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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 13:12

REAA

 

Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait dans nos travaux, qui nous consolait dans nos afflictions et qui soutenait notre courage dans les difficultés. Il a péri par le plus détestable des crimes.

Le sage Roi Salomon avait conçu le pieux dessein d'élever au GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS un Temple, où seul il recevrait l'encens des hommes.

HIRAM, fils d'un tyrien et d'une femme d’Israël savant dans tous les arts et spécialement dans l'architecture et dans le travail des métaux, fut envoyé à Salomon par HIRAM, Roi de Tyr, pour conduire cette noble et vaste entreprise et diriger les ouvriers, dont il fut nommé le chef et le surintendant.

Pour régler d'aussi grands travaux, HIRAM divisa les nombreux ouvriers, qui furent mis sous ses ordres, en trois classes. Ceux de la première, sous le nom d'apprentis, étaient employés à abattre les bois sur le Mont Liban et à les équarrir; à arracher des carrières les pierres et les marbres et à les dégrossir. Ceux de la seconde classe, sous le nom de compagnons, étaient occupés à terminer les pièces ébauchées par les apprentis et à les mettre ensuite en place sous la direction des ouvriers de la troisième classe, que l'on nommait les maîtres. Ceux-ci prenaient immédiatement les ordres d'HIRAM dans un lieu secret que l'on nommait la Chambre du Milieu, qui plus tard devait être le sanctuaire du Temple. On raconte que les ouvriers employés à la construction du Temple étaient au nombre de cent quatre vingt trois mille six cent (183.600). On peut juger qu'il eut été difficile de les gouverner sans l'ordre établi par HIRAM. Chaque classe d'ouvriers avaient un signe et un mot secret, que l'ouvrier devait donner au trésorier pour recevoir son salaire; de sorte qu'aucun ne pouvait avoir que la paie qui était attribuée à sa classe. Les apprentis parvenaient à la classe des compagnons après un temps déterminé, lorsqu'ils avaient mérité cette récompense par leur zèle, leur intelligence et leur assiduité au travail. Les compagnons obtenaient par les mêmes moyens la faveur d'être élevés au rang des maîtres .

 

HIRAM avait heureusement conduit les travaux presqu'à leur perfection et bientôt l'édifice allait être achevé et consacré à sa destination. Mais le génie des ténèbres qui voyait, par cette oeuvre, son règne menacé, souleva toutes les passions pour tenter de ruiner ce bel ouvrage avant son achèvement et mettre le trouble parmi les ouvriers en les privant subitement de leur guide. Il souffla dans l'esprit des ouvriers des moindres classes le poison de l'envie et de la jalousie; il leur inspira le dégoût du travail; il fit naître en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés, sans s'être donné la peine de les acquérir avec le temps, par l'étude et l'application. Il insinua plus particulièrement cet esprit de désordre parmi les compagnons, qui, déjà initiés aux premiers secrets de l'Art, se regardaient comme des victimes de l'injustice et de la partialité, parce qu'ils n'étaient pas rendus égaux aux maîtres. Cependant le respect qu'HIRAM savait inspirer par sa douceur, par ses vertus, par son impartialité, maintenait encore les esprits révoltés, et peut-être tout allait-il rentrer dans le devoir, lorsque trois d'entre les compagnons formèrent le projet d'arracher, de gré ou de force, le mot sacré des maîtres, pour s'introduire frauduleusement dans la Chambre du Milieu; ils se concertèrent sur les moyens de surprendre notre maître HIRAM s'il était possible.

Ils arrêtèrent qu'ils tenteraient par la menace d'intimider HIRAM, afin de lui arracher, par la crainte, ce qu'ils n'espéraient pas obtenir de sa libre volonté; mais soit qu'ils y parvinssent, soit qu'ils échouassent, ils étaient résolus à lui donner la mort, afin de se soustraire à la juste punition que devait attirer sur leur tête une si téméraire et si criminelle audace. Ils comptaient aussi dérober aux autres ouvriers la connaissance de la part qu'ils auraient prise au meurtre du Maître. Vaine prétention ! Les outils, dont ils devaient faire usage pour commettre ce crime, devaient aussi révéler la classe d'ouvriers à laquelle appartenaient ses auteurs ! Ayant ainsi combiné leur crime et pris leurs mesures, ils attendirent l'instant où, à la chute du jour, les ouvriers, ayant rempli leur tâche, auraient quitté l'atelier pour aller se livrer au repos; alors le Maître, qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul et à leur discrétion.    

Le Temple avait trois portes : I'une à l'orient, qui communiquait à la Chambre du Milieu et qui était réservée aux maîtres; une autre au Midi et la troisième à l'occident; celle-ci était l'entrée commune à tous les ouvriers; c'était aussi par là qu'HIRAM avait coutume de se retirer après avoir reconnu les travaux du jour. Les conspirateurs, au nombre de trois, se placèrent à chacune de ces portes, afin que si le maître échappait à l'un, il ne pût éviter les autres. Après quelques instants d'attente, HlRAM sortit de la Chambre du Milieu pour visiter les travaux, s'assurer, comme de coutume, que ses plans avaient été suivis et exécutés ..Le maître aperçoit un des conjurés, armé d'une règle pesante, embusqué près de là, et lui demande pourquoi il n'a pas suivi les autres ouvriers et ce qu'il veut de lui.

Le compagnon lui répond, avec audace : “Maître, il y a longtemps que vous me retenez dans les rangs inférieurs; je désire enfin de l'avancement; admettez-moi donc au rang des Maîtres”. - Je ne puis, dit HIRAM, avec sa bonté ordinaire, je ne puis à moi seul t'accorder cette faveur; il faut aussi le concours de mes Frères; lorsque tu auras complété ton temps et que tu seras suffisamment instruit, je me ferai un devoir de te proposer au conseil des maîtres.

