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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 05:53



DATE
Apparition tardive au XIIe siècle en Espagne.
Non mentionné dans les deux Talmuds.
Aucune mention dans la littérature mystique gaonique.
Le Eh’kol haKofér (1148) de Juda Hadessi, qui fait une synthèse complète des
textes du judaïsme ne le mentionne pas.

APPARITION
Todros Halevi (1234-1304) (Todros Aboulafia). Cite deux passages dans Otsar
haKavod (p 36a) : « J’ai vu un midrash ».
Zohar = Midrash Vayéhi aur. Todros présente le texte comme une nouveauté.
Au début du XVe siècle (fin XIV) Ménah’ém Récanati est surpris par l’apparition
de cette œuvre et cite de nombreux passage dans son Taamé Mitsovoth.
D’autres auteurs citent le texte à partir de Récanati sans jamais avoir vu le
livre.
Voir enquête d’Isaac d’Acco, in Hockmah N°12, pages 4 à 6.

PREUVES DE SA REDACTION TARDIVE
Le Zohar fait allusion aux croisades (II 32a) : « Rabbi Josué et R; H’iyah
étaient en chemin. R. Josué dit à R. H’iyah : Pourquoi ne parles-tu pas ? R.
H’iyah gémit et pleura et (prenant le texte de la stérilité de Sarah et de la
naissance d’Ismaël à Agar), il dit : Malheur sur le temps où Ismaël est né, où
il est entré par la circoncision dans l’alliance de Dieu. Que fit Dieu ? il dut
donner aux enfants d’Ismaël une part de la Terre Sainte... et ils sont destinés
à déchaîner des guerres terribles. Les fils d’Edom (= Rome, le paganisme,
Christianisme) se rassembleront et se feront la guerre, une guerre par mer, une
guerre par terre et une dans le voisinage de Jérusalem ; les uns triompheront
des autres, mais Terre Sainte ne sera pas livrées aux enfants d’Edom. » « En ce
temps là un peuple venu des extrémités de la terre se lèvera contre Rome chargée
de crimes, l’accablera de guerres pendant trois mois ; là les guerriers
s’amasseront et tomberont en sa main jusqu’à ce que tous les enfants d’Edom se
soient unis contre lui (c’est-à-dire le christianisme ait appelé les tous
croisés). »
Il connaît le calendrier lunaire musulman (III 188) : « La lune est un bon
augure et un mauvais augure ; la pleine lune est un bon augure et la nouvelle
lune un mauvais augure. C’est parce qu’elle est à la fois un bon et un mauvais
augure que les fils d’Israël et les fils d’Ismaël l’ont prise pour leurs calculs
astronomiques . »
Il connaît le nombre de voyelles et les accents hébreu (I:15b et 24 b).
Il appelle la science grammaticale Dikdouk, terme qui n’apparaît pas avant le Xe
siècle.
Le Zohar cite des textes datés avec certitude entre le Xe et le XIIIe siècle.
Exemple :

1. le Zohar (III 161a, 221 b) correspond au Kouzari (II 36), où le Zohar associe
Israël au coeur de l’humanité.
2. Association des ténèbres de la Genèse avec le Feu élémentaire (I, 16a), comme
le Rambam dans le Guide, cette idée est bien attribuée au Rambam par St. Thomas
d’Aquin.
3. Il utilise l’expression « Cause des Causes » = Ilath Haîloth, créée pour la
traduction tibonienne du Guide.
4. Au moyen-âge les rabbins écrivaient l’araméen chaldaïque plus facilement que
l’hébreu, à cause de la terminologie du Zohar. Ramban écrivait ses poésies
d’introduction en chaldéen. Luzzato montre que l’araméen du Zohar n’est pas
celui de Daniel, ni d’Ezra, ni des talmuds mais une langue corrompue.
5. Dans « Pasteur fidèle » (III, 82b), le Zohar cite un passage du Kéter
Malkouth, d’iBn Gabirol, relatif au éclipses, oubliant le chaldéen pour citer
l’hébreu de l’édition.
6. Les dates du Zohar pour l’avènement du Messie correspondent à celles de la
vie de Moïse de Léon (I, 116b) : 60e jour du 6e millénaire = 5060 = 1300. 66e
jour du 6e millénaire = 5066 = 1306.
7. Moïse de Léon n’est pas le seul auteur du texte. C’est un midrash
kabbalistique composé pour donner ses sources antiques à la Kabbale.
8. Le Zohar est un agrégat de divers textes et n’a pas de véritable cohésion.

