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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 19:30

Frédéric Vauth : Quelle est l’origine du Grand Orient des États-Unis ?
John Slifko : À l’origine, le constat de nombreux frères découragés par une certaine bureaucratie obédientielle et l’immobilisme du système. Ces frères ont décidé de s’intéresser à ce qui se faisait ailleurs, de découvrir un autre pan de l’histoire maçonnique de redécouvrir leurs origines, l’histoire maçonnique. Ceci ne s’est pas fait en un jour, les idées se sont précisées peu à peu, des tentatives, des expériences ont été menées ici ou là amenant finalement au Grand Orient des USA. Si la maçonnerie libérale et traditionnelle, mixte ou féminine, était représentée aux États-Unis sa composante masculine américaine n’existait pas. Ce courant maçonnique si important en Europe et sur d’autres continents a désormais sa version américaine.

F.V. : Quelle actualité pour le Grand orient des USA ?
J.S. : Sans conteste la signature d’un traité d’amitié avec le Grand Orient de France a été une étape importante pour nous ainsi que la réception de patentes concernant le Rite Moderne et le Rite Écossais Ancien et Accepté sans oublier les ordres de Sagesse du Rite Français.

F.V. : Quels sont les rituels pratiqués, ou pouvant être pratiqués au sein du Grand Orient des USA ?
J.S. : C’est dans un premier temps le Rite Moderne (rite français moderne rétabli) et le Rite Écossais Ancien et Accepté, mais un rite américain spécifique est aussi à l’étude. Notre Grand Orient souhaite que ces rituels soient pratiqués avec la même rigueur, le même respect de la Tradition qu’en Europe. Une fois ces rituels établis nous souhaitons également nous intéresser au Rite de Salomon, pratiqué au Canada par Oitar, mais aussi au Rite Rectifié qui a toujours suscité un grand intérêt ici. Pour nos frères américains ces rituels sont non seulement intellectuellement motivants grâce aux planches, mais aussi esthétiquement très plaisants.

F.V. : Quels seront les spécificités de ce rite encore à l’étude ?
J.S. : C’est un rituel qui permettrait de retourner à l’essentiel, de capturer les enseignements et l’esthétique des rituels tels qu’ils étaient pratiqués à l’origine en Europe.

F.V. : Quelle politique pour les hauts grades ?
J.S. : Dans un premier temps, bien sur, nous allons nous consacrer aux loges symboliques. Mais nous avons reçu les ordres de Sagesse du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France et nous allons les transmettre aux États-Unis. Le premier chapitre devrait ouvrir en 2009 à Los Angeles.

F.V. : Et le Rite Écossais ?
J.S. : Nous sommes bien sur très intéressés, mais sommes encore seulement à l’étape du projet et des premiers contacts.

F.V. : Quels sont les relations du GO USA avec les autres organisations maçonniques américaines ?
J.S. : Les relations sont excellentes et très constructives avec les obédiences « libérales » : la fédération américaine du droit Humain, le Georges Washington Union, Les loges américaines du Grand Orient de France sans oublier nos soeurs des Grandes Loges féminines de Belgique aux États-Unis et nos soeurs de la Grande Loge Féminine de France au Canada. Ces relations sont bien sur notre priorité autant pour l’aide que nous avons reçue que pour celle que nous souhaitons aussi apporter.

F.V. : Et les Grandes loges disons... « classiques » ?
J.S. : Les relations existent mais de façon informelle, hors des réunions maçonniques, par exemple à l’occasion de recherches académiques. Ce sera à nous, peu à peu, de faire découvrir la franc-maçonnerie européenne traditionnelle à ces frères. Si ce n’est en loge cela sera peut être par des publications, des conférences et pourquoi pas des articles d’Initiations magazine !

F.V. : Et la maçonnerie noire américaine, les loges de Prince Hall ?
J.S. : Avec les loges de Prince Hall, nous essayons d’établir au mieux des relations de confiance et de fraternité. Mais nous n’avons pas encore de contact direct. L’histoire des loges de Prince Hall est l’exemple même d’un sujet très mal connu historiquement. Nous aimerions particulièrement retrouver les traces des relations des loges de Prince Hall avec la Grande Loge de France et le Grand Orient de France, contacts soutenus mais qui semblent avoir été oubliés ou occultés.

F.V. : Quel est le portait type d’un maçon du Grand Orient américain ?
J.S. : Il n’y a pas de portrait type ! D’autant plus que nos loges s’adressent à un plus vaste public que ce qui était jusqu’à présent proposé par la maçonnerie américaine. C’est plutôt un homme entre trente et cinquante ans avec un goût développé pour l’humanisme, une spiritualité laïque et une grande curiosité intellectuelle. Disons que les maçons du Grand Orient sont aussi bien des personnes animées par une recherche spirituelle, qu’une volonté humaniste, certains sont athées et cette diversité est notre richesse. Beaucoup sont engagés dans les mouvements des droits de l’homme ou les exigences environnementales, d’autres enfin sont particulièrement présents dans les mouvements de défense de la liberté de presse. Des engagements, des préoccupations finalement très maçonniques.