 “Je suis assez instruit, et je ne veux pas vous quitter que je n'aie obtenu de vous le mot des maîtres ” objecte le Compagnon.                “Insensé ! Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, ni qu'il doit se demander ! Travaille, et tu seras récompensé !”, poursuit HIRAM. .Le compagnon insiste et va jusqu'à la menace. HIRAM, toujours bon, mais également ferme, lui répond avec douceur que c'est en vain qu'il espère obtenir, par ce moyen, la faveur qu’il sollicite. Il fait un mouvement de la main pour engager cet importun à se retirer; au même instant, le scélérat veut lui asséner sur la tête un violent coup de la règle qu'il tient dans la main. Cependant, le coup est détourné par le geste que fait HIRAM et la règle, tombant sur l'épaule droite du maître, cause un engourdissement qui le rend incapable de désarmer son adversaire.  

 

HIRAM s'avance alors précipitamment pour sortir par la porte du Midi.Mais il y est attendu par le second des conjurés, qui lui fait, d'une manière encore plus pressante, la demande du mot de maître. HIRAM, qui commence à entrevoir le danger qu'il court, surtout s'il est poursuivi par le premier compagnon, se hâte de gagner la porte de l'occident, en faisant le réponse qu'il avait déjà faite à la porte de l'orient. Cependant, il ne fuit pas assez promptement pour éviter un coup de pince que le misérable veut lui porter sur la tête, mais qui ne l'atteint que sur la nuque.

Tout étourdi de ce coup, le maître se dirige, en chancelant, vers la dernière issue du Temple, par où il espère s'échapper. Vain espoir t II est arrêté, de nouveau, par le troisième conjuré. La même demande lui est faite, qui se heurte au même refus.

“Plutôt la mort, que de trahir ainsi le secret qui m'a été confié !” A l'instant, le troisième Compagnon le frappe, au front, d'un grand coup de maillet qui le renverse sur le pavé... Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort.

Le Très Vénérable Maître

Mes Frères ! Depuis le fatal événement qui nous a privé du Maître, le monde est demeuré dans les ténèbres les plus épaisses; tous les travaux sont suspendus. Ne pourrions-nous donc rien entreprendre pour recouvrer la lumière ? Mais, qui ne serait découragé à l'aspect d'un si funeste sort ? Si l'homme d'une vertu si éminente à dû succomber, quel espoir aurions-nous d'être plus heureux ?lui seul, d'ailleurs, possédait le secret de l'oeuvre commencée; qui oserait se présenter pour lui succéder ?

Cependant, mes Frères, ne perdons pas courage ! Après avoir pleuré notre Maître, cherchons ses restes que les meurtriers ont sans doute cachés, afin de rendre à sa dépouille mortelle les honneurs qui lui sont dus. Peut-être recueillerons-nous quelques traces de sa science; la Lumière peut reparaître encore ! Voyagez, mes Frères, de l'occident à l'orient, du Septentrion au Midi, jusqu'à ce que vous ayez découvert le lieu sacré où les indignes scélérats ont pu déposer le corps de notre Respectable Maître ! Les Vénérables Maître Expert et Maître des Cérémonies, suivis de sept Vénérables Maîtres, font par trois fois, dextrorsum, le tour de la Loge. Il s'arrêtent ensuite, de manière que l'Expert se trouve près de la branche d'acacia.

Le second Surveillant (de son plateau)

Cet arbre funéraire, cet acacia, annonce une sépulture. Il n'y a pas longtemps qu'il est planté; peut-être ombrage-t-il le tombeau de notre Respectable Maître HIRAM...

Le premier Surveillant (de son plateau)

Oui ! Il est dit que la Connaissance repose à l'ombre de l'acacia ! Ce lieu désert me porte à croire que ce pourrait être, en effet, le tombeau de notre Maître. Mais, que vois-je? Une équerre et un compas qui paraissent y avoir été placés à dessein, ne me laissent plus aucun doute ! Gardons-nous donc de toucher à cette terre jusqu'à ce que nous ayons averti le Maître ! Que trois Frères demeurent ici, tandis que nous l allons rendre compte de notre découverte. En voyageant vers l'orient nous avons aperçu, à la lueur du crépuscule, un acacia qui ombrageait un tombeau dont la terre paraissait encore fraîche; une équerre et un compas, placés par-dessus, nous ont fait penser que c'est là que repose notre Maître HIRAM; mais nous n'avons osé troubler le repos de sa dépouille et nous nous hâtons de vous informer de cette découverte, afin que vous veniez avec nous reconnaître si nos conjectures sont fondées. Trois de nos Frères sont demeurés pour la garde de ce lieu respectable….

 

RER

 

Le temps étant venu où Salomon devait élever un temple à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, sur les plans tracés par une main céleste, qui avaient été remis à David son père, il fut aidé dans cette grande entreprise par Hiram, roi de Tyr. Ce prince lui fournit en abondance les matériaux les plus précieux et lui procura un grand nombre d’excellents ouvriers. Mais il lui fit un don bien plus estimable en lui envoyant Hiram Abif, Tyrien de nation, l’architecte le plus célèbre de l’Univers et l’ouvrier le plus habile dans tous les ouvrages de l’art.

Salomon étant doué de la plus haute sagesse reconnut tout le prix des talents et des Lumières d’Hiram ; il lui donna sa confiance, le chérit comme son père et l’établit chef principal de tous les ouvriers qui travaillaient à la construction du Temple.

Hiram Abif les sépara d’abord en trois classes pour leur donner à chacun une paie proportionnée à leur mérite et à leurs talents ; il donna à chaque classe des signes, attouchements et mots différents. Il appela les premiers ou les Apprentis à la colonne J pour y recevoir leur salaire et les Compagnons à la colonne B. Mais il introduisit les Maîtres dans la chambre du milieu pour y être récompensés selon leur grade. Un ordre si bien établi devait assurer la tranquillité de toutes les classes et l’autorité de leur chef. Mais l’orgueil, l’envie et la cupidité traînent à leur suite le désordre, la confusion et le crime.

