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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 11:46

Le langage direct est incapable d’exprimer pleinement et complètement les pensées. S’il répond aux besoins immédiats de l’Homme, il est néanmoins insuffisant pour présenter en un grand ensemble une idée avec ses développements, ses corollaires et ses analogies. De même que les sentiments et les passions sont mieux décrits par les langages immatériels qui s’adressent directement au coeur, comme la musique et la peinture, de même les conceptions métaphysiques sont mieux développées et plus complètement exprimées par les allégories et les figures matérielles appelées symboles.
Un drame, lu dans un cabinet de travail, ne peut produire l’effet terriflant Si grandes que soient l’imagination du lecteur et son expérience en matière dramatique —de son interprétation par des acteurs complètement pénétrés de leurs rôles ; car, à la lecture, l’esprit, le principe vital du drame, ne peut pas empiéter sur la lettre, ni même se manifester par le moyen de la lettre.
Dans chaque idée, qu’elle soit exprimée par la parole ou par l’écriture, il est nécessaire de considérer la forme et le motif premier, la lettre et l’esprit, l’enveloppe matérielle et l’essence spirituelle, ou, suivant le langage des Mystères, l’exotérisme et l’esotérisme.
Le Langage direct et précis ne peut rendre une pensée que dans sa forme extérieure et incomplète. la nature grossière et indocile de nos langues occidentales, combinée avec la rigidité de notre système alphabétique représentant non des idées, mais seulement des sons, empêche entièrement l’essence de la pensée de s’ouvrir un chemin à travers la pure succession de mots constituant ce qu’on appelle une phrase grammaticalement construite.
Les anciens philosophes orientaux comprenaient parfaitement cela et donnaient par consequent à leurs discours une portée plus grande : car, non seulement leurs paroles avaient un sens strict et littéral, mais encore et surtout elles avaient un sens figuré. Ils imageaient richement leur langage, et parlaient en apologues, fables et paraboles, dirigeant ainsi les méditations de leurs auditeurs vers une source inépuisable d’applications religieuses et scientifiques.
De plus, leur écriture était également imagée, et les Egyptiens, nos anciens Maîtres, donnaient trois principales interpretations à chacun de leur caractères graphiques. Outre leur valeur phonétique, ces caractères avaient un sens symbolique ou hièroglyphique et un sens sacré ou hièratique.
Le langage sacré des Kabbalistes, sur la philosophie desquels reposent les enseignements de la Franc-Maçonnerie en général et du Martinisme en particulier, était l’Hébreu. Une lettre, en Hébreu, avait : 1° une valeur phonétique ; 2° une valeur numérique ; 3° elle représentait une idée positive, quand elle était seule ; 4° une idée relative, lorsqu’elle était accompagnée d’autres lettres ; enfin, 5° elle avait un pouvoir effectif et talismanique, combinant tout de suite la pensée, la parole et l’action.
Un simple mot de la langue sacrée renferme en lui-même un sujet inépuisable de méditations qui ne sauraient trouver place dans des volumes écrits au moyen de nos caractères graphiques, directs et mathématiques, signes dépourvus de sens, étranglés au milieu d’une orthographe barbare et dune syntaxe tyrannique.
Pour comprendre les Mystères de l’Antiquité et perpétuer l’ancienne Sagesse, le recours à leur Symbolisme est nécessaire ; ce fut le premier langage de l’homme, ce sera aussi le dernier, car, comme dans le cercle formé par un serpent se  mordant la queue, la fin des choses se confond avec leur origine et ainsi l’Humanité ne meurt jamais que pour se survivre à elle-même.
Ceci est le premier et sera le dernier Symbole du Martinisme, institution qui représente aujourd’hui les anciennes écoles de philosophie. Cet Ordre communique ses enseignements par le moyen de la méthode éminemment intellectuelle de l’analogie, qui est la seule voie conduisant à la comprehension de la nature abstraite de Dieu, de l’Homme et de l’Univers.
Suivant les Traditions de nos anciens maîtres, les Egyptiens, les Chaldéens, les Platoniciens et plus spécialement les Kabbalistes, nous croyons que toutes les lois de la création sont identiques et peuvent être réunies dans un grand et unique Principe, appelé l’Absolu, qui gouverne avec une égale régularité les phénomènes de la nature, les pensées et les actions de l’Homme, et la puissance créatrice de Dieu.
Cest pour la recherche de l’Absolu, autre dénomination de ce que nos Frères Hermétiques appelaient la Pierre philosophale, qu’on engage les Martinistes à méditer avec patience sur les beaux symboles qui vont vous être expliqués.
 