LE NOM : ZOHAR
Le nom ZOHAR vient du verset de Daniel 12:3 : « Les intelligents (maskilim)
brilleront (yazahirou) comme l’éclat (Zohar) du ciel (raqia)».
Antérieurement Zohar désigné les adaptes du gnosticisme, ou les esprits les plus
profonds, plus pénétrants que la masse. Le but des auteurs et de refouler le rationalisme et de revenir à la
clairvoyance, à l’intuition de la foi.
Il les possible que le nom Zohar soit une tentative de parallèle avec le Bahir.

STRUCTURE
Fragments indépendants
1. Le Livre des Mystère (Sifra Ditsénioutha)
2. La Grande Assemblée (Idra Rabba)
3. La Petite assemblée (Idra Zouta)
4. Les Mystères des Mystères (Raze deRazim)
5. Les Palais (Séfer Heikhaloth)
6. Le Pasteur Fidèle (Raya Nehemna)
7. Les secrets de la Torah (Sitré Torah)
8. Le Midrash occulte (Midrash Haneelam)
9. La spéculation du Vieux (Saba)
10. La spéculation du jeune (Yénouka)
11. Matnitin
12. Tossefta
13. Et englobant le tout, le Zohar proprement dit


Puis viennent les opuscules qui délayent le Zohar
1. Le nouveau Zohar (Zohar H’adash)
2. Le Zohar du Cantique des Cantiques (Zohar Shir haSHirim)
3. Les anciens et nouveaux suppléments (Tikounim)
Les livres des Mystères, La grande et la petite Assemblée, formant un groupe
plus ancien car le terme Ein Sof n’apparaît pas et Yessod est appelée Tsadiq.
Très empreints de Shiour Qomah.

LA METHODE DU ZOHAR
La méthode du Zohar c’est l’allégorisme. Passage de la réalité au mythe et du
mythe à la réalité. Tout l’univers n’est qu’une gradation d’émanations.
Citation(III 149b) : « Les récits sont faits pour servir de prémice à une
induction plus haute ».
Lecture Zohar III 71b.
La méthode du Zohar ce trouve dans ce passage : « Malheur à celui qui croit que
la Torah ne contient que des récits commun et des paroles ordinaires, car s’il
en était ainsi, nous pourrions encore de notre temps composer une loi beaucoup
plus admirable... Il est évident que dans chaque parole gît un mystère profond
et le monde inférieur et supérieur sont pesés sur la même balance (c-à-d Mais
tout ce qui vient d’en haut doit tout d’abord, pour devenir accessible, revêtir
une enveloppe mortelle. Les anges envoyés sur la terre n’ont-ils pas pu prendre
des vêtements humains, autrement ce monde n’aurait pas pu les recevoir ? Comment
alors la Sainte Torah, laquelle est tout entière destinée à notre usage,
pourrait-elle se passer de vêtements ? Eh bien ! les récits sont le vêtement...
Il y a des hommes qui, lorsqu’il voient un de leurs semblables bien vêtu, se
contentent de cette vue et prennent le vêtement pour le corps. A plus forte
raison ne recherchent-ils pas et n’apprécient-ils pas l’âme qui est encore
supérieure au corps. Il en est ainsi pour la loi divine : les récits constituent
son vêtement, la morale qui en ressort est son corps, enfin le sens caché,
mystérieux est son âme... Les simples ne prennent garde qu’au vêtement et ne
voient pas ce qui est en dessous. Ceux qui sont supérieurs cherchent le corps.
Les sages et les initiés, au service du Roi d’en-haut, ne considèrent que l’âme
qui est la racine de toute loi. De même aussi pour les choses d’en haut, il y a
un vêtement, un corps et une âme. L’âme des choses est ce qui se rapporte au
ciel.... »