Trois Compagnons perfides conçurent le détestable projet de forcer Hiram Abif à leur donner le mot de Maître pour s’en procurer la paie et de l’assassiner s’il le leur refusait. Dans ce dessein, ils se placeraient à trois différentes portes du temple à l’heure où, après que les ouvriers s’étaient retirés, Hiram avait coutume d’aller seul vérifier les travaux. Le Maître étant entré à son ordinaire par la porte d’occident et voulant ensuite se retirer par celle du midi, il y trouva un des Compagnons qui lui demanda arrogamment le mot de Maître avec menace de le tuer s’il le lui refusait ; et, sur le refus du Maître Hiram, ce scélérat lui donna un grand coup de marteau sur l’épaule gauche. Le Maître Hiram chercha son salut dans la fuite et, se présentant pour sortir par la porte du nord, il y trouva le second assassin qui lui fit la même demande avec la même menace et, sur son refus, ce monstre lui porta un grand coup de massue sur l’épaule droite, dont il fut presque terrassé. Cependant, il eut encore la force de se sauver vers la porte d’orient, mais il y trouva le troisième Compagnon qui, le voyant déjà affaibli par les coups qu’il avait reçus, lui demanda impérieusement le mot de Maître. Hiram ne put se dissimuler l’extrémité du danger où il se trouvait en le refusant, mais il préféra son devoir à la conservation de sa vie et le Compagnon, irrité d’éprouver le même refus et conduit par sa cupidité, lui porta un grand coup de maillet sur le front qui le fit tomber mort.

 Ces furieux, voyant le Maître Hiram mort, résolurent d’enterrer son cadavre, espérant que leur crime resterait inconnu ignoré, mais comme il était encore jour, ils le couchèrent d’abord sous un monceau de pierre et, la nuit étant survenue, ils le transportèrent sur un lieu élevé aux environs du temple, où ils l’enterrèrent. Le Roi Salomon, qui aimait tendrement le Maître Hiram, s’affligeait de son absence et, après que sept jours furent écoulés sans le voir reparaître, étant fort inquiet de son sort, il ordonna à neuf Maîtres d’en faire la recherche et de lui en rendre compte. Les neuf Maîtres se partagèrent en trois bandes, trois d’entre eux sortirent par la porte du midi, trois par celle du nord et enfin les trois autres prirent leur route par la porte d’orient, pour tenter de découvrir les traces du Maître Hiram. Ils le cherchèrent inutilement dans tous les environs du temple, mais trois d’entre eux, attirés par l’éclat d’une Lumière extraordinaire, se dirigèrent vers l’éminence où le cadavre avait été enterré. Là, accablés de fatigue et de lassitude, ils s’assirent. Mais, à l’instant, ils s’aperçurent que la terre avait été fraîchement remuée en cet endroit ; voulant en approfondir la cause, ils se mirent à fouiller et ils trouvèrent un cadavre qu’ils reconnurent à la lame d’or triangulaire dont il était encore décoré, pour être le corps de notre respectable Maître Hiram. Aussitôt, ils avertirent de leur découverte les deux autres bandes de Maîtres, en leur faisant signe de venir à eux et ceux-ci reconnurent également le corps du Maître Hiram. L’état où ils le trouvèrent leur fit voir aisément qu’il avait été assassiné et ils ne purent soupçonner de ce meurtre abominable que quelques méchants Compagnons qui auraient voulu lui arracher le mot de Maître pour en avoir la paie. Dans la crainte où ils furent qu’il n’eût été forcé de le leur dévoiler, ils projetèrent ensemble de ne plus employer l’ancien mot et d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en exhumant le cadavre d’Hiram. Après cet accord, ils plantèrent une branche d’épine nommée acacia pour reconnaître le lieu où il était et ils allèrent porter cette triste nouvelle à Salomon.

Le roi Salomon ayant appris la mort tragique du Maître Hiram fut extrêmement affligé de sa perte et, pour témoigner la vénération et la tendre amitié qu’il avait pour lui, il ordonna à tous les Maîtres d’aller exhumer son corps et de le transporter dans le temple ; et, ayant approuvé la résolution qui avait été prise de ne plus employer le mot de Maître, il fut convenu d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en déterrant le cadavre. Les Maîtres s’empressèrent tous d’exécuter les ordres de Salomon, mais les neuf Maîtres qui avaient été chargés de faire les premières recherches se hâtèrent de devancer leurs camarades et, étant arrivés les premiers sur l’éminence où ils avaient vu le cadavre du Maître Hiram, ils reconnurent facilement le lieu qu’ils avaient désigné par la branche acacia et se mirent en devoir de le déterrer. L’un d’eux le prit par le doigt index, mais la peau se détacha de l’os et lui resta dans la main ; un autre le prit par le doigt du milieu, mais la chair lui resta aussi dans la main ; enfin, un troisième essaya de l’enlever en le prenant par le poignet, mais comme aux deux premiers, la chair lui resta dans la main.

Alors il s’écria M... B..., ce qui signifie "le corps est corrompu" ou "la chair quitte les os" et il se mit en devoir d’exhumer le cadavre ; les neuf Maîtres se réunirent à lui pour l’enlever et ils le retirèrent en effet de la fosse, en présence de tous les autres Maîtres qui étaient survenus en cet endroit. Ils portèrent le corps du respectable Maître Hyram dans le temple avec une grande pompe, étant décorés des marques de leur grade, avec des gants blancs pour témoigner qu’ils étaient innocents du sang de leur Maître.

Le roi Salomon lui fit faire des obsèques magnifiques dans le temple et, pour récompenser le zèle et la fermeté de son architecte, il fit placer sur son tombeau la lame d’or triangulaire sur laquelle la parole des Maîtres était gravée et il en confia la garde à ses plus intimes favoris. Après les funérailles, tous les Maîtres se rangèrent en cercle pour exécuter leur projet de substituer un autre mot à la parole des Maîtres ; celui qui avait relevé le corps d’Hiram donna le mot M... B... à celui qui était sur sa droite pour le faire circuler jusqu’à ce qu’il fut connu de tous et ce mot est resté depuis aux Maîtres pour se reconnaître entre eux.

 

RITE FRANÇAIS

 

Les deux premiers grades vous ont appris à connaître l’usage des instruments, et l’emploi de matériaux. Vous vous attendez sans doute à trouver dans celui-ci le développement des emblèmes sous lesquels la vérité s’est, jusqu’à présent, dérobée à vos yeux; mais tout dans l’univers est sujet à d’étranges révolutions tout périt ! Le Temple que Salomon s’était plu à élever au roi des rois, éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise, peut vous retracer, par anticipation, la ruine de ce Temple fameux, que l’histoire nous représente sans cesse détruit, et sans cesse renaissant de ses propres ruines.