 
Les Luminaires
 
Voyez ces Luminaires, disposés en triangle et qui reposent sur des couches de différente couleur, rouge et noire. Ils symbolisent l’Unité émanant de la Diversité.
De même qu’une seule et unique Lumière émane de trois Luminaires différents, de même une seule et unique Vérité émane de sources différentes et en apparence opposées.
Dans ce Symbole, l’Initié sait reconnaître la Religion, toujours la même sous les cultes multiples qui la traduisent aux profanes.
Il n'y a qu’une Religion, comme il n’y a qu’une Vérité, et aucun Culte, qu’il se nomme Brahmanisme, Bouddhisme, Catholicisme, Judaisme ou Islamisme, ne peut s’attribuer le monopole à l’exclusion des autres Cultes. C’était là le fond des initiations antiques, mystères de Memphis, d’Eleusis, de Mithra, etc.
Tout prêtre d’un ancien Culte était un Initié : c’est-à-dire qu’il comprenait parfaitement qu’une seule Religion existait et que les différentes formes de Culte ne servaient qu’il traduire cette Religion aux différents peuples, selon leurs temperaments particuliers. Comme résultat important de ce fait, le prêtre d’un Dieu pouvait être honorablement reçu dans les Temples de tous les autres dieux, et autorisé à leur sacrifier. Il ne faut pas penser, cependant, que cela fût dû à la doctrine ou à l’idée du Polythéisme : le Grand-Prêtre des Israélites reçut dans le Temple un Initié, Alexandre le Grand, et le conduisit dans le Saint des Saints pour offrir un sacrifice (Papus, Le Tarot).
Nos querelles religieuses pour la suprématie d’un Culte sur un autre auraient beaucoup amusé un ancien Initié et l’auraient rempli de mépris pour notre ignorance et notre mauvaise foi. Le but de la plupart des Sociétés secrètes est, par le moyen des hommes d’intelligence, de rétablir cette union, cette tolérance, parmi les membres de la famille humaine.
Songez à l’immense progrès que ferait accomplir à la marche des peuples vers la Perfection cette Communion Universelle des prêtres de tous les Cultes, et vous comprendrez alors la grandeur de l’idée que nous poursuivons.
De même que la Foi, la Science doit voir l’Unité sortir de la Diversité par la synthèse scientifique, concilliant enfin, d’une manière rationnelle, le Matérialisme et l’Idéalisme.
L’Orateur qui s’adresse à un Néophyte bien au courant de la science petit ici disserter sur les vérités et les erreurs des écoles modernes de philosophie.
 
 
Hiérarchie
 
Les Luminaires reposent sur des couches de différente couleur comme un emblème du vrai principe de Hiérarchie, qu’on retrouve à l’origine de toute organisation. la Hiérarchie est ici figurée par les luminaires eux-mêmes, et la lumière, représentée par les couleurs rouge et noire, s’atténue à mesure que l’on descend.
 


HIÉRARCHIE


SOCIALE*


SCIENTIFIQUE*


RELIGIEUSE*


Luminaires
Rouge
Noir


Exécutive
Législative
Judiciaire


Maître
Disciples
Éléves


Dieu
Prêtres
Croyants


*Chacun de ces sujets pourra servir de théme à de longs développements, suivant les préférences reconnues du Candidat.
 