Citation Zohar II,99 : « Semblable à une belle cachée dans l’intérieur de son
palais, qui, tandis que son bien-aimé passe, ouvre un moment une issue secrète,
par laquelle elle n’est vue que par lui et disparaît à nouveau et pour
longtemps, ainsi la doctrine ne se montre qu’aux élus et elle ne se montre pas
au même degré à tous les élus. Au début, elle fait signe avec la main au
passant, il s’agit alors de voir le signe, c’est la méthode que l’on appelle par
allusion (Remez) ; plus tard, elle approche un peu plus près, murmure quelques
paroles, mais son visage est couvert d’un voile épais que les regards ne peuvent
pénétrer, c’est la méthode que l’on appelle méthode d’interprétation (Derash) ;
plus tard encore, elle s’entretient avec l’élu, le visage recouvert d’un voile
fin, c’est la méthode aggadique ; enfin quand il s’est enfin habituer à son
commerce, elle se montre face à face et lui confit les derniers reflets de son
coeur, c’est la méthode mystique. L’initié comprend alors que tous ses
différents sens occultes sont latents au fond du sens littéral (Peshat) et qu’on
a rien retranché ni rien ajouté.... »
Méthode de « La vision par le miroir éclairé indirectement » et « la vision par
le miroir éclairé directement » = Symbolisé par le Visage extérieur et le Visage
intérieur » (Z. II 23b).
Expérience du Zohar, 3 périodes :
1. Période intuitive (3 degrés) : Yeux ouverts pupilles dilatées - Yeux mis clos
(ouverts et fermés), vision claire, vision sombre - Yeux fermés, vision d’un
éclat suprême.
2. Période d’Amour, la fixation sur l’objet de son amour, jusqu’à ne plus rien
voir d’autre.
3. Période d’Extase - Dans la Grande Assemblée (122b) : « J’étais plongé, dit R.
Shiméon Bar Yoh’aï, dans l’extase contemplative et je vis un rayon sublime de
lumière étendre son éclat sur 325 cercles et quelque chose d’obscur se baigner
dans cette lumière...Puis ce point obscur, revêtu maintenant de lumière, nagea
vers la mer profonde et sublime, où aboutissent toutes les splendeurs. Et je
demandai : Quel est le sens de cette vision ? C’est le pardon du péché que tu as
vu. »
La Bible décrit des états d’extase de certains prophètes, toutefois il sont
assez violents. Le Zohar recommande ces moyens d’accès à l’extase mais pense que
pour les mystiques véritables, capable de se dégager de la matière et de monter
au ciel en esprit, il y a un autre moyen bien plus efficace, c’est d’écouter les
choeurs d’anges et les harmonies des Séphiroth (Voir Zohar II 65 a).
Les enseignements sont péripatéticiens, en promenade ou en voyage (voir Zohar
III 202 b).

LA DOCTRINE
Conception peu uniforme de Dieu. Dieu est un Néant pour l’esprit humain.
Distinction entre le Dieu (en soi), invisible, inaccessible et le Dieu créateur.
Dieu en Soi c’est l’Ein Sof, l’Ancien des Anciens, Mystère des Mystères, Long
visage. Zohar I 21a : « Ce premier de là-bas que personne ne peut méditer, ni
connaître, parce qu’il est enveloppé dans une pensée cachée et une idée
incommensurablement élevée au-dessus de la perception d’une pensée humaine,
n’ayant rien à quoi cette pensée puisse s’attacher, n’offrant aucune prise ni
pour l’ignorance qui questionne, ni à plus forte raison pour la connaissance qui
affirme - C’est l’Ein-Sof. »
Les noms de Dieu sont fictifs créés par l’humain.
Ein-Sof est la négation du Sof, c’est Kéter.
Les dénominations de Dieu n’apparaissent qu’avec la création. Ils sont
postérieurs à la création.
Avant la création on ne peut même pas nommer Dieu à l’aide d’une lettre. Ce
n’est que lorsqu’Il a créé une chose, que celle-ci peut le nommer.