Salomon, fils de David, célèbre par sa sagesse et par t’immensité de ses connais­sances, résolut d’élever à l’Eternel un temple que son père avait projeté, mais que les guerres qu’il eut à soutenir contre ses voisins, ne lui permirent pas de construire; il envoya prier Hiram, roi de Tyr, de lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise: Hiram accepta cette proposition avec joie; il envoya un de ces hommes rares dont le génie, l’intelligence, le goût, la supériorité des talents en fait d’architecture, et la vaste connaissance de l’essence des métaux, lui avaient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr, qu’il l’appelait son pare, parce qu’il se nommait Hiram comme lui, quoiqu’il fût fils d’un Tyrien et d’une femme de la tribu de Nephtali.

Salomon donna à Hiram l’intendance et la conduite des travaux. Le dénombrement qui fut fait de tous les ouvriers, les porte a 183.300. L’histoire les nomme « prosélytes », ce qui dans notre langue signifie « étrangers admis », c’est-à-dire « initiés ».

A Savoir:

- 30.000 hommes destinés à couper les cadres sur le Liban, qui servaient par tiers pendant un mois;

- 702000 apprentis,

- 3.300 maîtres.

Les habitants du Mont Gibel façonnaient les cadres et taillaient les pierres.

Les ouvriers, divisés en trois classes avaient des mots, des signes et des attou­chements pour se reconnaître entre eux, et recevoir la paie proportionnée au genre de travaux auxquels ils étaient propres. Les Apprentis recevaient leur salaire à la colonne J, les Compagnons à celle B, et les Maîtres dans la chambre du milieu. Le nom de la colonne des Apprentis signifie « préparation », et celle des Compagnons signifie « force ». Les monuments historiques qui nous sont parvenus nous apprennent que la colonne J fut placée au Nord et celle B au Midi, près de la porte d’Occident. On entrait dans le Temple par trois portes celle destinée aux apprentis et, par la suite, au peuple, était à l’Occident ; celle destinée aux compagnons et, après l’achèvement du Temple, aux lévites, était au Midi; et celle destinée aux maîtres et, par la suite, aux pontifes, était à l’Orient.

Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance, par laquelle il était enjoint à tous les apprentis et compagnons, de sortir du Temple la veille du sabbat, et de n’y rentrer que le lendemain du sabbat au matin, à l’ouverture des portes sous peine d’être puni de mort. L’ordre qui avait été établi parmi les ouvriers devait nécessairement assurer la tranquillité; la dernière ordonnance de Salomon avait pour but d’empêcher qu’on éludât, sous aucun prétexte, l’observation du sabbat; tout répondait aux voeux de Salomon, par les soins et la vigilance d’Hiram ; le Temple prenait chaque jour un nouvel accroissement, lorsque tout à coup un crime affreux vint suspendre les travaux, et jeter un deuil universel. Trois compagnons mécontents de leur paye, formèrent le projet d’obtenir celle de maître, à l’aide des signe, parole et attouchement, qu’ils espéraient se procurer à force ouverte.

Ils avaient remarqué qu’Hiram visitait tous les soirs les travaux, après que les ouvriers étalent retirés; ils se mirent en embuscade aux trois portes du Temple: l’un s’arma d’une règle, l’autre d’un levier et le troisième d’un fort maillet.

Hiram, s’étant rendu dans le Temple par une porte secrète, dirigea ses pas vers la porte d’Occident; il y trouva un des compagnons, qui lui demanda les mot, signe et attouchement de maître, et le menaça de le tuer s’il ne les lui donnait. Hiram lui dit: « Malheureux! que fais-tu ? tu sais que je ne peux, ni ne dois te les donner; ce n’est pas ainsi que je les ai reçus; efforce-toi de les mériter, et tu peux être assuré de les obtenir ».

A l’instant, le traître veut lui décharger sur la tête un coup violent de la règle qu’il tenait, mais le mouvement d’Hiram pour parer le coup, fit qu’il ne porta que sur l’épaule.

Dans ce moment, le Frère Premier Expert fait faire au Candidat un des trois pas mystérieux.

Il consiste à passer le pied droit par dessus la représentation, diagonalement de l’Occident où, il est placé, au Midi tenant la l. g. en éq. à la hauteur du gras de la l. et restant quelques instants sur la l. d.

Le Premier Expert soutient le Candidat en cette posture en lui donnant la main. A l’instant où le Récipiendaire à fait le premier pas, le Frères de la colonne du Midi qui avait le rouleau, lui en donne un coup léger, mais sensible, sur l’épaule droite.

TR. : Hiram voulut chercher son salut dans la fuite, et tenta de sortir par la porte du Midi ; il y trouva un autre compagnon qui lui fait la même demande avec la même menace; mais à l’instant où il voulut s’enfuir, le compagnon le poursuivit et lui porta un grand coup de levier, qui ne l’atteignit que sur la nuque du cou.

Le Frères Expert fait faire en ce moment au Récipiendaire le second pas mystérieux; il passe la l. g. par dessus la représentation, diagonalement du Midi au Nord, et tenant la j. d. en éq. contre le m. de la g.

Pendant ce passage, le Frère de la colonne du Nord, donne sur la nuque du Récipiendaire un léger coup du rouleau dont il s’était muni.

Le Frère Expert fait faire au Récipiendaire le troisième pas, en portant la j. d. au bas de la représentation, où il vient joindre les deux p. en éq. simple, sur le compas.

Aussitôt, les deux Frères Experts saisissent le Récipiendaire chacun par un bras, portant l’autre main sur sa poitrine, et posent chacun un pied derrière les talons du Récipiendaire ; pendant ce temps-là le Frère qui était couché se retire sans bruit, de manière que le Récipiendaire ne puisse s’apercevoir de rien et laisse à terre, à côté du tableau, le voile dont il était couvert.