Telle doit être la base de toute organisation véritable et sûre, qu’elle soit sociale, scientifique ou religieuse.
Nous adorons la Divinité dans ses manifestations hiérarchiques dans la Nature dans l’Homme et dans ce Divin « Monde des Esprits qui n’est pas ferme ».
Au sujet de l’Homme, nous retrouvons la même Hiérarchie dans les trois parties qui constituent le tronc : le Ventre, la Poitrine, la Tête, qui donnent respectivement naissance : le Ventre, au Corps qu’il renouvelle ; la Poitrine, à la Vie, qu’elle entretient ; la Tête, à la Pensée qu’elle manifeste.
La Tête et la Pensée, figurées par les Luminaires, sont le degré de la Lumière ; la Poitrine et la Vie, figurées par le drap rouge, sont le degré de la Pénombre ; et le Ventre et le Corps, figures par le drap noir, sont le degré de l’Ombre.
Dans la Nature aussi bien que dans l’Homme, on retrouve encore cette Hièrarchie mystérieuse de trois degrés, dans ce qu’on nomine les trois règnes : le Minéral, le Végétal et l’Animal le règne minéral correspondant au Corps de l’Hommeou au Drap noir, le règne végétal à la Vie de l’Homme ou au Drap rouge, et le règne animal à la Pensée de l’Homme ou aux Luminaires.
Dieu, l’Homme et la Nature forment les trois grandes divisions hièrarchiques de l’Univers, et chaque terme semble être animé d’un pouvoir qui lui est particulier.
La Nature agit par une force fatale guidée par le hasard, dirions-nous, si le hasard existait. Cette force fatale et aveugle est la Destinée, le Dieu des Matérialistes, symbolisé par le Drap noir.
L’Homme agit par la force, demi-fatale et demi-intelligente, de son cerveau ; par sa Volonté, aussi puissante que la Destinée, et qui est symbolisée par le Drap rouge. La Volonté humaine est le Dieu du Panthéisme.
Dieu agit par le force superintelligente et supersconciente nominée Providence, Laquelle peut s’unir à la Volonté humaine, mais seulement par le consentement libre et absolu de cette Volonté ce qui est un grand mystère que nous devons abandonner a votre méditation. La Providence est le Dieu du plus pur Théisme de l’impressionnante initiation des Anciens ; elle est symbolisée ici par les Luminaires.
Mais, de même que ces trois Luminaires ne donnent qu’une seule lumière, de même ces trois grandes puissances, Destinée, Volonté humaine et Providence, ne sont qu’une seule et unique Force Universelle occupant le Centre de tout ce qui existe.
A cette grande force, l’Ancienne Sagesse a donna le nom de Lumière, et c’est bien cette lumière qui, crée par Dieu « dans le commencement », quand la Terre était informe et vide, précéda la lumière purement physique du soleil.
C’est sur la parfaite considération des analogies, même de l’identité de ces trois grandes forces, que doit être basée la réconciliation des trois grandes Écoles de la Philosophie moderne l’Athéisme, le Panthéisme et le Théisme en une grande et forte association pour le triomphe de la Vérité scientifique et religieuse : la proclamation d’une seule Loi, d’une seule Force, d’une seule Lumière, d’un seul Dieu.
Enfin, les trois Luminaires, véritables flambeaux de la Science Universelle, symbolisent aussi les trois grandes Colonnes de la Kabbale, sur lesquelles repose l’Univers intellectuel et physique la Beauté, la Force et la Sagesse.
Dans les Écoles gnostiques, auxquelles le Martinisme se rattache étroitement, la Beauté, dont l’initiale en hébreu est G (רםנ, Gomer), est la force morale, la force de la volonté, dispensatrice de la Vie et de la Mort, du Bien et du Mal, ou, en d’autres termes, le Pouvoir social ; la Force, dont l’initiale en hébreu est O (צר, oz), est la force matérielle, dynamique ou numérique ; la Sagesse, dont l’initiale en hébreu est D (רפד Dabar), est la force spirituelle manifestée par la Science philosophique et religieuse.
Ces initiales, G. O. D., vous rappellent que c'est dans l’association de la Sagesse, ou Religion et Science psychique, de la Force ou Philosophie naturelle, et de la Beauté ou Morale et Politique, que les Martinistes arrivent à la compréhension du Grand Principe unique, l’Absolu, qui est représenté par la pointe d’un instrument effilé et dont le nom, dans nos Mystères, est composé kabbalistiquement des initiales de Gomer, Oz et Dabar, c’est-à-dire Beauté, Force et Sagesse, G-O-D.
Les applications des quelques principes qui vous ont été exposés sont infinis. Mais vous seul devez les développer à vous-même, dès que vous avez découvert la route à suivre. Méditez de tout votre coeur sur le Symbole des trois Luminaires et sur leur mystèrieuse disposition, et la Providence vous sanctifiera.
Nous représentons ce Symbole des trois Luminaires par des hiéroglyphes et des nombres.
Enseignant la grande Loi de l’Unité dans la Trinité, les Luminaires sont représentés par la lettre hébraïque Aleph (א), qui, en Kabbale, est le symbole de Dieu et de l’Homme. Cette lettre est composée de deux iods (י) placés de chaque côté d’un vau incliné (ו). Ces trois lettres, cependant, par leur disposition, ne font qu’un seul caractère.
Celui-ci représente trois nombres : un, vingt-six et huit. Un, parce qu’il est la première lettre de l’alphabet hébreu ; —vingt-six, parce-qu'il est compose de deux iods et d’un vau, dont les valeurs respectives sont 10, 10 et 6 ; huit, parce qu’il est la somme de la réduction théosophique de 26, c’est-à-dire 2 + 6 = 8.
La figure 1 est le nombre de Dieu ; le nombre 26 est celui du Nom incommunicable de la Divinité הןהי (Iod-Hé-Vau-Hé) dont les lettres totalisées forment le nombre 26, c’est-à-dire ה5 + ן6 + ה5 + י10 = 26
Enfin, le nombre 8 symbolise la divine Unité des Cercles Universels, les Cieux et la Terre, la Pensée de Dieu.
 