Ein-Sof et Ein ne désigne pas proprement dit le Dieu en Soi, la seule
appellation que l’on peut trouver c’est Qui ? (Mi). Car avant que la forme ne
fut créé Dieu ne ressemble à rien. Deut. 4:15 : « Vous n’avez vu aucune figure
le jour où l’Eternel vous parla », (voir Zohar II 112b) - Zohar II 105 : «Lorsque tout était encore enveloppé en lui, Dieu était le mystérieux par les mystérieux, il était sans nom. Le seul terme qui lui convint eut l’interrogation : Qui ? »
Le passage de l’invisible au visible est le passage du Grand au Petit visage.
Sifra diTsénioutha (passim) : « Il y a un crâne rempli de rosée avec une
membrane éthérée, transparente et invisible. La laine abondante des cheveux
tombe avec symétrie. Puis vient un front sur lequel repose l’amour et qui est
accessible aux prières des hommes. Puis vient un oeil toujours ouvert et en
éveil, dont les regards versent la sollicitude sur les choses d’en bas. Puis
viennent deux narines d’où jaillit l’esprit de vie pour l’univers entier. » ·
Dans la Grande Assemblée nous retrouvons des traces du Shiour Qomah et du
mysticisme gaonique : « L’éclat de la tête étincelle en 400 000 univers, de son
crâne se développe chaque jour 13000 myriades de mondes tous soutenus par lui...
La longueur du visage se développe en 370 myriades de mondes. C’est le Long
visage. Lorsque le Petit visage se tourne vers lui, l’ordre s’établit dans les
sphères inférieures... Du crâne s’étend un brillant cercle de lumières qui se
répand sur le Petit Visage et de là dans les mondes inférieurs. Chacun reçoit un
reflet de l’éclat suprême de l’Ancien des anciens... La membrane couvre le
cerveau qui révèle la Hockmah mystérieuse. Cette Hockmah est impénétrable parce
que la subtilité de la membrane ne présente aucun aspect visible. Aussi le
cerveau du Long Visage demeure t-il en repos dans une sérénité inébranlable,
comme le bon vin sur la lie... Mais dans le Petit Visage la membrane ne serre
pas le cerveau de si près et il se ramifie en 32 voies de Hockmah
perceptibles... De la tête tombent en bon ordre des myriades de boucles
blanches, de manière qu’aucun fil ne dépasse l’autre... ; chaque boucle se
compose de fils innombrables, et chaque fil rayonne en une multitude de cercles
lumineux. Tous les fils tirent leur suc du cerveau du Grand Visage. Chaque
cheveu est un canal ayant son point de départ dans le cerveau obscur et
invisible... Le front est le symbole de l’amour primordial. La grâce du petit
visage en dépend... Les yeux aussi sont le symbole du Grand et du Petit Visage ;
ils sont en réalité comme un seul oeil, car ils convergent vers un seul point
lumineux. Le rayon qui en jaillit pénètre toute chose de son reflet. Tout
d’abord, il éclaire trois lumières, la Gloire, la Majesté et la Volupté. Ils
brillent d’une joie parfaite. Puis un second rayon répand son éclat partout et
produit par son reflet d’autres lumières, la victoire, la grâce et la beauté.
Elles brillent d’un volupté parfaite. Un troisième rayon sort lumineux de
l’obscurité du cerveau et son reflet allume d’autres lumières par lesquelles
s’allument toutes les lumières inférieures... L’oeil inférieur ne peut acquérir
toute la pureté de son éclat que par l’oeil supérieur. Si de cet oeil supérieur
l’oeil inférieur n’est pas baigné et purifié, le monde ne peut pas subsister un
seul instant... Dans l’oeil inférieur et de couleur rouge mélangée de blanc et
de noir, l’oeil supérieur est d’une blancheur intense... Le nez surtout
caractérise la distinction de l’Ancien et du Jeune. Chez l’un, le nez ne donne
que ce qu’il reçoit d’en haut, et il répand aussi des flammes destructrices... »
Le Long visage est invisible, mais c’est par les rayons issus de lui que le
Petit visage devient visible.
7 Formes du petit visage : 1 - Crâne 2- Rosée (matière humide) 3-Membrane qui
enveloppe le cerveau 4-La face extérieure 5- Le Front 6- L’oeil 7-Le nez
= Les 7
Séphiroth inférieures.