Le Très Respectable quitte sa place, vient près du Candidat et continue: Ce coup mal dirigé ne fit qu’étourdir notre Respectable Maître qui, cependant, eut assez de force pour courir vers la porte d’Orient, où il trouva le troisième compagnon, qui lui fit encore la même demande et les mêmes menaces et, sur son refus, lui porta un grand coup de maillet sur le front et l’étendit mort.

Le Très Respectable donne sur le front du Récipiendaire, un coup de maillet, qu’il avait tenu caché ; aussitôt les deux Experts qui tenaient l’Aspirant, le poussent et le renversent, avec précaution, sur le dos.

Le Récipiendaire doit être couché, comme l’était le Frères qui occupait sa place; il a la tête un peu élevée et posée sur un coussin; il aura la jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre; le genou élevé, le bras gauche étendu et le droit aussi plié en équerre ; la m. sur le c., à l’ordre de Compagnon, et recouverte de son tablier; enfin, on étendra sur lui le voile noir, de manière qu’il ait le visage couvert.

Chacun reprend sa place.

Le T\R\ rallume son chandelier à 3 branches et passe le boutefeu au premier Maître des Cérémonies qui rallume les neuf bougies des 3 grands chandeliers, puis celles des surveillants et éteint les lampes.

TR. : Mes Frères, le désordre s’est glissé dans nos travaux, la tristesse est peinte dans les yeux de tous les ouvriers; il ne nous est pas permis de douter que notre Respectable Maître Hiram ne soit mort mettons nous donc à la recherche de son corps, et tâchons par notre zèle et par nos soins de le découvrir.

Vénérable Frère Second Surveillant, prenez avec vous deux Maîtres et faites la recherche par le Nord.

Le Second Surveillant prend avec lui deux Frères qui étaient autour de la représentation; ils font le tour de la Loge en commençant par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre et sondent le terrain avec la pointe de leur glaive, par petits coups irréguliers.

De retour à l’Occident les 2 F\ reprennent leur place; le Second Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérable Frère Premier Surveillant, prenez avec vous deux Frères et faites la recherche par le Midi.

Le Premier Surveillant désigne deux Frères qui étaient autour de la représentation, avec lesquels il fait le tour de la Loge en commençant par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sondant la terre avec la pointe de leur glaive.

De retour a l’Occident, les 2 F\ reprennent leur place, le Premier Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner de deux Frères et, tous de concert, nous ferons une recherche plus attentive: puissions nous être assez heureux pour faire cette importante découverte.

Ces Frères, au nombre de neuf, font le tour de la Loge dans l’ordre qui suit: le Second Surveillant, suivi de deux Maîtres de sa colonne part le premier par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre; le Premier Surveillant, suivi des deux autres Maîtres de sa colonne, part par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre.

Ils commencent ainsi le tour en se croisant à l’occident: quand ils sont parvenus à l’Orient, le Très Respectable se joint à eux, avec les deux autres Maîtres qu’il a désigné, et tous font trois fois le tour de la Loge , dans le sens des aiguilles d’une montre, en cherchant et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive. Au second tour, le Second Surveillant s’arrête au Nord Est et dit: Très Respectable, je vois une vapeur s’ élever d’un petit espace de terrain approchons.

Ils font le troisième tour, après lequel le Très Respectable s’arrête en face du tableau, à l’Orient, là où sont représentés un monticule et une branche d’acacia.

Les deux Surveillants sont à l’Occident aux places correspondant à leur chaire.

Tous les Frères sont debout autour de la représentation.

1° S. : Très Respectable, la terre me parait fraîchement remuée en cet endroit ; nous pourrions bien trouver ici l’objet de nos recherches.

Le Très Respectable feint de s’appuyer sur la branche d’acacia et dit: Vénérables Maîtres, cette branche n’est pas crûe en cet endroit : ceci me paraît suspect, et je pense que nos recherches ne seront pas vaines.

Il se pourrait que les assassins eussent, à force de tourments, arraché de notre Respectable Maître le mot et le signe de Maître n’êtes-vous pas d’avis que le premier signe que l’un de nous fera et le premier mot qu’il prononcera, si nous trouvons le corps d’Hiram, soient désormais le mot et le signe de reconnaissance des Maîtres?

Tous donnent le signe d’approbation et laissent tomber la main droite sur la cuisse.

Le Très Respectable lève avec la pointe de son glaive qu’il tient de la main gauche, une partie du voile qui couvre le Récipiendaire ; les huit autres Frères font de même et retirent entièrement le voile tous ensemble vers le Nord. Aussitôt, ils font le signe d’horreur.

Le Second Surveillant s’approche, prend l’index droit du Récipiendaire, le laisse aller, en disant J...n et fait un pas en arrière en faisant le signe d’horreur.

Le Premier Surveillant s’approche ensuite, prend le second doigt ou médius du Récipiendaire, le tire à lui, et le laisse glisser en disant B..z ; il fait un pas en arrière avec le signe d’horreur.

Le Très Respectable s’approche du Récipiendaire et dit, en faisant le signe d’horreur, et reculant d’un pas: Vénérables Frères Surveillants, qui a dérangé le corps de notre Respectable Maître?

2° S. : Très Respectable, j'ai cru pouvoir le relever par l’attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os.

1° S. : Très Respectable, j’ai cru pouvoir le relever par l’attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte les os.

TR. : Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi et que nous pouvons tout à nous trois.

Il s’approche du Récipiendaire, pose le pied droit contre le sien, genoux contre genoux ; de la main droite il lui enserre le poi..., de façon que les pau... des deux mains soient l’une contre l’autre, et lui passe le bras gauche sous l’omoplate droite, ayant par ce moyen, est... contre est... ; puis à l’aide des deux Surveillants, il le relève et lui dit à l’oreille, en lui donnant l’accolade par trois, les trois syllables du mot. M......n.

