donc que l’Homme, dont le Microcosme est intimement lié à ce Macrocosme, doit subir les mêmes passages : naître, croître, décroître, mourir, …et renaître…

Un texte des Mabinogion nous dit ceci : « Il y a dans cette mer une île dont le sable est d’or, et il y a une autre mer que l’on voit monter de BELTAIN à SAMAIN, et descendre de SAMAIN à BELTAIN, c’est à dire une moitié de l’année à croître et une moitié de l’année à décroître… Les bêtes de cette mer et les baleines crient aussi longtemps qu’elle monte et se taisent aussi longtemps qu’elle descend… » Comme le jour renaît après la mort de la nuit, de même l’âme immortelle de l’Homme passe sur le même théâtre après une plongée dans l’au-delà. Comme le jour rallonge après la grande nuit de l’hiver, l’homme revient à la jeunesse du printemps après sa mort au cœur de son hiver. Après la mort la vie, après l’hiver le printemps… Puisque nous sommes presque à la fin de l’année celte, je voulais donc vous parler du chemin qui conduit de l’Équinoxe d'Automne, le 21 Septembre, au Solstice d’hiver le 21 Décembre, en passant par la nuit du 31 Octobre au 1er Novembre, la Nuit de SAMAIN, nuit où tout est possible, puisque c’est celle ou les deux mondes peuvent communiquer, où les vivants ont accès au domaine des morts, et où les morts de l’année vont apprendre leur destination dans l’au-delà. A l’Équinoxe d’automne, les jours raccourcissent à toute allure, plus de 4 minutes par jour. La température moyenne diminue, les grandes perturbations atlantiques commencent à bousculer l’anticyclone des Açores, qui se retranche prudemment dans sa niche d’hiver. C’est l’époque des labours et des semailles, c’est le retour des troupeaux dans les étables après les pâturages d’été : le cycle des travaux des champs est terminé : les récoltes sont faites et engrangées pour la période froide. C’est l’époque où l’année agricole commence, avec les renouvellements des baux, à la Saint Michel, le 28 Septembre. Le plus fort de cette décroissance intervient le jour de la Toussaint, qui est aussi celui de la Fête de SAMAIN, nous y reviendrons. C’est le premier jour de l’année celtique. Enfin, nous arrivons, à la Saint Jean d’Hiver, le 21 Décembre, le Saint Jean Évangéliste, celui qui a écrit le Prologue, hymne à la Lumière, celle qui vient éclairer tout homme venant dans ce monde. Réfléchissons à ces mots, mes Frères : Tout Homme VENANT dans ce monde, venir au monde comme on irait ailleurs… C’est le jour le plus sombre, le plus noir, celui de l’Hadès des anciens, mais qui contient la graine de lumière, l’espérance de croissance, la certitude des jours clairs. C’est la véritable fête de l’Ordre Ecossais, celle qui devrait avoir le lustre le plus éclatant, car c’est le jour où l’on a l’assurance que tout ira mieux demain… Dans notre Ordre, il est d’ailleurs une autre cérémonie où après l’extinction par le mal, il est une résurrection par la Lumière. Ce sont des constantes en Maçonnerie. Ainsi donc, la Saint Jean d’Hiver, célébrée par les Maçons opératifs comme par nous, est similaire à la Fête de SAMAIN, celle des anciens celtes : c’est le début des deux cycles annuels de deux civilisations différentes quoique toutes deux fort religieuses, la civilisation des pierres Brutes, et la civilisation des pierres Taillées. Dans la nuit de SAMAIN, l’inter monde était ouvert, les morts pouvaient communiquer avec les vivants. Cette nuit leur était dédiée, et était une occasion de leur rendre hommage, car si ce n’était le cas, les défunts pourraient venir tourmenter les vivants. Un signe majeur vient ponctuer l’analogie des deux dates : dans la nuit de SAMAIN, chacun devait éteindre le feu dans sa hutte. Puis, un grand feu sacré était édifié, et chacun devait prendre une braise à ce foyer pour garder le feu toute l’année jusqu’à la SAMAIN suivante. Chacun devait garder soigneusement et entretenir ce feu sans le perdre, toute l’année. La Tradition Irlandaise parle du Grand Feu Sacré établi au Centre, et qui devait allumer tous les foyers du pays… Les Gaulois se grimaient et s’habillaient de vêtements curieux propres à effrayer et désorienter les défunts qu’ils rencontreraient cette nuit-là. On y sacrifiait deux taureaux blancs, après la cueillette du gui. « Au gui l’an neuf ! ! ! ». Pour mieux communiquer avec les trépassés, les Celtes buvaient force barriques de bière, de vin importé de méditerranée et d’hydromel. Il est sûr qu’ils devaient avoir des visions… C’est le pape Grégoire III, au VIIIème siècle après JC qui a placé la Toussaint le Jour de SAMAIN, pour christianiser cette fête, toujours en vigueur dans la France de Pépin le Bref… Enfin, c’est la nuit du Jugement pour les Morts de l’année : le Dieu des morts devait rassembler les âmes des décédés, et les informer du sort qui leur était réservé. Il pouvaient parcourir le SID, c’est-à-dire le séjour des héros et des fées, ou bien aller au Pays des Jeunes Gens, le TIR NA NOG ou terre de promesse, ou encore commencer leur séjour dans une rivière mystérieuse ou au fond d’un lac. Dans le cycle du Roi Arthur, c’est l’Ile d’Avallon, où Arthur mortellement blessé se retire en compagnie de la Fée Morgane, en attendant l’heure du retour. Mais les morts peuvent aussi être condamnés à errer sur la Mer, comme BRAN, ou bien au fond des forêts. Dans tous les cas, la bravoure au combat est gage d’un heureux séjour dans l’au-delà. Voilà mes Frères, le cycle est achevé, la boucle est bouclée. Nous sommes à la Toussaint - ou à SAMAIN, comme il vous plaira : c’est le moment de penser à ceux qui nous ont précédé sur ce manège, et qui ont accompli leur temps avant le nôtre. Pensons à ceux qui croissent, alors que nous diminuons, comme le jour qui raccourcit. Pour les Maçons spéculatifs, mais spiritualistes que nous sommes, nous nous situons dans cette tradition d’espérance qui nous indique le jour après la nuit, le printemps après l’hiver. SOLVE / COAGULA, est-il écrit dans nos cabinets de réflexion, dans lesquels, au cœur de la Terre, nous laissons pourrir le Vieil Homme. Il faut se dissoudre pour se reconstruire, chaque chantier nous apprend l’œuvre, car c’est ainsi que l’Humanité progresse… Demain sera un autre jour, car après minuit, il sera midi…

J’ai dit,

Très Vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

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Published by P\ C\ - dans Planches
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