3 premières Séphiroth = 3 Lobes cérébraux. · L’oeil du haut est d’une blancheur
intense, unifiant toutes les couleurs. · La barbe est faîte de 13 fils blancs =
13 voies de l’Exode 34:6-7 « Yhvh passa devant lui et il cria : « Yhvh Yhvh El
Rah’oun veH’anoun Éréq apayim veRav H’essed veÉméth Notsér H’essed laAloufim
Nossé Avon vaPésha veH’ataah veNaqé » "Yhvh, Yhvh, Dieu de tendresse et de
pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité; qui garde sa grâce à des
milliers, tolère faute, transgression et péché mais ne laisse rien impuni ».
Dans le Zohar III 288a : « L’Ancien des Anciens, l’Inconnu des inconnus a une
forme et n’a pas de forme. Il a une forme par laquelle l’univers se maintient et
il n’a pas de forme puisqu’il ne se rencontre sous aucun aspect convenable.
Lorsqu’il prit une forme, il fit rayonner 10 lumières éclatantes, qui brillent
par lui, en tout sens une splendeur merveilleuse. Représentons nous un flambeau
avec son rayonnement : si nous approchons pour percevoir les rayons, nous ne
trouvons rien quant à leur nature si ce n’est qu’ils émanent tous de ce flambeau
supérieur, caché et impénétrable. Nous ne le trouvons que dans les rayons épars,
en partie visible et en partie invisibles.... »
Elohim = Eléh + mi. Présence de Dieu dans l’univers - Yhwh = Le maintien et la
durée.

Le nom Yhwh Elohim, représente la tentative d’Elohim de se fondre en Yhwh, pour
former Dieu 1 (Shémâ Israel). C’est ainsi que le Zohar explique le passage de
Zacharie 14:9 : « En ce jour Dieu sera Un et son nom sera Un » (voir Zohar III
105,1).

Maïmonide (Guide I,61) : « Tous les noms divins représentant très bien en ce
point les autres théologiens, qui se rencontrent dans les Saintes Ecritures,
sont dérivés des actions divines ; un seul, le Tétragramme, lui est propre et
désigne l’individualité divine à l’exclusion de toute autre association... Ainsi
tous les autres noms ne sont nés que postérieurement à la création, et cela
nécessairement puisqu’ils se rapportent à des actions se produisant dans
l’univers, tandis qu’à Dieu en Soi ne convient pas un nom dérivé, mais un nom
unique et propre... »

L’UNIVERS
Le Zohar pose le même problème que le néoplatonisme, qu’Ibn Gabirol, qu’Ezra et
Azriel, qu’Isaac l’Aveugle :
1. Possibilité à l’Ein Sof de donner naissance au Sof.
2. Possibilité à l’invisible de devenir visible.
Le Problème du Zohar est de :
1. Maintenir l’opposition tout en la supprimant.
2. Maintenir l’Abîme entre le divin et le non divin tout en les unissant.
3. Faire du non divin du divin, sans faire du divin du non divin.
Il ne donne pas une solution mais en propose plusieurs.
La solution la plus générale consiste en la médiation, l’équilibre de la
Balance, citer la Siphra di Tsénioutha.
1. Ces oppositions avaient été relevées par le Sépher Yetsirah (voir S.Y.).
2. La Face regarde la Face. Le Grand Visage regarde le Petit Visage. Il y a là
la notion de créer en permanence ce que l’on regarde. Si le grand visage ne regarde pas le petit, ce dernier n’existe pas.
3. Les rois sont MLK, médiateurs = Séphiroth (Relever le lien entre roi et
ange). (Voir Siphra di Tsénioutha : Rois antérieurs). Les rois antérieurs sont
les médiateurs qui ne peuvent subsister et qui retourne immédiatement au néant.
La Balance est le premier point visible que nous rencontrons dans le Zohar I.
Elle est la condition du maintien des choses. Sans elle tout retournerait au
Néant, ou n’aurait jamais commencé.
Dieu (Ein) n’a pas pu créer directement le Sof, il n’a pu le faire qu’indirectement à travers des intermédiaires.
La Grande Assemblée raconte qu’après avoir créer les dessins et les contours
(forme tsélem), il étendu ex-nihilo une couverture devant lui (espace, Elohim
créa le ciel et la terre) sur laquelle il tailla et grava les rois, les diadèmes
(attributs royaux, les types). Le Zohar 1 écrit Lorsque le Mystérieux des
Mystérieux, voulu se révéler il fit d’abord un point.... (Lecture Zohar I 29,a
et II 42,b).
Le point est la substance première. ·
Le système de création du monde à travers
les 22 lettres du Zohar, se calque sur celui du Sépher Yetsirah.
(Lecture Zohar
III 65b : passage de Yod à Alef - Voir aussi I 21a et 26b). Sur alef voir I,24ab
- III,73a 204a 223b)
La lettre Beith est le début de la Torah et le but de la création. Elle est le
fondement du principe mâle et du principe femelle, c’est elle qui établit la
division sexuelle parmi les autres lettres et de l’union de tous les couples
jaillit l’univers. (I 29a - III 35b - cf pour les autres lettres : I3b ; 93a -
II 148b - 235b - III 47b ; 48b ; 93a ; 152b ; 191a ; 245b).
Avec l’apparition des lettres apparaissent en même temps la substance qui sera
la matière du monde et les principes qui président au développement de cette
substance. Ainsi les multiples manipulations des lettres sont le maniement de la
substance.