 

RITE EMULATION

 

Quinze Compagnons, appartenant à la classe supérieure, chargée de surveiller les autres, voyant que les travaux étaient presque achevés alors qu’ils n’étaient point en possession des secrets du Troisième Grade, conspirèrent en vue de les obtenir par tous les moyens, décidés même à avoir recours à la violence. Cependant, au moment de mettre leur complot à exécution, douze d’entre les quinze se désistèrent; mais trois, d’un caractère plus résolu et plus cruel que les autres, persévérèrent dans leur projet impie, et, pour le perpétrer, ils s’embusquèrent respectivement aux entrées ménagées à l’Est, au Nord et au Sud du Temple, où notre Maître s’était rétiré pour faire ses dévotions au Très Haut, ainsi qu’il y était accoutumé à l’heure de midi. Ses dévotions terminées, il voulu sortir par la porte du Sud. Mais là, il fut arrêté par le premier de ces misérables qui, n’ayant pu se procurer d’autre arme, s’était muni d’une Règle P...

Il demanda d’une manière menaçante les secrets du Maître Maçon, avertissant qu’un refus serait puni de mort. Notre Maître, fidèle à son serment, répondit que ces secrets n’étaient connus que de trois personnes au monde et que, sans le consentement et le concours des deux autres, il ne pouvait ni ne voulait les révèler. Cependant, il donna à entendre que, sans nul doute, la patience et le travail donnerait, en temps convenable, au Maître méritant le droit de connaître ces secrets, mais que, pour sa part, il préférerait la mort plutôt que de livrer le dépôt sacré qu’on lui avait confié. Mal satisfait de cette réponse, le misérable asséna un coup violent sur la tempe de notre Maître, mais, déconcerté par la fermeté de son attitude, il manqua son but et son arme glissa sur la tempe droite (Avec sa main d. tenant la R.P. le 2d S. touche la t.d. du Cand. et fait glisser sa m. d’avant en arrière) avec une telle force, qu’il chancela et s’affaissa sur le genou gauche !

Le 1er S. souffle à voix basse au Gand. de s’ag. sur le g. g. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Remis de son étourdissement, il se dirigea vers la porte du Nord où il fut accosté par le deuxième de ces misérables, auquel il fit la même réponse, sans que sa fermeté se démentit un seul instant. Alors le misérable, qui était armé d’un Nivelle, lui asséna un coup violent sur la tempe gauche (avec sa m. g. tenant le Ni. le 1er S. touche la t. g. du Cand. d’avant en arrière) qui l’abattit sur le genou droit.

Le 1er S. souffle à voix basse au Cand. de s’ag. sur le g. d. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Voyant sa retraite coupée sur ces deux points, il s’avança, chancelant, défaillant et couvert de sang, vers la porte de l’Est ou était posté le troisième de ces misérables. Celui-ci reçut la même réponse que les autres à sa demande insolente car, même en cette heure d’épreuve, notre Maître demeura ferme et inébranlable. Alors le scélérat, qui était arme d’un Maillet Pesant lui asséna sur le front un coup violent le VM. simule le coup en direction du Cand., avec un m., mais en restant assis qui l’étendit, sans vie, à ses pieds.

Au moment ou le VM. simule le coup les SS. étendent le Cand. sur le dos et sur la t. o., b. le long du corps et p.c. Puis les SS. se tiennent debout de chaque côté du Cand., en tête de la t. e., face au VM.

Cette attitude est gardée quelques moments dans l’immobilité totale.

VM.: Les Frères remarqueront que, dans la cérémonie qui précède aussi bien que dans la situation présente, notre Frère a personnifié l’un des plus nobles caractères dont les annales de la Franc Maçonnerie , fassent mention, c’est à dire Hiram Abiff qui mourut, victime de son inébranlable fidélité au dépôt sacré qui lui avait été commis; et je souhaite que cela produise une impression ineffaçable sur l’esprit du Candidat, ainsi que sur le vôtre, mes Frères, pour le cas où vous seriez vous-mêmes soumis à pareille épreuve.

Nous nous sommes interrompus dans l’exposé de notre Histoire Traditionnelle, au récit de la mort de notre Maître Hiram Abiff. Une perte, aussi importante que celle du principal architecte, ne pouvait manquer de se faire sentir partout, et très sérieusement. L’absence de plans et d’instructions, qui avaient été jusque-là régulièrement distribués aux différentes classes d’ouvriers, fut le premier indice qu’un grand malheur avait du frapper notre Maître.

Les Ménatschim ou Intendants, autrement dit les chefs de chantier, déléguèrent les plus qualifiés au Roi Salomon pour lui faire part de l’extrême confusion dans laquelle l’absence d’Hiram les plongeait, et pour, lui dire qu’ils avaient lieu de craindre, qu’une disparition aussi soudaine et mystérieuse, ne fut la conséquence de quelque catastrophe fatale.

Le Roi Salomon ordonna immédiatement de faire un appel général de tous les ouvriers appartenant aux différentes sections. Trois ne répondirent pas à l’appel.

Le même jour, les douze compagnons qui avaient été, à l’origine, associés à la conspiration, se présentèrent devant le roi et confessèrent volontairement tout ce qui s’était passe jusqu’au moment où ils avaient cessé d’en faire partie. Cette confession augmenta, naturellement, les craintes du roi pour la sécurité de son principal architecte. Il choisit donc quinze fidèles Compagnons et leur commanda de se mettre en quête de notre Maître, et de chercher à découvrir s’il était encore en vie, ou s’il avait péri, victime de la tentative faite pour lui arracher les secrets de son grade éminent. En conséquence, après avoir fixe la date de leur retour à Jérusalem, ils se formèrent en trois Loges de Compagnons et se mirent en route, en prenant pour points de départ les trois portes du Temple.

Bien des jours passèrent en vaines recherches; Une des sections revint même, sans avoir fait de découverte importante. Une autre, cependant, eut d’avantage de succès. Au soir d’un certain jour, après les fatigues et les privations les plus grandes, un des Frères, qui s’était étendu sur le sol afin de se reposer, saisit, pour se relever, la branche d’un arbuste qui se trouvait près de lui. Mais, à sa grande surprise, l’arbuste céda et fut déraciné sans effort. Après un examen plus attentif, il s’aperçut que la terre avait été fraîchement remuée. Il appela donc ses compagnons, ils creusèrent la terre et y découvrirent le corps de notre Maître qui y avait été indignement enfoui. Ils le recouvrirent avec le plus grand respect et la plus grande vénération et, pour marquer l’endroit, plantèrent une branche d’acacia en tête de la fosse. Puis, ils partirent en toute hâte, pour Jérusalem, afin d’annoncer la triste nouvelle au Roi Salomon.