 
Le Masque
 
Le Masque est posé sur le visage du Néophyte par le 1er Maître des Cérémonies.
Par ce masque, ta personnalité mondaine disparaît. Tu deviens un Inconnu, au milieu d’autres Inconnus ; tu n’as plus à redouter les susceptibilités mesquines auxquelles est astreinte ta vie quotidienne au milieu de gens qui te guettent sans cesse ; tu es bien protégé contre les pièges que l’ignorance, jointe à l’opinion prétentieuse, tendra chaque jour devant toi. Comme nos Anciens Frères, applique—toi à l’art de rester Inconnu, à te retirer en toi—même, tout en observant les autres. Que le masque de la circonspection te protège toujours contre les regards inquisiteurs de ceux dont le caractère. Et la conduite ne prouveraient pas qu’ils sont dignes de venir et de paraître dans le Sanctuaire sacré où la Vérité délivre ses oracles.
Te trouvant seul en face de gens que tu ne connais pas, tu n’as rien à leur demander. C'est de toi-même, dans tout ton isolement, que tu dois tirer les principes de ton avancement. N’attends rien des autres qu’en cas de suprême besoin ; en d’autres termes, apprends à toujours être toi-même.
Inconnu, tu n’as d’ordre à recevoir de personne. Seul tu es responsable de tes actes devant toi-même, et ta Conscience est le maître redouté de qui tu dois toujours prendre conseil, le juge sévère et inflexible à qui tu dois rendre un juste compte de tes actes.
Ce masque, qui t’isole du reste de tes semblables pendant la période de travail, te montre le prix que tu dois attacher à ta Liberté, toute-puissante par ta Volonté devant le Destin et devant la Providence, « cette Liberté que l’on peut appeler la Divinité de l’Homme, le plus beau, le plus superbe, le plus irrévocable de tous les dons de Dieu de l’Homme ; cette Liberté que le Créateur suprême lui-même ne saurait violer sans nier sa propre nature ; cette liberté que l’on doit obtenir par la force quand on ne la possède pas comme une suprême autocratic » (Ehiphas Lévi).
Et, ô mon Frère, tu le possèdes pas cette liberté, qui est la liberté de l’âme et de l’esprit, et non pas seulement celle du corps ; c’est en combattant contre tes passions, tes désirs terrestres, que tu peux espérer conquérir cette indépendance si glorifiée, si vraiment divine.
Personne au monde n’a le droit de te priver de cette liberté intellectuelle et morale ; seul tu en es le Maître absolu, seul tu répondras devant ta conscience des erreurs et des fautes qu’elle t’aura fait commettre.
Que le masque t’enseigne à demeurer Inconnu de ceux que tu auras tirés du malheur ou de l’ignorance ; sache sacrifier ta personnalité toutes les fois qu’il le faut pour le Bien de la Collectivité.
B.-B. Nagarkar disait en 1893, devant le Grand Parlement des Religions tenu à Chicago :
« Bouddha, le grand instituteur de la Morale, nous enseigne, dans le style le plus sublime, la doctrine de Nirvâna, de l’abnégation de soi-même, de l’effacement personnel. Cette doctrine n’est pas autre chose que celle de la subjugation et de la conquête de notre sensualité. Car vous savez que l’Homme est un être composé. En lui, il y a l’ange et l’animal ; et l’entraînement spirituel de notre vie ne signifie pas autre chose que la subjugation de l’animal et la misé en liberté de h’ange... »
Tels sont, ô mon Frère, les enseignements du Symbole si profond du masque ; d’autres sens te seront révélés, si ton coeur sait les désirer.
Ce Symbole est la pierre fondamentale du Martinisme, et nous le représentons hièroglyphiquement par la lettre י (iod), parce que cette lettre est le principe, la cellule, dont toutes les lettres de l’alphabet hébraïque sont formées. L’Associé masqué est aussi le principe, la cellule qui forme le grand corps de l’Humanité temporelle et spirituelle régénérée.
Le Masque est aussi représenté par la figure 10, qui est le nombre de la lettre י (iod) et le nombre de la Pensée, et la fois Humaine et Divine.

Source : rituel martiniste

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Published by Thomas Dalet - dans Symbolisme
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