L’EMANATION
La première question est de savoir comment ce point est apparu. On ne répond pas
par la doctrine de la Création mais par celle de l’émanation qui fait découler
les choses d’un principe supérieur.
Cet écoulement peut se présenter sous deux formes :
1. ou cet écoulement est le résultat d’une nécessité intérieure et il est
éternel, comme dans les traditions d’Inde, néoplatonicienne, Zoroastrienne,
l’émanation à dans ce cas pour conséquence inévitable l’éternité du monde. 2. ou
cet écoulement ne naît pas d’une nécessité intérieure mais est l’effet de la
libre volonté de Dieu.
2. Le Zohar ne voulant pas renoncer à l’émanation ni à l’éternité de Dieu, il
place cette émanation sous la loi du temps. Il parle d’émanation dans le temps,
c’est pourquoi il écrit : Zohar I22.

LA CONCENTRATION
Dieu étant Ein-Sof, c’est-à-dire remplissant tout, comment y a-t-il place pour
le Sof ? Ici le Zohar fait appel à une doctrine antérieure qu’il adapte à ses
desseins. Le midrash avait admis la possibilité pour Dieu de ce concentrer, ceci pour
expliquer les passages de l’Exode 25, où Dieu veut résider dans un temple, où il
siège sur emplacement encore plus réduit. (La construction du temple c’est la
pratique de la concentration).
Puisque Dieu est Ein-Sof, puisqu’il est la substance infinie de l’espace infini,
le lieu de l’univers (Maqom) n’a pu apparaître qu’après une concentration de
Dieu sur lui-même.