Celui-ci, après avoir donné un premier cours à sa douleur, leur ordonna de retourner à la fosse, de relever notre Maître et de l’honorer d’une sépulture qui convînt mieux à son rang élevé et à ses grands talents. En même temps, il leur annonça que, par la mort prématurée du Maître, les secrets du Maître Maçons étaient perdus.

C’est pourquoi il leur commanda d’observer avec attention, tous les signes, attouchements et mots que les Frères échangeraient fortuitement tandis qu’ils rendraient les derniers et tristes devoirs à l’éminent disparu. Ils accomplirent leur tâche avec la plus grande fidélité. Lorsque la fosse fut ouverte de nouveau, un des Frères, en tournant la tête, le VM. se lève remarqua quelques uns des Frères dans cette attitude le VM fait le s. d’H., imité par le Cand. frappés d’Horreur a la vue du spectacle a. et n. qu’ils avaient devant eux le VM. cesse le s. d’H., tandis que d’autres, découvrant l’h. b. encore visible sur le f. de notre Maître, se f. le f., le VM. fait le s. de C. imité par le Cand., afin d’exprimer la compassion qu’ils éprouvaient pour ses souffrances le VM. cesse le s. et s’asseoit.

Deux des Frères descendirent alors dans la fosse, et s’efforcérent de relever notre Maître au moyen de l’Attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os, puis de l’Attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte encore les os.

Voyant qu’ils avaient échoué tous les deux, un Frère zélé et expérimenté, saisit plus solidement le poignet et, aidé des deux premiers, rélève notre Maître au moyen des cinq points parfaites, tandis que d’autres, entraînés par l’émotion, s’écraient Machaben ou Macbena. Ces deux mots out presque le même sens. L’un signifie la mort de l’Architecte et l’autre l’Architecte est mort.

Le Roi Salomon ordonna donc que ces signes accidentels, cet Attouchement et ces mots, serviraient à désigner les Maîtres Maçons dans tout l’univers, jusqu’à ce que le temps ou les circonstances permettent de retrouver les authentiques.

Il ne me reste plus qu’à vous rendre compte de ce qui arriva à la troisième section, qui avait poursuivi ses recherches dans la direction de Joppé, et songeait à retourner à Jérusalem, lorsqu’un jour, passant par hasard devant l’entrée d’une caverne ils entendirent des lamentations et des exclamations de remords. Ils pénétrérent dans la caverne pour en chercher la cause, et y trouvèrent trois hommes dont le signalement correspondait à la description des fugitifs.

Accusés du meurtre, et voyant que la retraite leur était coupée, ils firent in aveu complet de leur crime. Ils furent alors chargés de liens et conduits à Jérusalem où le Roi Salomon les condamna à la mort que justifiait amplement l’atrocité de leur crime.

 

RITE ECOSSAIS PRIMITIF

 

Après la mort de David, son fils Salomon était monté sur le trône d'Israël, et voulant travailler à l'élévation du Temple de Jérusalem, écrivit à Hiram roi de Tyr, qui adorait comme lui le Dieu d'Israël, et lui envoya des ambassadeurs afin de faire alliance avec lui. Il lui demanda des bois propres à la construction du Temple. Hiram de Tyr donna son accord à Salomon et lui promit tous les bois, pierres et matériaux nécessaires. Les bois furent coupés dans les forêts du Liban, et les pierres furent taillées dans les carrières de Tyr. A cet ouvrage, Salomon employait trente mille ouvriers, et les faisait relever tous les quatre mois par trente mille autres. La nourriture de ces ouvriers était payée par Salomon ainsi que leur entretien. Hiram de Tyr, désireux de concourir par tous les moyens possibles à l'élévation de cet édifice immortel, envoya vers Salomon un ouvrier, fameux dans le travail de toutes sortes de métaux et très instruit en architecture. Il se nommait Hiram Abif, il était le fils d'un Tyrien nommé Ur et de sa veuve issue de la tribu de Nephtali. Salomon le constitua son maître architecte et lui communiqua ses projets et ses plans, le nommant de plus inspecteur général de tous les ouvriers du Temple.

Hiram les divisa alors en trois classes, celle des Apprentis, celle des Compagnons et celle des Maîtres. Il donna à qhaque classe un Signe, un Attouchement et un Mot pour pouvoir reconnaître les ouvriers et les payer ensuite selon leur mérite. Il nomma et désigna ensuite les lieux où il devait les passer en revue et leur remettre leur paiement à la fin de la sixième journée. Les Apprentis qui étaient au nombre de soixante dix mille étaient payés à la Colonne J, les Compagnons étaient au nombre de quatre-vingt mille, et ils étaient payés à la Colonne B. Ces deux Colonnes, ainsi que vous le savez, avaient été élevées sur le parvis du futur Temple.

Les Maîtres, au nombre de trois mille six cent soixante, recevaient leur salaire dans la Chambre du Millieu de la Loge érigée sur le chantier.

Tels étaient les engagements que cet homme illustre avait pris pour payer les ouvriers, mais comme il n'aurait pu subvenir à tout, Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le  nom de Surveillants. Le premier était préposé pour payer les Compagnons et le second pour payer les Apprentis. Ils avaient également l'inspection sur les ouvriers chargés de la police du chantier, comme d'accomoder les différents qui pouvaient naître entre eux. Il se trouva que trois Compagnons, mécontents des salaires qu'ils recevaient, imaginèrent de demander à Hiram le Signe, l'Attouchement et le Mot des Maîtres, et se proposèrent de l'obtenir de grè ou de force. Hiram avait coutume à la fin de chaque semaine de faire une revue générale de tous les ouvrages en cours. Les trois scélérats attendirent donc que les ouvriers fussent sortis. Ils allèrent se poster, l'un à la porte de l'Orient, l'autre à celle du Midi, et le troisième à la porte d'Occiddent. Hiram ayant fait sa ronde habituelle et allant se retirer, se présenta à la porte de l'Occident, et le Compagnon qui s'y trouvait lui demanda le Signe, l'Attouchement et le Mot des Maîtres. Hiram s'y refusa et lui promit de les lui accorder lorsqu'il aurait mérité de passer Maître. Le Compagnon persistant toujours à les lui demander et voyant qu'il ne pourrait les obtenir, lui frappa la tête avec une règle, ce qui l'étourdit.