F.V. : Remarquez-vous une répartition géographique ?
J.S. : S’il était évident que les grandes villes de la côte Est et de la côte Ouest seraient représentées, New-York, Washington, Los Angeles et San Francisco, nous avons remarqué très rapidement que les demandes d’affiliations, d’initiations proviennent de toutes les grandes régions. Ceci est sans doute dû à internet, aux groupes de discussions maçonniques qui nous permettent désormais très rapidement de nous faire connaître et de rencontrer ceux qui sont intéressés par notre démarche.

F.V. : Quel est l’engagement d’un maçon américain dans la cité ?
J.S. : L’engagement du maçon américain n’est pas une nouveauté, les maçons américains ont toujours été très engagés mais c’est un engagement important en faveur des organisations caritatives. Cet engagement philanthropique de la maçonnerie américaine est exceptionnelle, à titre d’exemple, la Grande loge du Minnesota a apporté à l’Université de cet État une aide de plusieurs millions de dollars ! Notre engagement, sera plus modeste, nous avons par exemple décidé de soutenir en tant que Grand Orient des organisations reconnues comme « Amnesty international ».

F.V. : Vous avez été élu en juin 2007, comment est désigné le Grand Maitre dans votre Obédience ?
J.S. : J’ai été élu par le conseil exécutif pour une durée de 2 ans, renouvelable. Habituellement aux États-unis, les Grands Maitres sont élus pour une seule année ce qui n’est sans doute pas suffisant pour établir un programme et faire progresser une organisation.

F.V. : Quels sont vos projets ?
J.S. : Quatre points essentiels à notre stade de développement actuel : Construire des loges stables et saines travaillant sur le modèle traditionnel européen, avec des travaux de recherches, des planches. Des loges respectant une progression mesurée entre les degrés maçonniques permettant l’approfondissement du rituel et du symbolisme maçonnique. Ceci est une demande forte de nos candidats à l’initiation. Maintenir, enrichir nos relations avec les loges Traditionnelles Libérales d’Amérique du Nord. Développer des relations entre notre franc-maçonnerie et la société américaine ainsi que les loges de type anglo-américain.
Enfin nous travaillons déjà de façon soutenue sur des projets permettant la rencontre entre le monde universitaire et la franc-maçonnerie. Une communauté d’interêt philosophique qui a existé aus Etats-Unis mais qui n’existe plus que sous la forme philanthropique.

F.V. : Plus précisément, quelles ont été ces relations?
J.S. : lorsque les États-Unis se sont construits, la maçonnerie américaine a joué un rôle majeur dans le développement de l’édition, de la presse, de la diffusion d’ouvrage. C’était un engagement en faveur de la diffusion de la culture : librairie, bibliothèque jusqu’à l’éducation ou la création d’universités ouvertes à tous. Ces relations si proches de l’idéal maçonnique du XVIIIe siècle ne demandent qu’à être revivifiées. Et malheureusement ces racines humanistes avaient été oubliées…

F.V. : Mis à part le courant libéral que vous avez défini, la maçonnerie américaine est elle conservatrice ?
J.S. : Si Certains peuvent le percevoir ainsi cela n’a pas toujours été le cas... et un équilibre doit être trouvé. La franc-maçonnerie doit s’équilibrer entre tradition et renouveau.
Pouvez-vous nous parler de ce qui est proposé l’année prochaine pour la conférence sur l’histoire des femmes et de la franc-maçonnerie à L’UCLA (Université de Californie Los Angeles) ?

F.V. : Que va t il se passer en pratique ?
J.S. : Oui, ce sera un événement très particulier pour la franc-maçonnerie et le monde universitaire. Il y aura une conférence internationale sur l’histoire des Femmes dans la franc-maçonnerie prévue les 6, 7 et 8 mars 2009 à l’Université de Californie Los Angeles. Cette conférence amènera d’autres symposium à l’UCLA et dans d’autres universités et collèges américains. La librairie et le Musée de la Grande loge unie d’Angleterre seront partenaires de l’événement avec le centre de recherche en franc-maçonnerie de l’université de Sheffield en Angleterre. Le centre d’Études Féminines de l’UCLA sera également partenaire. Une petite exposition aura lieu sur place et sera aussi présentée sur internet accompagnée des articles de la conférence. Il s’agit une étude globale et comparative au sujet de l’histoire des femmes dans la franc-maçonnerie. Et nous aurons la participation de chercheurs et de francs-maçons anglais, français et américains.

F.V. : Des obédiences féminines sont-elles parties prenantes ?
J.S. : La Grande Loge Féminine de France, la Grande Loge Féminine de Belgique collaborent au projet, mais aussi le droit Humain américain et le Grand Orient des USA. Nous pensons que le Grand Orient de France participera également.

F.V. : Que peut-on, momentanément, en conclure ?
J.S. : Ceci est juste un aperçu de ce que nous pouvons réaliser dans le futur. Laissez-moi dire ceci pour finir, qui peut surprendre vos lecteurs en Europe : sur les dix dernières années soixante thèses ont été rédigées sur divers aspects de la franc-maçonnerie.
Il y a de grandes possibilités de recherches concernant le passé, le présent et le futur de la franc-maçonnerie et ainsi que sur sa place dans la société civile.

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