Dieu se retire au centre et l’émanation va du centre vers la périphérie. Les
différents ordres émanés s’enveloppent comme des cercles circonscrits. Se sont
les écorces autour du noyau (les écorces de noix dont les brisures forment les
Qlipoth) : «Lorsque le roi Salomon descendit dans les profondeurs du jardin des
noyers, ainsi qu'il est dit: « Vers le jardin des noyers je suis descendu »
(Cant.6:11), il ramassa une coquille de noix et médita toutes ses membranes. Il
comprit alors que tous les plaisirs que procurent les souffles mauvais, que les
écorces de noix représentent. n'ont d'autre fin que de leur permettre de
s'attacher aux hommes pour les souiller. Ce qu'exprime: « Les plaisirs des fils
de l'homme (proviennent) des démons » (Ecc.2:8). Mais encore: « Les plaisirs des
fils de l'homme », qui jouissent pendant le sommeil de la nuit, pro-duisent des
démons. Il était nécessaire au Saint, béni soit-II, de disposer de tout cela
pour créer le monde, les écorces étaient indispensables pour mettre en ordre ce
dernier, car elles possèdent toutes un cerveau en leur intériorité. Combien les
écorces qui abritent un cerveau sont-elles nombreuses ! Chaque monde est formé
selon ce principe, tant le monde de l'En-haut que celui de l'En-bas. Depuis le
frémissement initial du point suprême, jusqu'aux confins des choses, elles sont
[20a] toutes des enveloppes les unes pour les autres, cerveau à l'intérieur d'un
autre cerveau, souffle au-dedans d'un autre souffle, ainsi emboîtés, l’un est
écorce pour l'autre et ainsi de suite. Le point suprême, c'est la lumière
intérieure qui n'a pas de mesure. Aussi est-il impossible d'en connaître ne
serait-ce que la transparence, la finesse, la pureté. Si bien que s'en déploie
un déploiement; le déploiement de ce point devient un palais qui l'enveloppe,
lumière inaccessible tant est immense sa transparence. Le palais qui est comme
un vêtement pour le point enclos, est aussi une lumière sans mesure, mais il
n'est pas aussi fin et diaphane que le point primordial, dissimulé et caché. Ce
palais déploie un rayonnement de lumière primordiale, et ce déploiement à son
tour sert de vêtement au palais qui est plus fin, plus transparent et plus
intérieur. A partir d'ici et au-delà, l’un se déploie de l'autre, et cet autre
se revêt d'un autre, jusqu'à ce que l'un devienne vêtement pour l'autre, et ce
dernier pour encore un autre: l’un est cerveau, l’autre est écorce, et bien
qu'il soit enveloppe, il est cerveau à un autre niveau. Tout est construit selon
cette règle, ainsi en est-il dans l'En-bas, aussi est-ce dans « cette
ressemblance » qu'est l'homme dans ce monde, à la fois cerveau et écorce,
souffle et corps, et tout est mise en ordre du monde. Lorsque la lune était avec
le soleil dans une unique étreinte, elle était éclairante. Dès qu'elle se sépara
du soleil et qu'elle fut placée à la tête de ses armées, elle se diminua
d'elle-même et sa lumière s'amoindrit: alors furent créées écorces sur écorces
pour protéger le cerveau. Tout ceci visait la mise en ordre du cerveau, c'est
pourquoi il est écrit: « qu'il y ait des luminaires » avec une absence et cela
pour la restauration du monde, ce qu'expriment les mots: « pour éclairer la
terre » (Gen.1:15). »
Empédocle possède une théorie des écorces semblable : « L’Ame végétative est
l’écorce de l’âme animale et vitale, celle-ci l’écorce de l’âme rationnelle,
etc. Tout ce qui est inférieur est une écorce de ce qui est supérieur, est le
supérieur est le noyau ». Ibn Gabirol s’est inspiré de cette source et le Zohar
d’Ibn Gabirol.
Les écorces sont la dégradation de la lumière initiale, les limites successives
du rayonnement divin.
« Les lumières se suivent dans un ordre tel que celles qui reçoivent sont
toujours plus obscures que celles dont elles ont reçu ; mais devant la Cause des
Causes, aucune lumière ne demeure. Devant son éclat tout est ténèbres. »
« L’univers est l’enveloppe, le vêtement de Dieu. »
Rambam avait déjà interprété dans ce sens le verset Exode 33:23 : « Tu me verras
de dos, tu ne peux pas me voir de face », où l’écriture entend, d’après lui, que
Moïse ne put contempler que l’oeuvre divine qui est son vêtement. (Guide I,
21-58 - Zohar I,2a)
Pour le Zohar l’univers est en partie émané et en partie créé. Pour expliquer
cela le Séfer Yetsirah emploi quatre expressions, tirées de la sculpture Tracer
(contours), tailler, graver, parachever (polir). Ibn Gabirol attire l’attention
sur trois verbes dans un passage d’Isaïe 43:7 : Tout ce qui porte un nom c’est
pour moi, pour ma gloire que je l’ai créé, formé et fait ».
Pour le Zohar seul le premier monde, le monde des Séphiroth (atsilouth), est
émané, mais à l’apparition des trois autres préside un mode de production de
moins en moins parfait,
ce qui marque les mots d’Isaïe.
Le Zohar et le Sépher Yetsirah, pensent à sculpture, où il faut d’abord créer le
bloc, d’ébaucher la forme, de dessiner le modèle et de sculpter le détail.
Les citations du Zohar sont tirées, en général, pour le Zohar 1 de la traduction
de Charles Mopsik chez Verdier et, en attendant la suite de la traduction de C.
Mopsik, pour Zohar II et III, de la traduction de Jean de Pauly.

Source : http://virya.free.fr/Textes/Cours1zohar.htm

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