Revenu à lui, hiram tenta de s'échapper par la porte du Midi, mais il y trouva le second de ces scélérats, qui lui fit les mêmes demandes, qu'il refusa également, ce que voyant, ce Compagnon employa alors les menaces. Ne produisant sur Hiram aucun effet, transporté de colère devant ce refus, il frappa Hiram s'un coup de Marteau sur la tête, ce qui le blessa dangereusement.

Hiram s'nefuit vers la porte de l'Orient où il eut beaucoup de peine à parvenir. Il y rencontra le troisième des assassins, qui le menaça de le tuer s'il lui refusait les Signe, Mot et Attouchement des Maîtres. Hiram lui fit la même réponse qu'aux deux autres, lui déclarant qu'il ne pouvait les lui accorder de cette manière, que seule son application au travail pourrait un jour lui mériter ce grade, et qu'alors lui Hiram les lui donnerait volontiers. Mécontent de cette réponse, le misérable insista par la force pour lui arracher les secrets des Maîtres mais Hiram continua de les lui refuser avec la plus grande fermeté. Alors le misérable le terrassa d'un coup de levier sur le crâne.

C'est ainsi que le plus respectable de tous les Maçons aima mieux perdre la vie que de communiquer le secret des Maîtres à des Compagnons indignes de le recevoir. Comme il était encore jour, les trois assassins n'osaient le sortir du Temple ; ils le dissimulèrent sous quelques lourdes pierres, et lorsque la nuit fut venue, ils le transportèrent sur le mont Hébron, où ils l'enterrèrent à proximité d'un acacia.

Sept jours s'étaitent écoulés, et Salomon ne voyant plus paraître Hiram, fit cesser les travaux du Temple et ordonna des recherches afin de savoir ce qui était advenu au maître d'oeuvre. Mais ne recevant toujours pas de nouvelles, il rendit un édit par lequel il déclarait qu'aucun ouvrier ne serait payé que l'on eut retrouvé Hiram mort ou vif. Il ordonna alors à neuf Maîtres de s'informer auprès de tous les Maîtres, Compagnons et Apprentis s'ils n'auraient quelque indice de la disparition d'Hiram.

Ces neuf Maîtres exécutèrent ce que Salomon avait prescrit en questionnant ici et là quelques Compagnons, car ils soupçonnaient ceux de ce grade d'avoir assassiné Hiram pour en obtenir le Mot de Maître. Mais ce qui les confirma davantage en leurs soupçons, ce fut qu'ayant visité toutes les Loges où demeuraient les Maçons par nombre séparé, ils constatèrent que trois Compagnons avaient disparu. De concert avec les neuf Maîtres, Salomon décida que si on découvrait le corps d'Hiram, le premier mot qu'ils prononceraient serait celui dont on se servirait par la suite pour distinguer les Maîtres des Compagnons, et que le Signe et l'Attouchement seraient également changés. Les neuf Maîtres, après avoir fouillé très minutieusement tous les recoins du Temple se divisèrent en trois groupes de trois.

Trois sortirent par la porte d'Occident, trois par celle du Midi, et trois par celle d'Orient, avec la décision de ne pas revenir qu'ils n'eussent quelque nouvelle d'Hiram. Ils eurent attention en faisant cette perquisition de ne s'éloigner les uns des autres que de la portée de la voix. Après avoir cherché pendant huit jours inutilement, ils parvinrent le neuvième jour sur le mont Hébron. L'un d'eux, harassé de fatigue, se reposa sur le sol, mais sentant que la terre s'affaissait sous lui, il constata qu'elle avait été récemment remuée, ce qui le surprit d'autant plus que cet endroit était, comme ses environs, inculte, graveleux et stérile. Il appela les autres Maîtres et s'étant assurés que quelqu'un y pouvait être enterré, sans plus avant ils résolurent d'en instruire le roi Salomon, mais pour mieux retrouver l'emplacement à leur retour, ils coupèrent une branche de l'acacia qui se trouvait à peu de distance, et ils la plantèrent sur le lieu où ils se proposaient de faire une fouille au retour. Ayant rendu compte à Salomon de leur découverte, ce prince les engagea à y retourner et à creuser l'endroit ainsi repéré.

Les neuf Maîtres retournèrent sur le mont Hébron et commencèrent à fouiller la terre. Ils reconnurent alors que c'était bien Hiram qui y était dissimulé. Tous portèrent alors sur la poitrine la main droite, et tenant la gauche tendue en signe de douleur et d'horreur, comme si on voulait éloigner une vision odieuse. Ensuite l'un d'eux prit le petit doigt du cadavre et prononça le mot JAKIN ; le second prit le pouce du cadavre et prononça le mot BOZ, et le doigt lui resta dans la main. Le troisième Maître le prit par le poignet, et sentant qu'il se réparait du bras il dit simplement MAK BENAH... La chair quitte les os...

Etant ainsi convenu que ce dernier mot prononcé serait dorénavant celui des Maîtres, ils achevèrent d'exhumer le corps d'Hiram pour lui rendre les derniers devoirs. Ils le transportèrent dans le Temple décidé par Salomon, où il le fit inhumer dans un tombeau où s'élèverait plus tard le Saint des Saints. Il y fit incruster un médaillon en or portant un triangle où était gravé le Mot nouveau des Maîtres : MAK BENAH. C'est en souvenir de cela que les Maçons portent des gants blancs malgré leur chagrin, afin de proclamer qu'ils sont innocents de la mort du Maître Hiram. Frère Compagnon, vous venez de constater par ce récit qu'un Maçon doit préférer la mort plutôt que de trahir son serment de fidélité et de silence.

 

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Published by Thomas Dalet - dans Rites et rituels
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